Musique

Carte blanche…

 à Bruno Scherrer 

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*Qui pense à Bruno pense musique…
Tous ceux qui connaissent Bruno  vous le diront.
En recherche constante, Bruno joue du piano, de la guitare, du violon. Et cela dans différents styles (rock, classique, jazz, musique contemporaine).
«Je me suis formé sur le tas, notamment pour la guitare, et avec différents professeurs. J’ai aussi suivi une formation au conservatoire de Mulhouse mais je n’aime pas vraiment en parler parce que j’étais quelque peu décalé..
Son parcours musical est fait de recherches et d’expériences. Musicien passionné dans différentes formations, il a également enseigné la musique selon différentes pédagogies.

Ce n’est pas un hasard si Bruno a choisi Schlierbach, puisque c’est le village natal de son père.
La maison familiale se situait juste à côté de l’église, un lieu privilégié pour l’émotion.
Ce n’est pas par hasard non plus si Bruno a choisi d’interpréter Bach, une référence pour lui,
et Debussy, dont la musique décalée et originale constitue un îlot unique dans le monde de la musique…

Pourquoi ce concert aujourd’hui?
« Entre passion, convictions et doutes, il m’a semblé que le moment était peut-être venu de saisir cette occasion qui s’est présentée à moi, de m’asseoir derrière un vrai piano à queue, ici dans l’église de Schlierbach

Au programme de ce dimanche, des préludes de Bach et de Debussy, le prélude étant une forme qui se voulait libre et improvisée à l’origine, en prélude aux pièces écrites.
Bach a fait du prélude la pièce d’introduction de la fugue qui l’accompagne et a écrit deux recueils de préludes et fugues.
Debussy en a fait une pièce à part entière, bien qu’avant lui il y ait eu déjà eu Chopin, et après lui Rachmaninov entre autres. Il a écrit deux livres de préludes.
Le prélude est ainsi la forme musicale classique la plus adaptée à l’improvisation.
Celle-ci y trouve sa place, tout naturellement.
L’ordre des pièces que nous proposera Bruno n’est volontairement pas préétabli car les pièces s’enchaînent différemment selon l’inspiration du moment.

« Ce concert représente pour moi un challenge, nous confie Bruno. Je pense que sur scène, la musique dite classique peut être vivante et partagée, au même titre qu’un concert rock. Ce serait magique, si je pouvais par mon interprétation, provoquer une rencontre entre le public et Bach et Debussy, dans un lieu tel qu’une église…»

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Challenge réussi,
la magie a opéré dimanche dernier ,16 mars, dans cette église de Schlierbach
où nous sommes venus nombreux de tous horizons.
Une belle surprise attendait Bruno,un de ses amis ayant fait spécialement le
déplacement de Chicago pour le concert.

Rencontre généreuse entre Bruno et le piano, entre Bruno et le public.
Ferveur, recueillement, émotion, étaient palpables devant la beauté de la musique de Bach.
Belle invitation au voyage avec Debussy où les notes se sont envolées  majestueusement sous la fougue et la délicatesse du concertiste à l’image d’un peintre impressionniste effaçant les contours et se jouant des couleurs s’amusant avec les « accords incomplets flottants » comme les nommait Debussy, laissant chacun suivre librement ses rêveries.
Entre préludes et fugues de Bach et Debussy, Bruno nous conduisit par une improvisation de l’un à l’autre avec un plaisir et enthousiasme communicatifs.

La musique a encore une fois joué son rôle, rendre possible dans un partage,
ce moment que l’on nomme grâce et qui nous remplit de joie profonde.

 

*extrait de l’interwiew réalisée pour l’annonce du concert dans les journaux L’Alsace et DNA

Musique

Pourquoi Vous…

 

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René Magritte « Les amants »

 
J’ignore si ce que j’aime en vous, c’est vous
Mes idées deviennent floues, je suis à bout
Pourquoi vous ?

Et ce vertige qui me prend tout à coup
Il me viendrait d’où ?
De moi ou de vous ?

Je me sens vraiment en dessous de tout
Je ne tiens plus bien debout,
Sans doute un coup de grisou.

