architecture

Les pierres sauvages…


Les pierres sauvages…
(… )L’évocation visuelle dans la permanence crée le destin des architectures.
L’acuité absolue permettrait d’éviter à un maître d’œuvre, esthète pur, de tenter l’aventure de la construction. Il garderait pour lui ses édifices imaginaires. Il n’en est jamais ainsi, tout bâtisseur aura sa part de surprise dans la réalisation du chantier. Cela est bien normal. Nul artiste ne fait absolument ce qu’il veut : le pinceau aide ou dessert le peintre, tantôt surpris par un effet imprévu, tantôt en butte aux tremblements de sa main, aux poils trop secs ou à la pâte trop liquide. Nous devons bien avouer que le chantier se réserve toujours de nous étonner, en bien ou en mal.
L’architecture garde une partie de son mystère, ne le découvre que par fragments et ne le livre que lorsque tous les volumes ont occupé leur place. L’œuvre en cours est une discussion, décevante ou pleine de promesses. Nous cherchons des arguments. Nous écoutons les résonances sans encore en connaître la fin. Toutes ces émotions ne peuvent être prévues et connues entièrement à l’avance. Cela est bon ; un chantier sans anxiété serait comme une vie sans souffrance […]
Fernand Pouillon, in « Les pierres sauvages »

roman qui se présente comme le journal du maître d’œuvre qui, au douzième siècle, édifia en Provence l’abbaye du Thoronet, exemple d’architecture cistercienne.
Et elle est encore une méditation lyrique sur l’Ordre en lequel tous les ordres ont leur place, et sur cet art qui rassemble tous les autres : l’architecture.
photo Abbaye du Thoronet

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Suite de l’escapade…

L’escapade se poursuit en suivant
la route des châteaux du Sud Lubéron après Lourmarin
voici Ansouis et son château Renaissance,

puis tel un décor de théâtre
le chef d’oeuvre de la renaissance provençale
les vestiges du château de La Tour d’Aigues
Petite leçon d’architecture en photos

Avant de rejoindre la mer par la route Napoléonun petit tour par les gorges du Verdon

 
 
(en cliquant sur les photos vous pouvez les agrandir)





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Vase de silence…


Chapelle « Notre Dame du haut » Le Corbusier

Une chapelle ? Un vase de silence, de douceur.
Un désir : oui !
Par le langage de l’architecture atteindre aux sentiments ici évoqués.
Oui, de l’architecture seule.
Car l’architecture est la synthèse des arts majeurs.
L’architecture est forme, volumes, couleur, acoustique, musique.
Trois temps de cette aventure;

1
S’intégrer au site ;

2 Naissance « spontanée »(après incubation) de la totalité de l’ouvrage, en une fois,d’un coup ;
3 La lente exécution des dessins, du dessein, des plans et de la construction même ; et

4 L’ouvrage achevé, la vie est impliquée dans l’œuvre, totalement engagée dans une synthèse
des sentiments et des moyens matériels de réalisation.

Il me reste encore une idée pour parachever Ronchamp : c’est que la musique vienne automatique émanent de la chapelle à des heures régulières et s’adressant,au-dedans comme au dehors, à l’auditoire inconnu éventuel.
Pas une minute je n’ai eu l’idée de faire objet d’étonnement.

Ma préparation ?
Une sympathie pour autrui, pour l’inconnu, et une vie qui s’est écoulée dans les brutalités de l’existence, les méchancetés, l’égoïsme, les lâchetés, les trivialités mais autant de gentillesse, de bonté, de courage, d’élan, de sourire, de soleil, de ciel.
Et un choix résultant : le goût, le besoin du vrai.
Ronchamp ?
Contact avec un site, situation dans un lieu, éloquence du lieu, parole adressée au lieu. Aux quatre horizons.

Le Corbusier

« Sur la colline de Ronchamp tel un navire « Notre Dame du haut » regarde fièrement les quatre horizons. Elle commande la plaine de la Saône à l’ouest,
la chaîne des Vosges à l’est,et deux petites vallées au sud et au nord.
Ces paysages sont une présence,ce sont les hôtes. « 

La décision de l’Unesco a lieu en principe aujourd’hui pour l’inscription de  « Notre Dame du haut » « au patrimoine mondial.

architecture, Livres

Les pierres sauvages…

[…]L’évocation visuelle dans la permanence crée le destin des architectures.
L’acuité absolue permettrait d’éviter à un maître d’œuvre, esthète pur, de tenter l’aventure de la construction. Il garderait pour lui ses édifices imaginaires. Il n’en est jamais ainsi, tout bâtisseur aura sa part de surprise dans la réalisation du chantier. Cela est bien normal. Nul artiste ne fait absolument ce qu’il veut : le pinceau aide ou dessert le peintre, tantôt surpris par un effet imprévu, tantôt en butte aux tremblements de sa main, aux poils trop secs ou à la pâte trop liquide. Nous devons bien avouer que le chantier se réserve toujours de nous étonner, en bien ou en mal.
L’architecture garde une partie de son mystère, ne le découvre que par fragments et ne le livre que lorsque tous les volumes ont occupé leur place. L’œuvre en cours est une discussion, décevante ou pleine de promesses. Nous cherchons des arguments. Nous écoutons les résonances sans encore en connaître la fin. Toutes ces émotions ne peuvent être prévues et connues entièrement à l’avance. Cela est bon ; un chantier sans anxiété serait comme une vie sans souffrance […]

