Jean Grenier

En attendant demain…

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…Une année de plus, c’est à dire une année de moins à vivre. Aussi je me ménageais,
ce jour anniversaire, une vacance qui consistait à m’abstenir de toute action, de toute pensée, de toute communication et même de toute distraction (ce n’était donc pas des « vacances »);
je cherchais à faire le vide, je voulais interrompre le temps.
Ce n’était en vue ni d’une récapitulation ni d’un préparatif. Le passé était bien mort,
l’avenir n’avait pas de forme.
Le présent, qui échappe toujours, et ne se définit même que par là, ne pourrait-il
pas être exceptionnellement rendu étale comme ces vagues que l’huile transforme en rides…?
Jean Grenier
Je suis encore bien loin de la sagesse de Jean Grenier.
réflexions

Rencontre…

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« Et cette main qui se tend vers le fruit, vers la rose, vers la bûche qui soudain flambe, j’ai le droit d’abord de vous dire que son geste d’atteindre, d’attirer, d’attiser, est étroitement solidaire de la maturation du fruit,
de la beauté de la fleur, du flamboiement de la bûche, mais que, quand dans ce mouvement d’atteindre, d’attirer, d’attiser, la main a été vers l’objet assez loin, si du fruit, de la fleur, de la bûche, une main sort qui se tend à la rencontre de la main qui est la vôtre, et qu’à ce moment-là c’est votre main qui se fige dans la plénitude fermée du fruit, ouverte de la fleur, dans l’explosion d’une main qui flambe,
ce qui se produit là alors c’est l’amour ! »
Jacques Lacan,
Le transfert dans sa disparité subjective, 7 décembre 1960.
source: Patrick Valas
citations

Chaque lettre…

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« Chaque lettre a une odeur, chaque verbe, un parfum. Chaque mot diffuse dans la mémoire un lieu et ses effluves. Et le texte qui peu à peu se tisse, aux hasards conjugués de l’alphabet et de la remembrance, devient alors le fleuve merveilleux, mille fois ramifié et odorant, de notre vie rêvée, de notre vie vécue, de notre vie à venir, qui tour à tour nous emporte et nous dévoile ».
Philippe Claudel,in  » Parfums « 
Albert Camus

Les mêmes mots, les mêmes mensonges…

« Chaque fois que j’entends un discours politique ou que je lis ceux qui nous dirigent,
je suis effrayé depuis des années de n’entendre rien qui rende un son humain.
Ce sont toujours les mêmes mots qui disent les mêmes mensonges.
Et que les hommes s’en accommodent, que la colère du peuple n’ait pas encore brisé les fantoches,
j’y vois la preuve que les hommes n’accordent aucune importance à leur gouvernement et qu’ils jouent, vraiment oui, qu’ils jouent avec toute une partie de leur vie et de leurs intérêts soi-disant vitaux ».
Albert Camus, « Carnets »  Août 1937
Ecrire

Dans le silence d’une rêverie blanche…

Loin du tumulte et de l’excitation des médias au vu de l’annonce des résultats du vote aux Etats Unis,
dans le silence d’une rêverie blanche d’un jour de novembre.
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La  lune semble avoir déposé sa clarté laiteuse
sur les plus hauts sommets vosgiens.
L’épaisse brume matinale avait caché ce secret jusqu’aux heures de midi.
Et puis majestueusement
a-t-on pu découvrir sous ce premier voile épais un second manteau immaculé et mobile, celui-là.
Oh rien de glissant, juste une fine pellicule, celle que l’on définit comme la première neige de la saison.
Tout au bout des lacets qui mènent aux sommets, les grands sapins ont perdu leurs couleurs dans la palette chlorophylle, offrant un vif contraste avec leurs congénères feuillus à peine en contrebas, encore tonifiés de couleurs automnales.
Les toits des chalets ont pris la poudre, quelques fleurs ont pâli subitement.
Juste à côté, à la station de ski on repeint le téléski, remodèle les pistes…
En attendant, dépoussiérer les luges, récupérer les moufles, affûter ses espoirs de glisse , se laisser aller à la magie où enfant nous l’attendions avec impatience cette première neige de la saison.