Inutile de me mettre en joue, j’avoue,
Comme un arrière goût d’amour fou,
Tabou…

N’essayez pas de m’arracher
La moindre bribe du moindre regret
Lever le voile pourrait gâcher
Tout ce qui nous lie de loin ou de prés

Je ne viendrais jamais à bout du flou
Qui brouille mes vues sur vous,
Mais si j’échoue,
On s’en fout

Se peut-il qu’il y ait l’un de nous qui joue
A tendre l’autre joue ?
Si c’est vous,
J’absous.

Vous resterez au grand jamais
Le plus brûlant de tous mes secrets
Nous resterons au grand jamais
Loin l’un de l’autre et pourtant tellement près

Françoise Hardy, Pourquoi vous ? par Telerama_BA

J’ai hésité pour la photo !
Voici un autre de mes choix…

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Musique

Mélodie du silence…

 

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A l’image du dernier tableau inachevé de Nicolas de Staël  Le grand concert  aux couleurs diluées comme un présage de la mélodie du silence, les notes de musique s’égrènent, magiques, tragiques, comme peuvent être les mots certains jours, elles envahissent l’espace, dérive fascinante dans une envolée hors du temps. 
La musique est cette combinaison de sons pressés les uns contre les autres tout au bord de la route pour regarder ensemble passer ce qui nous précéda.
Elle est  parfois ombreuse et bleue, belle et grave comme une allée de cyprès, parfois légère et solaire comme un chemin de sable.Cette allée de sons n’est là que pour justifier le silence, cette note ultime hante l’espace indéfinissable de l’entre-deux.
La musique langue universelle au-delà du possible n’a d’autre sujet que le corps traversé par ses désirs et ses pulsions.Elle seule peut parler de la mort, la musique seule peut parler de la vie.

Musique

Préludes…



Bruno
« La musique témoigne du fait
que l’essentiel 
en toutes choses est je ne sais quoi d’insaisissable et d’ineffable.  »

Vladimir Jankélévitch

 

Hier, la maison vibrait sous les notes des préludes de Bach et de Debussy interprétés au piano par notre ami Bruno. Ses mains couraient sur les touches exprimant toute la gamme des sentiments, notes éparses qui se faufilaient entre les pages de ma vie. 
Comme le souvenir de ce premier concert où toute petite j’avais l’impression que le pianiste jouait pour moi. Je regardais ses mains, j’étais sur un nuage, dans un autre monde.
Hier, il s’est produit la même chose, je sentais la vibration des étoiles, du vent, 
le  » presque rien  » de l’odeur de la pluie, la pulsation de la vie, la dimension sacrée de la musique. L’envolée de ces grandes phrases musicales m’a donné des ailes.

La date du concert est fixée, je vous en avais parlé dans un de mes commentaires.
Le récital aura lieu dans notre salon pour une quarantaine de personnes le 12 janvier à 17 heures.
Belle manière de débuter l’année nouvelle.
A cette idée, j’ai l’impression de réaliser un vieux rêve, mais je suis dans le présent et j’aime ça !
Quelques notes de musique, révélation d’une émotion, instant d’éternité.

Musique

Quelques soupirs…

Une trompette dans la nuit mordorée, quelques notes,quelques soupirs, les volutes de fumée jouent le blues, les regards se cherchent, le saxo chante la nostalgie. Des sons graves s’échappent de la contrebasse. Le pianiste effleure les touches , les doigts se font caresse, rondes, noires, blanches, les notes chantent. Plaintes musicales, envolées à couper le souffle, corps à corps des instruments, accords inattendus, improvisations éblouissantes, une portée ondule au fil du temps, la mesure est le blues.
Arrangement en noir et blanc, partition sensuelle,caresse apaisante, magie de la musique qui sans mots  atteint au plus profond , coule comme une source avec la douce puissance du feu.

