poésie

Un peu de douceur…

Une rose seule, c’est toutes les roses
et celle-ci : l’irremplaçable,
le parfait, le souple vocable
encadré par le texte des choses.
Comment jamais dire sans elle
ce que furent nos espérances,
et les tendres intermittences
dans la partance continuelle.
Rainer Maria Rilke
Livres

C’est peut-être vrai…

« Mais c’est peut-être vrai, ce qu’il dit,
que tous les chemins sont circulaires et qu’ils ne mènent pas quelque part mais à l’intérieur de soi,
parce que le brouillard de nos peurs est trop épais,
et les routes qui ont l’air de mener ailleurs sont des illusions »
Alessandro Baricco , in Cette histoire-là
"Double je"

fragments…

« Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l’autre… »
(Roland Barthes « Fragments d’une discours amoureux »)
La connaissance n’est pas charnelle,
mais les corps apprivoisés par les mots se fondent dans une même inspiration ,
puis respirent à l’unisson,
grand frisson des âmes qui se reconnaissent et s’enlacent…
photo Criscrayer
brèves

Le chemin…

A deux pas de chez moi il y a ce chemin que j’aime parcourir par tous les temps.

C’est mon chemin, il connaît mes états d’âme, il me conduit vers la ferme St Georges ancien lieu conventuel.

Les berges de l’Ill sont toutes proches et la ligne bleue des Vosges à l’ouest offre son point culminant à mon regard.

poésie

Sans craindre…

 » …Il est pareil aux dieux, l’homme qui te regarde,
Sans craindre ton sourire, et tes yeux, et ta voix,
Moi je tremble et je sue, et ma force est hagarde
Et mon coeur est aux abois…
La chaleur et le froid tour à tour m’envahissent;
Je ne résiste pas au délire trop fort;
Et ma gorge s’étrangle et mes genoux fléchissent,
Et je connais la mort… »
Marguerite Yourcenar, La couronne et la lyre,
Anthologie de la poésie grecque ancienne
citations

Bleu…

« Si je vous parle encore de bleu, de ce bleu qui flambe la rétine disait Nicolas de Staël,
c’est qu’il est l’élément de ma vie sensible et spirituelle.
Je le traverse autant qu’il me traverse.
Je recueille quelques traces de son passage comme les pétales d’une rose jamais fanée. »
Nicolas Charlet in, Bleu Médicis
"Double je"

Eté invincible…

Je devrais plutôt parler de la baisse brutale des températures, de l’envie de faire un feu dans la cheminée pour l’ambiance, des jours qui ne se poursuivent plus en belles soirées à regarder les étoiles le soir au jardin .
Pourtant je n’arrive pas à me résigner, pas encore, moi j’aime…
J’aime la mer, m’asseoir sur le sable chaud, dans les rochers, laisser mon regard se perdre au loin sur cet infini, sur la douceur de ce clapotis argent ou azur qui finit par se confondre avec le ciel, instant de paradis volé qui ouvre la porte à tous les imaginaires, réveille toutes les envies d’ailleurs, tous les rêves.
J’aime les longues balades,marcher sur les plages de toutes les saisons, les ensoleillées, les douces,les chaudes,cheveux au vent qui donnent l’impression de vivre intensément, de faire pleinement partie de cette symbiose entre l’eau, le sable et l’air, appartenir à ce décor comme la mouette qui rit dans le ciel, le voilier blanc qui glisse au loin ,et où le bruit des vagues n’est qu’une forme de silence, mais aussi celles solitaires, quand le ciel est bas, quand la mer lâche ses vagues d’écume blanche comme un vaste troupeau de moutons pressés.
Et quand en fin de journée mon regard s’étire jusqu’à l’azur, tendu vers l’horizon lointain où sombre le soleil en se couchant, pour apparaître encore le lendemain, ailleurs, mais sur un horizon tout semblable…
J’aime la nature, la mer, les ciels, la méditation des soirs d’été.
« J’apprenais qu’il y avait en moi un été invincible » Albert Camus
Au moment où je termine ce billet comme un signe, un rayon de soleil illumine le bureau .
EA
crédit photo Tiago Ribeiro de Carvalho