"Double je"

Pourquoi…

« Comme avec les belles choses quand elles vous étreignent.
La douleur qu’on a dans l’émotion et qu’on trouve un peu idiote,
d’avoir mal là où justement c’est la douceur qui prend.
Et puis la joie à dire, des souviens-toi, ces moments qu’on aime,
qu’on appelle pourquoi, dans nos têtes, si de vouloir les partager
c’est seulement conjurer le sort de les savoir derrière soi »
Laurent Mauvignier, in Loin d’eux
Moussan(Aude) Chapelle pré-romane
"Double je"

Rêverie…

« Le rêveur ! ce double de notre être, ce clair-obscur de l’être pensant »
(Gaston Bachelard)
Pour avancer droit devant elle la pensée à besoin de bifurquer sans cesse,
de s’aventurer dans les chemins traversiers, de faire halte dans des clairières plus ou moins ombragées.
Là elle renouvelle son énergie, retrouve élan , sagesse enjouée, saveur.
La rêverie m’est vitale, grand besoin de ce grain de folie douce de la pensée buissonnière !
photo Katia Chausheva
poésie

Au vent de la plage…

 

Du haut de la dune
je contemple l’océan
et ses vagues.
A l’âme il n’en faut
qu’une dans la brume
pour contempler une demi-lune.
Le ciel fait de ces effets
un monde parfait
tandis que la plage
balayée par le vent
respire au soleil levant
dessinant dans son grain
une sirène en mal d’océan.
Que faut-il pour accompagner
pareil dessin ?
Un marin, son voilier…
Il fait bleu ce matin.
Miomodus
Miomodus un ami de  longue date de ce blog vient d’éditer un recueil de poèmes…
« Au vent de la plage » est extrait de ce petit bijou à la plume sensible
« Les rives de l’âme »
 l’auteur nous emmène sur une barque au coeur du temps, au coeur de tout,
vers les rives de l’âme.
citation

Ce jour là…

 » Ce jour-là, nous n’avons pas lu plus avant. »
Quel giorno più non vi leggemmo avante. »
Toile William Dyce 1837 (détail)
« Francesca et Paolo  » 
que Dante dans un des chants V de l’Enfer,
nous offre dans la Divine Comédie.
architecture

Les pierres sauvages…


Les pierres sauvages…
(… )L’évocation visuelle dans la permanence crée le destin des architectures.
L’acuité absolue permettrait d’éviter à un maître d’œuvre, esthète pur, de tenter l’aventure de la construction. Il garderait pour lui ses édifices imaginaires. Il n’en est jamais ainsi, tout bâtisseur aura sa part de surprise dans la réalisation du chantier. Cela est bien normal. Nul artiste ne fait absolument ce qu’il veut : le pinceau aide ou dessert le peintre, tantôt surpris par un effet imprévu, tantôt en butte aux tremblements de sa main, aux poils trop secs ou à la pâte trop liquide. Nous devons bien avouer que le chantier se réserve toujours de nous étonner, en bien ou en mal.
L’architecture garde une partie de son mystère, ne le découvre que par fragments et ne le livre que lorsque tous les volumes ont occupé leur place. L’œuvre en cours est une discussion, décevante ou pleine de promesses. Nous cherchons des arguments. Nous écoutons les résonances sans encore en connaître la fin. Toutes ces émotions ne peuvent être prévues et connues entièrement à l’avance. Cela est bon ; un chantier sans anxiété serait comme une vie sans souffrance […]
Fernand Pouillon, in « Les pierres sauvages »

roman qui se présente comme le journal du maître d’œuvre qui, au douzième siècle, édifia en Provence l’abbaye du Thoronet, exemple d’architecture cistercienne.
Et elle est encore une méditation lyrique sur l’Ordre en lequel tous les ordres ont leur place, et sur cet art qui rassemble tous les autres : l’architecture.
photo Abbaye du Thoronet