 

 

Musique

Plus jamais en avril, toucher le lilas blanc…

Lettre à Jacques Brel…

Aujourd’hui 8 avril tu fêterais un nouveau printemps, tu serais un bien vieux monsieur.
Bon anniversaire à toi l’ami qui nous as quittés beaucoup trop tôt, je m’en souviens comme si c’était hier.
Je t’aimais bien tu sais… toi qui chantais ne me quitte pas…
Veux-tu que je te dise: gémir n’est pas de mise aux Marquises …mais voir un ami pleurer…
Tu m’as accompagnée en chansons depuis de nombreux printemps, la première fois que je t’ai entendu c’était avec “la lumière jaillira”et”au printemps” depuis tu es toujours présent dans ma vie, dans les moments de doute et de joie, tu fais partie de ces belles rencontres qui illuminent le chemin.Tu avais raison en chantant c’est » trop facile de faire semblant. »
Non, tu ne m’as pas quittée !

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Paul Gauguin  “Nafae Faaipoipo” 1892

Lettre à Jacques Brel…de Barbara
« Gauguin
 »

Il pleut sur l’île d’Hiva-Oa.
Le vent, sur les longs arbres verts
Jette des sables d’ocre mouillés.
Il pleut sur un ciel de corail
Comme une pluie venue du Nord
Qui délave les ocres rouges
Et les bleus-violets de Gauguin.
Il pleut.
Les Marquises sont devenues grises.
Le Zéphir est un vent du Nord,
Ce matin-là,
Sur l’île qui sommeille encore.

Il a dû s’étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.
Il a dû s’étonner, Gauguin,

Comme un grand danseur fatigué
Avec ton regard de l’enfance.
Bonjour monsieur Gauguin.
Faites-moi place.
Je suis un voyageur lointain.
J’arrive des brumes du Nord
Et je viens dormir au soleil.
Faites-moi place.
Tu sais,
Ce n’est pas que tu sois parti
Qui m’importe.
D’ailleurs, tu n’es jamais parti.
Ce n’est pas que tu ne chantes plus
Qui m’importe.
D’ailleurs, pour moi, tu chantes encore,
Mais penser qu’un jour,
Les vents que tu aimais
Te devenaient contraire,
Penser
Que plus jamais
Tu ne navigueras
Ni le ciel ni la mer,
Plus jamais, en avril,
Toucher le lilas blanc,
Plus jamais voir le ciel
Au-dessus du canal.

Mais qui peut dire ?
Moi qui te connais bien,
Je suis sûre qu’aujourd’hui
Tu caresses les seins
Des femmes de Gauguin
Et qu’il peint Amsterdam.
Vous regardez ensemble
Se lever le soleil
Au-dessus des lagunes
Où galopent des chevaux blancs
Et ton rire me parvient,
En cascade, en torrent
Et traverse la mer
Et le ciel et les vents
Et ta voix chante encore.
Il a dû s’étonner, Gauguin,
Quand ses femmes aux yeux de velours
Ont pleuré des larmes de pluie
Qui venaient de la mer du Nord.

Il a dû s’étonner, Gauguin.
Souvent, je pense à toi
Qui a longé les dunes
Et traversé le Nord
Pour aller dormir au soleil,
Là-bas, sous un ciel de corail.
C’était ta volonté.
Sois bien.
Dors bien.
Souvent, je pense à toi.
Je signe Léonie.
Toi, tu sais qui je suis,
Dors bien.

 

 


Musique

Elle est écoute…

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Elle est là embrouillée par des pensées obsédantes qui l’enferment, elle se sent lasse, fatiguée, le seul remède pour la sortir de cette léthargie, la musique.
Elle s’installe dans le fauteuil près de la grande baie vitrée qui donne sur le jardin, elle met un disque sur la platine, elle aime ses vieux disques en vinyle, choisit son tout premier celui qu’elle s’est offert avec son argent de poche, ferme les yeux et se laisse pénétrer par le premier mouvement  de la Mer.
De L’aube à midi, elle suit la lente progression du soleil, puis se laisse happer par le jeu des vagues  et le dialogue tumultueux avec le vent.
Elle sent  entre douleur et joie, lourdeur et légèreté son cœur battre, la musique la sauve de la mélancolie. Tout à l’intérieur d’elle s’ouvre.
Ses pensées s’ouvrent, une joie soudaine, profonde l’envahit.
Elle ne bouge plus, elle écoute, elle n’est plus qu’écoute.
Elle est musique.