Albert Camus

Ligne de faîte…

…Ici naît cette malheureuse envie que tant d’hommes portent à la vie des autres. Apercevant ces existences du dehors,
on leur prête une cohérence et une unité qu’elles ne peuvent avoir, en vérité, mais qui paraissent évidentes à l’observateur. Il ne voit que la ligne de faîte de ces vies, sans prendre conscience du détail qui les ronge.
De façon élémentaire, nous les romançons.
Chacun, dans ce sens, cherche à faire de sa vie une oeuvre d’art.
Albert Camus, in L’homme révolté

Fondation Beyeler , salle Giacometti
Albert Camus

Monde d’ombres…

« On parle de la douleur de vivre.
Mais ce n’est pas vrai,
c’est la douleur de ne pas vivre qu’il faut dire.
Et comment vivre dans ce monde d’ombres ?
Sans vous, sans deux ou trois êtres que je respecte et chéris,
une épaisseur manquerait définitivement aux choses. »
Albert Camus,
Lettre à René Char
Conques Abbatiale Ste Foy vitraux de Soulages
crédit photo Patrice Thebault
Albert Camus

L’heure était douce…


« …L’heure était douce sur la terrasse de la maison…
Le soir tombait, une douceur brève s’installait dans le ciel…
Il ne savait pas alors s’il était heureux, ou s’il avait envie de pleurer.
Du moins, il était d’accord dans ces moments-là, il n’avait rien à faire qu’à attendre,doucement, sans trop savoir quoi.  »

Albert Camus,
in  » L’exil et le royaume  » Les muets
Folio78 pages 62/63

photo Maroc.

accompagnement musical Chopin

Albert Camus

Certains matins…


…Désorienté, marchant dans la campagne solitaire et mouillée, j’essayais au moins de retrouver cette force,
jusqu’à présent fidèle, qui m’aide à accepter ce qui est, quand une fois j’ai reconnu que je ne pouvais le changer…
Certains matins, au détour d’une rue, une délicieuse rosée tombe sur le coeur puis s’évapore.
Mais la fraîcheur demeure encore et c’est elle, toujours, que le coeur exige.
Il me fallut partir à nouveau…
Albert Camus in, l’Eté ,Retour à Tipasa
photo Katia Chausheva
Albert Camus

Soudain…

« On voyage pendant des années sans trop savoir ce que l’on cherche,
on erre dans le bruit, empêtré de désirs ou de repentirs
et l’on parvient soudain dans l’un de ces deux ou trois lieux
qui attendent chacun de nous en ce monde.
Le voyageur qui, de la terrasse …,
regarde la nuit d’été sait ainsi qu’il n’a pas besoin d’aller plus loin
et que,s’il veut, la beauté ici,
jour après jour, l’enlèvera à toute solitude. »

Albert Camus
à propos de la terrasse Place de la Bride
à Cordes- sur-ciel
Albert Camus

Il ne savait pas…


« …L’heure était douce sur la terrasse de la maison…
Le soir tombait, une douceur brève s’installait dans le ciel…
Il ne savait pas alors s’il était heureux, ou s’il avait envie de pleurer.
Du moins, il était d’accord dans ces moments-là, il n’avait rien à faire
qu’à attendre,doucement, sans trop savoir quoi. « 
Albert Camus,
in  » L’exil et le royaume  » Les muets
Folio78 pages 62/63

En mémoire d’Amx