citations

L’utilité de l’inutile…

« Le premier homme de la préhistoire
qui composa un bouquet de fleurs
fut le premier à quitter l’état animal ;
il comprit l’utilité de l’inutile. »
Okakura Kakuzo
Je viens de découvrir cette citation dans un livre que je viens de recevoir,
j’aime beaucoup » l’utilité de l’inutile. »
crédit photo Robert Doisneau
Livres

Correspondance…

La dernière lettre de Camus à Maria Casares
datée du 30 décembre 1959
extraite de « ‘Correspondance
1944-1959 » Gallimard
Bon. Dernière lettre. Juste pour te dire que j’arrive mardi, par la route, remontant avec les Gallimard lundi (ils passent par ici vendredi). Je te téléphonerai à mon arrivée, mais on pourrait peut-être convenir déjà de dîner ensemble mardi. Disons en principe, pour faire la part des hasards de la route – et je te confirmerai le dîner au téléphone.
Je t’envoie déjà une cargaison de tendres vœux, et que la vie rejaillisse en toi pendant toute l’année, te donnant le cher visage que j’aime depuis tant d’années (mais je l’aime soucieux aussi, et de toutes les manières). Je plie ton imperméable dans l’enveloppe et j’y joins tous les soleils du cœur.
A bientôt, ma superbe. Je suis si content à l’idée de te revoir que je ris en t’écrivant. J’ai fermé mes dossiers et je ne travaille plus (trop de famille et d’amis de la famille !)
Je n’ai donc plus de raison de me priver de ton rire, et de nos soirées, ni de ma patrie. Je t’embrasse, je te serre contre moi jusqu’à mardi, où je recommencerai.
A.
 Vous comprendrez que je me suis plongée dans cette correspondance, chaque jour une lettre, le livre a 1300 pages.
citation

Au gré des jours…

J’ai toujours rendu un culte à l’amitié. (…)
On écoute, on admire, on compatit, on se confie, on fait confiance, on s’abandonne, on rit de bon cœur, on se moque gentiment, on dit : « Tu te souviens du jour où …? » C’est délicieux. Cela dure toute la vie. Je ne recherche rien tant que cette simple amitié-là, sans arrière-pensées, sans chausse-trapes, sans ambiguité, simplement parce que c’est nous et qu’on s’aime. Montaigne avait su trouver les mots justes pour le dire
Françoise Héritier,in « Au gré des jours »
Cette grande dame vient de nous quitter.
poésie

En wagon…

Pas un jour sans poésie…
L’hiver,
nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien.
Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.
Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.
Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…
Et tu me diras : “Cherche !” en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup…
En wagon, le 7 octobre 1870.
Arthur Rimbaud
Toile: Edouard Vuillard « La nuque de Misia »
"Double je"

Photographie d’un dimanche…

Les bûches crépitent, les flammes jouent, dansent et déposent une douce lumière, les flammes vacillantes des bougies accompagnent en mesure les Gnossiennes de Satie, quelques fleurs blanches,le décor de ce dimanche est planté.
Pieds nus foulant la laine des tapis, je regarde au-dehors le ciel gris et bas chargé de neige, au loin les sommets vosgiens sont immaculés de blanc, seules quelques ombres sombres ,ça et là, celles des sapins.
Premier frimas, première neige, l’hiver est à nos portes.
Ici, la vie coule à son rythme lentement .
Je me mets à rêver d’un printemps éblouissant !
Bon dimanche …
Livres

11 novembre…

*Le chaos n’épargnait personne, la guerre était totale…
* « C’est bien le coeur qui nous tient debout, mais pas parce qu’il bat, simplement parce qu’il aime « .
* » Alors les femmes restèrent seules. Sur le versant silencieux de la guerre : non pas sous l’orage d’acier mais dans le ruissellement des pleurs, loin du pétillement de la bataille mais dans l’attente anxieuse de ses effets, là où se froisse un visage quand arrive un papier timbré, où une larme se fraye son chemin dans une chevelure jusqu’à l’oreiller. « 
* extraits de « Dans la guerre » d’Alice Ferney
Ecrire

Des phrases comme une musique…

Entre deux mondes le temps du voyage des mots écrits à l’encre bleue,
des lignes qui se relisent, légères, le fil qui se perd.
Des phrases comme une musique.
Juste pour dire le chemin et les jours qui passent.
Juste pour qu’on les écoute.
Juste pour l’encre de la plume, le timbre, l’enveloppe sous les doigts qui explorent les reliefs.
Juste pour les yeux qui suivent les volutes des lettres et s’y perdent.
Juste comme preuve de matérialité, comme aveu de proximité.
La réponse dans la nuit.
Le texte qui rend plus proche au fur et à mesure qu’il s’étend sur la feuille.
Le mouvement de la main qui s’applique, les signes qui se tracent doucement, comme une caresse.
Le temps qui se prend.
Et puis l’enveloppe qui chute dans la boîte aux lettres.
Irréversible.
Cette part de soi qu’on confie, qu’on abandonne, juste avant qu’on ne s’endorme.
Et puis ce lendemain auquel on croit.
Ecrire

Rêverie blanche…

Loin du tumulte, dans le silence, une rêverie blanche d’un mercredi de novembre.
La lune semble avoir déposé sa clarté laiteuse sur les plus hauts sommets vosgiens.
L’épaisse brume matinale avait caché ce secret jusqu’aux heures de midi.
Et puis majestueusement a-t-on pu découvrir sous ce premier voile épais un second manteau
immaculé et mobile,celui-là.
Oh rien de glissant, juste une fine pellicule, celle que l’on définit comme la première neige de la saison.
Tout au bout des lacets qui mènent aux sommets, les grands sapins ont perdu leurs couleurs dans la palette chlorophylle, offrant un vif contraste avec leurs congénères feuillus à peine en contrebas, encore tonifiés de couleurs automnales.
Les toits des chalets ont pris la poudre, quelques fleurs ont pâli subitement.
Juste à côté, à la station de ski on repeint le téléski, remodèle les pistes.
En attendant, dépoussiérer les luges, récupérer les moufles, affûter ses espoirs de glisse , se laisser aller à la
magie où enfant nous l’attendions avec impatience, cette première neige de la saison.
Photo: Les Vosges un jour de Novembre