"Double je"

Butiner…

Butiner dans  » Les fragments d’un discours amoureux  » de Roland Barthes, c’est comme croquer dans le fruit, en laisser le jus se répandre onctueusement,se laisser aller au plaisir de la gourmandise.
Plaisir renouvelé à chaque lecture,
Combien de fois ai-je lu et relu, ces « fragments » me suis-je laisser prendre au jeu des mots,ces mots aux sonorités diverses,ces gammes d’émotions,ces mots fragments à l’image de mes états d’âme,ces mots:
s’abîmer , adorable, attente , cœur , comblement , connivence, contacts, déclaration , dédicace , déréalité , écrire, étreinte,errance, fête ,fou,image, jalousie, je t’aime, langueur, lettre, magie, nuages, nuit, pleurer,pourquoi,ravissement,regretté, rencontre, retentissement,réveil, signes , souvenir, tendresse,vérité,vouloir-saisir…
Ces mots fil conducteur d’un chapitre de la vie vers un autre.
Ce matin j’en choisis un en particulier, celui qui manque dans la liste, 
ce mot aux émotions bouleversantes « musique ».

brèves

Instantané de bonheur…

Il y a des matins où le plaisir est tendre comme un geste d’aube.
Il y a des matins où la beauté envahit tout . 
Une musique, une couleur, une fleur, des mots.
Il y a des matins où l’on voudrait le temps immobile.
Regarder les minutes s’envoler, prendre le temps d’être en retard. 
Se dire que c’est ça la vie, cet instantané de bonheur.

poésie

Sous les herbes…

Comment ne pas faire un clin d’oeil à « Guillevic » 
avec cette photo.

Sous les herbes, ça se cajole,
ça s’ébouriffe et se tripote,
ça s’étripe et se désélytre,
ça s’entregrouille et s’entrefouille,
ça s’écrabouille et se barbouille,
ça se chatouille et se dépouille,
ça se mouille et se déverrouille,
ça se dérouille et se farfouille,
ça s’épouille et se tripatouille ―

Et du calme le pré
Est la classique image.

Livres

Pourquoi choisir…

Pourquoi choisir Venise ?
Pour mesurer le chemin parcouru.
Venise n’est pas « là-bas » mais « là-haut », selon le mot splendide de Casanova. Il existe sans doute bien des hauteurs de par le monde où l’on peut jouir d’une vue étendue sur le passé, mais je n’en connais pas d’autres où l’histoire nous saisisse à ce point pour nous relier à notre propre vie.

Jean- Paul Kauffmann in, Venise à double tour.
crédit photo J. Brunerie.

poésie

Douceur…

Que vaudrait la douceur
Si elle n’était capable,
Tendre et ineffable,
De nous faire peur ?

Elle surpasse tellement
Toute la violence
Que, lorsqu’elle s’élance,
Nul ne se défend.

Rainer Maria Rilke 
in Vergers Printemps V
Poésie/Gallimard

citation

Au coeur de tout…

Inquantifiable , la profondeur est ce presque rien au coeur de tout. 
Une impalpable présence de ce qui se refuse à être vu ou entendu.
Une lumière si ténue qu’elle en devient invisible et pourtant perceptible par l’oreille de celui qui entend la lumière.
Il est un temps en dehors du temps où l’effacement se fait apparition.
L’éloquence du silence rend à la lumière sa couleur, il devient alors possible d’atteindre sans toucher.

Nicolas Charlet, in  » Les yeux du ciel « 

Nicolas de Staël « Paysage »