"Double je"

J’écris…

J’écris les miettes inquiètes de ma tendresse,
l’émotion de l’imprévu.
J’écris à l’eau de mes pleurs, au vent de mes sourires,
aux feux de mes peurs, aux nuits de mes désirs.
J’écris les cents détours des jours, le cri des étoiles,
le soleil d’un frémissement,
le scintillement d’un rêve échappé au chaos de la nuit,
le frisson que tout recommence…

photo Antonio Palmerini

"Double je"

Indéfinissable…

Sur mon bureau quelques livres choisis parmi les fidèles.
J’en reprends une phrase de temps en temps comme s’il s’agissait d’une gorgée de thé.
Ensemble nous attendons qu’il se passe quelque chose.
Cela viendra du ciel, de la lumière, des nuages, du sillage d’un avion, d’un frémissement de branche du pin, d’un bruit lointain, de toutes ces choses inutiles qui filtrent les heures.
C’est indéfinissable mais cela vous tient.
Lorsqu’on me demande ce que je fais, je réponds simplement: j’attends d’être surprise.

"Double je"

Lointains…

Quand j’écris les silences et que surgissent les images j’éprouve un étonnement devant les mots qui viennent à ma rencontre. Sur la feuille blanche la plume dessine des lointains où s’essouffle le vent,la vie toute entière se concentre et circule dans ma main qui écrit.

"Double je"

Ecrire…

Vertige, frénésie, instants de doute, mille façons d’écrire 
qui se résument en une seule, suivre le mouvement de sa pensée.Syntaxe simple ou complexe, vocabulaire élémentaire ou prodigue, sécheresse ou ébullition, lignes droites ou arborescentes, phrases calmes ou effervescentes, c’est selon
ce que j’aimerais formuler qui invente la langue appropriée à son dessein.

photo lettres de Gustave Klimt

"Double je"

Un brin de couleur…

Un brin de couleur dans le décor, le bleu du ciel, du rouge , du vert dans l’assiette, la fraîcheur d’une fontaine, l’été présent avec son cortège de plaisirs simples. La douceur enivrante des soirées, le chant des grillons en fond sonore, du rosé frais à portée de verre.
Folies douces de l’été.
Le regard s’ouvre, s’enhardit, prend de l’ampleur et embrasse le monde, entraînant notre esprit à vagabonder vers des contrées oubliées, faisant du hors piste, enchaînant les pensées des plus futiles aux plus profondes, sans but, sans entrave, sans interdit.
L’esprit s’étire, s’aère, se régénère, disponible à l’inattendu.

"Double je"

Soir d’été…

Le calme revient après la chaude journée.
Il n’y a plus que le gazouillis des oiseaux, la température devient plus clémente, les feuilles des arbres frémissent sous la brise légère,le vert du feuillage s’harmonise délicatement avec les couleurs du ciel.
Les foins fraîchement coupés embaument l’air.
J’aime ce moment d’après dîner où je me laisse aller à la contemplation.
Les hirondelles battent des ailes.
Les avions dessinent des lignes vers des pays imaginaires.
Le soleil couchant joue à l’artiste de génie.
Les premières étoiles indiquent le chemin des songes.
La lune se prend pour le rêve du soleil.