"Double je"

J’écris…

J’écris les miettes inquiètes de ma tendresse,
l’émotion de l’imprévu.
J’écris à l’eau de mes pleurs, au vent de mes sourires,
aux feux de mes peurs, aux nuits de mes désirs.
J’écris les cents détours des jours, le cri des étoiles,
le soleil d’un frémissement,
le scintillement d’un rêve échappé au chaos de la nuit,
le frisson que tout recommence…

photo Antonio Palmerini

Livres

Fin d’été…

Ciel bleu d’une fin d’été ,soleil ,parasol,chaise-longue, insouciance du temps qui passe ,plongée dans la musique des mots, dans l’univers de Sagan que j’ai retrouvé le temps de la lecture de ce roman inédit acheté ce matin,lu dans la foulée avec un plaisir certain « Les quatre coins du coeur »

« Ce furent des notes de musique qui le firent avancer. Elles s’échappaient du vieux bureau à côté du salon et étaient issues de l’ancien Bernstein abandonné dans cette pièce adjacente dédiée officiellement aux fumeurs, aux artistes et autres conversations abstraites, c’est-à-dire que, depuis vingt ans, elle était vide et déserte.En fait depuis sa naissance puisqu’il n’avait jamais vu le piano ouvert ne n’en avait entendu une seule note s’échapper… »

Ecrire

Signes…

Des mots écrits juste pour l’encre de la plume,
Des signes qui se tracent comme une caresse
Des phrases comme une musique.
Juste pour qu’on les écoute.
Juste comme un aveu de proximité.
Cette part de soi qu’on confie, abandonne
Juste avant que l’on s’endorme
Et ce lendemain auquel on croit.

"Double je"

Indéfinissable…

Sur mon bureau quelques livres choisis parmi les fidèles.
J’en reprends une phrase de temps en temps comme s’il s’agissait d’une gorgée de thé.
Ensemble nous attendons qu’il se passe quelque chose.
Cela viendra du ciel, de la lumière, des nuages, du sillage d’un avion, d’un frémissement de branche du pin, d’un bruit lointain, de toutes ces choses inutiles qui filtrent les heures.
C’est indéfinissable mais cela vous tient.
Lorsqu’on me demande ce que je fais, je réponds simplement: j’attends d’être surprise.

"Double je"

Lointains…

Quand j’écris les silences et que surgissent les images j’éprouve un étonnement devant les mots qui viennent à ma rencontre. Sur la feuille blanche la plume dessine des lointains où s’essouffle le vent,la vie toute entière se concentre et circule dans ma main qui écrit.