 

[…]Il est exaltant de faire vivre une abbaye à l’avance en compagnie des moines.Pour moi les instants où je conçois réellement la vie de mes frères sont, peut-être, les seuls où j’exprime ma foi. Je les vois se lever, s’agenouiller, ils marchent vers l’église, autour du cloître, font les ablutions aux fontaines, rêvent devant le feu du chauffoir. Rythme lent, précis, mesuré. Je les vois réellement passer, je les suis du regard. Ils ne sont pas fantômes, je les entends respirer, murmurer, marcher, je sens leurs odeurs. Capuchons rabattus, têtes légèrement inclinées, mains dans les manches : ils passent. Je m’efface le dos au mur, pour leur laisser la place. Ils vont, poursuivent leurs évolutions, sans vaines agitations. La Règle exige cette vie sans mouvements inutiles : ils ne doivent pas perdre leur temps, ni essayer de le rattraper. L’architecture suit ces actes ; Chaque jour, chaque nuit, le passage des moines est comme un fil qui s’enroule, sans heurts, à petits bruits réguliers. Accompagnés des chants contenus, les offices canoniaux scandent la journée d’une aube à l’autre. […]

 

Fernand Pouillon, in « Les pierres sauvages »
éditions du Seuil

(Roman qui se présente comme le journal du maître d’œuvre qui au douzième siècle édifia en Provence l’abbaye du Thoronet , exemple d’architecture cistercienne. Cette chronique est également une méditation lyrique sur l’Ordre en lequel tous les ordres ont une place, et sur cet art qui rassemble tous les autres : l’architecture. Mais elle est d’abord un acte de foi.)

 

architecture, Livres

Itinéraire…

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A deux lieux d’Apt, à gauche sur la route de Cavaillon, on voit un pont romain jeté sur un torrent presque toujours à sec;

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on l’appelle le pont Julien, et on l’attribue à Jules César pour lui donner une illustre origine;

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il a trois arches, celle du milieu plus large que les autres; en outre, deux ouvertures cintrées assez larges sont pratiquées au-dessus des deux pièces principales;

elles donnent au pont une apparence de légèreté, et leur objet est, de plus, de faciliter l’écoulement des eaux de débordements.

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L’arche au milieu et les piles sont construites de gros blocs juxtaposés sans ciment…

Prosper Mérimée

Notes d’un voyage dans le Midi de la France 1835

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J’aime ces lectures descriptives, ces textes d’autres siècles qui me mènent à la vitesse d’une balade à pied ou à cheval dans les paysages que j’aime retrouver.

 

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Générations…


 
Sur la route du retour des vacances, belles enjambées …
Le viaduc de Millau, pont autoroutier à haubans enjambant la vallée du Tarn, dans le département de l’Aveyron, long de 2460m  large de 32m et haut de 270m.
Après quatorze ans d’études et trois ans de travaux , il est l’aboutissement d’un projet exceptionnel et une réussite pour les ingénieurs français.
L’ouvrage détient trois records du monde, la pile, la flèche et le tablier routier les plus hauts du monde.
Voir ici les détails.
Le viaduc de Millau, que certains n’hésitent pas à appeler le pont du Gard du XXIe siècle, constitue l’aboutissement d’une multitude d’étapes. Pour chacune d’elle, rigueur, précision et professionnalisme ont été les maîtres mots…

Autre génération sur la même route reliant Beziers au Massif Central… 

Le pont de Garabit (Cantal)

Le chantier dura cinq ans. Long de 552 mètres, le viaduc métallique de Garabit, oeuvre signée par Gustave Eiffel en 1884, enjambe majestueusement la Truyère à 122 mètres au dessus du niveau de l’eau.
Il a fallu d’abord construire un pont de bois pour relier les deux versants de la vallée.
C’est Jean Compagnon qui avait déjà travaillé avec Eiffel sur le Douro et qui construira également la Tour Eiffel de Paris qui est responsable du montage et des travaux sur place.
Ce montage, écrit Eiffel, nécessitait une grande précision de fabrication, de mise en place et de calculs; il fallait en effet que les trous de jonction des deux moitiés de l’arc viennent exactement correspondre pour permettre le clavetage.
Nous y sommes arrivés avec une précision presque mathématique.
Il repose sur cinq piles dont la plus haute fait 89,64 m. L’arche centrale est un arc parabolique d’une flèche de 56,86 m et de 165 m de corde . Ces dimensions considérables font de cet ouvrage le plus important qui avait été construit en France !

Voir plus de détails ici

p.s  étant un peu espiègle ne voyez  cependant aucune autre allusion à ce mot génération…