poésie

Mes roses…

Certes, mon bonheur…il veut me rendre heureux…
Tout bonheur ne veut que rendre heureux!
Voulez-vous cueillir mes roses ?
Il vous faut courber et vous cacher
Entre rochers et buissons d’épines,
Et souvent vous vous léchez les doigts !
Car mon bonheur…il aime taquiner !
Car mon bonheur…il aime les malices !
Voulez-vous cueillir mes roses ?
Friedrich Nietzsche « Mes roses »
citations

En disant…

Si je me suis trompé, en disant:
je t’aime, je préfère avoir dit: je t’aime.
On ne me fera pas envier celui
qui a eu raison sans aimer.
Philippe Léotard in,
« Pas un jour sans une ligne ».
photo: Alfred Eisenstaedt Paris 1963
"Double je"

Le temps des cerises…


Mouvement perpétuel,
le fruit de l’arbre qui de la graine,
devient fleur

avant d’être fruit…
Revêtues de leur robe rouge carmin,
rondes, juteuses, belles à regarder,
à caresser, sucrées, à goûter voluptueusement,
à s’en parer en pendants d’oreilles.
Je n’ai su résister,
avec passion j’ai croqué dans les premières cerises de la saison.
poésie

Douceur…

Que vaudrait la douceur
Si elle n’était capable,
Tendre et ineffable,
De nous faire peur ?
Elle surpasse tellement
Toute la violence
Que, lorsqu’elle s’élance,
Nul ne se défend.
Rainer Maria Rilke ,in Vergers
Printemps V
Poésie/Gallimard
Albert Camus

L’heure était douce…


« …L’heure était douce sur la terrasse de la maison…
Le soir tombait, une douceur brève s’installait dans le ciel…
Il ne savait pas alors s’il était heureux, ou s’il avait envie de pleurer.
Du moins, il était d’accord dans ces moments-là, il n’avait rien à faire qu’à attendre,doucement, sans trop savoir quoi.  »

Albert Camus,
in  » L’exil et le royaume  » Les muets
Folio78 pages 62/63

photo Maroc.

accompagnement musical Chopin

Cinéma

La marge…

À un journaliste qui lui lance lors d’une remise de médaille:
Alors Godard, vous qui êtes un auteur marginal…,
Godard répond:
La marge, c’est ce qui tient les pages ensemble.

photo Godard et Bardot sur le plateau  » Le mépris 1963″
poésie

Pas un soir sans poésie…

Parfois les amants ou ceux qui écrivent
trouvent des mots qui, bien qu’ils s’effacent,
laissent dans un coeur une place heureuse
à jamais pensive …
Car il en naît sous tout ce qui se passe
d’invisibles persévérances;
sans qu’ils creusent aucune trace
quelques-uns restent des pas de la danse.
Rainer Maria Rilke
Tendres impôts à la France (extrait)
photo Katia Chausheva
Ecrire

Mouvement…

Vertige, frénésie, instants de doute, mille façons d’écrire qui se résument en une seule,
suivre le mouvement de sa pensée.
Syntaxe simple ou complexe, vocabulaire élémentaire ou prodigue, sécheresse ou ébullition,
lignes droites ou arborescentes,phrases calmes ou effervescentes,
c’est selon ce que j’aimerais formuler qui invente la langue appropriée à son dessein.
Partition qui se faufile entre les pages,notes éparses.
Aller au plus bref, là où brûle un feu clair, où le souffle anime les mots, invitation à la virevolte légère,
aux passages de l’air, aux épiphanies.