Albert Camus

Monde d’ombres…

« On parle de la douleur de vivre.
Mais ce n’est pas vrai,
c’est la douleur de ne pas vivre qu’il faut dire.
Et comment vivre dans ce monde d’ombres ?
Sans vous, sans deux ou trois êtres que je respecte et chéris,
une épaisseur manquerait définitivement aux choses. »
Albert Camus,
Lettre à René Char
Conques Abbatiale Ste Foy vitraux de Soulages
crédit photo Patrice Thebault
Livres

Le monde d’hier…

« … Mais le meilleur endroit pour nous instruire de toutes les nouveautés restait le café.
On doit savoir que les cafés, à Vienne, constituent une institution d’un genre particulier, qui ne peut se comparer à aucune autre au monde. Ce sont en quelque sorte des clubs démocratiques accessibles à tous pour le prix modique d’une tasse de café et où chaque hôte, en échange de cette petite obole, peut rester assis pendant des heures, discuter, écrire, jouer aux cartes, recevoir sa correspondance et surtout consommer un nombre illimité de journaux et de revues. Dans un bon café de Vienne, on trouvait non seulement tous les journaux viennois, mais aussi ceux de l’Empire allemand, les français, les anglais, les italiens et les américains, et en outre les plus importantes revues d’art et de littérature du monde entier, Le Mercure de France aussi bien la Neue Rundschau, le Studio et le Burlington. Ainsi, nous savions tout ce qui se passait dans le monde, de première main: nous étions informés de tous les livres qui paraissaient, de toutes les représentations, en quelque lieu que ce fût, et nous comparions entre elles les critiques de tous les journaux; rien n’a peut-être autant contribué à la mobilité intellectuelle et à l’orientation internationale de l’autrichien que cette facilité qu’il avait de se repérer aussi complètement au café, dans les événements mondiaux, tout en discutant dans un cercle d’amis. Chaque jour, nous y passions des heures et rien nous échappait. Car grâce au caractère collectif de nos intérêts, nous suivions l’orbis pictus des événements artistiques non pas avec une paire, mais avec dix ou vingt yeux. »
Stephan Zweig , in « Le monde d’hier » .
Livre de poche14040, page 58/59
photo »café central » Vienne
Ecrire

Chanson d’écume…

Quand j’écris les silences et que surgissent les images j’éprouve un étonnement devant les mots qui viennent à ma rencontre. Sur la feuille blanche la plume dessine des lointains où s’essouffle le vent,la vie toute entière se concentre et circule dans ma main qui écrit.
Une image réveille mes envies d’ailleurs, et le rêve prend forme.
Dans cette chambre où je m’évade loin du réel, dans cet instant de paradis volé, la porte fenêtre s’ouvre sur cet infini, cette symbiose parfaite d’eau,de sable, d’air,qui me donne l’illusion d’appartenir à ce décor,comme la mouette qui rit dans le ciel, le voilier qui glisse au loin, et où le bruit des vagues n’est qu’une forme de silence.
Le clapotis argent ou azur finit par se confondre avec le ciel. Quand le ciel est bas, quand la mer lâche ses vagues d’écume blanche comme un vaste troupeau de moutons pressés,quand mon regard s’étire jusqu’à l’azur, tendu vers l’horizon lointain où sombre le soleil en se couchant pour apparaître le lendemain, ailleurs, sur un horizon semblable, je sais que mes rêves sont semblables à la réalité.
Ivresse d’images, les horloges tournent dans le bon sens, pas de vague, la mer continuera sa chanson d’écume.
E A
photo Mandelieu vue de la terrasse…
"Double je"

L’été s’en va en douce…

Ce matin plus que frisquet,premier chauffage dans la salle de bains pour que la douche reste un moment agréable comme le souvenir des plaisirs de notre enfance au goût d’été qu’évoque la photo.
Enfermons les souvenirs de ces belles journées au plus profond de nous et quand des jours gris viendront assombrir notre quotidien, n’oublions pas que nous étions nous aussi cette enfant goûtant avec joie les plaisirs de la vie.
crédit photo Robert Doisneau « La douche à Raizeux »