Albert Camus

Ainsi de moi…

On se croit retranché du monde…
il suffit de quelques pages éblouissantes sous le soleil du matin,
pour qu’on sente en soi fondre cette résistance.
Ainsi de moi.
Je prends conscience des possibilités dont je suis responsable.
Chaque minute de vie porte en elle sa valeur de miracle
et son visage d’éternelle jeunesse.

Albert Camus,
in Carnets 1935-1948. (Janvier 1936)

Albert Camus

Recommencer…

« Vous n’avez pas de cœur « , lui avait-on dit un jour.
Mais si, il en avait un. Il lui servait à supporter les vingt heures par jour
où il voyait mourir des hommes qui étaient faits pour vivre.
Il lui servait à recommencer tous les jours.
Désormais, il avait juste assez de cœur pour ça. »

Albert Camus
La peste

Albert Camus

La chute…

« Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet,et qui semblait regarder le fleuve.De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau,on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée,
à laquelle je fus sensible.
Mais je poursuivis ma route, après une hésitation… »

Albert Camus, in La chute

Francine Camus à la sortie du livre écrivit ces mots:
« Cette femme qui se noie et dont tu n’entends pas les mots, c’est notre histoire, ce roman tu me le dois »

photo du film « La fille sur le pont » de Patrice Leconte

"Double je", Albert Camus

Correspondance…

« Leurs lettres font que la terre est plus vaste, l’espace plus lumineux, l’air plus léger simplement parce qu’ils ont existé ».

Catherine Camus
extrait de sa préface dans
 » Correspondance , Camus Maria Casarès « 

Fervente passionnée de Camus, je me suis replongée dans cette correspondance, correspondance entre deux êtres de feu
où complicité intellectuelle et passionnelle se côtoie.

Albert Camus

Voix…

« Comme ces voix sans sexe qui dans les cathédrales montent d’un trait jusqu’aux plus hautes voûtes tandis que la masse obscure du cœur se tait pour donner plus de prix à cette flèche ardente, comme ces voix dont la supplication se tend désespérément, sans une défaillance, jusqu’à la mort finale, comme ces voix mystiques qui se grisent de leur mysticisme et oublient les dômes qui les séparent de Dieu, comme ces voix tenaces et soutenues, avides et extasiées, comme ces plaintes orgueilleuses qu’on ne comprend que dans la sensualité de l’Eglise, comme ces voix enfin qui ne trouvent pas en cherchant mais en se donnant, j’avais rêvé la vie. »

Albert Camus
Premiers écrits, La Maison mauresque,1933
Nicolas de Staël  » La Cathédrale 1955″

Albert Camus

L’olivaison…

A la fin de l’automne, sous la lumière inquiète, viendra l’olivaison.
Sur ma face levée vers toi sauteront les petits fruits noirs et lisses.
La jouissance est une pluie fraîche.

Albert Camus in, « La postérité du soleil »

Roger Mühl « Murets et oliviers »