Ecrire

Dérives noctambules…

willy-ronis1
Rendez-vous  avec le stylo et le papier, discourir avec soi-même, certains mots lus en entraînant d’autres, rajouter de la lumière à l’imperfection de simples pensées, se concentrer , intuition de l’instant.
Dehors la pluie  s’écrase contre la vitre du bureau jouant une symphonie aux accents mélangés de mélancolie et de passion, convocation d’un visage, puis d’un autre, danse et rite de séduction, apparition, disparition, évocation de lieux, boussole différente où le nord n’est pas le nord et le sud un autre sud.
Les mots se succèdent aux mots, revivre à travers eux tant de moments qu’on a cru éternels.
Dérives noctambules où s’abrègent les certitudes et renaissent les rêves inachevés, lieux vierges de sentiments et de mémoire où l’âme se perd pour rendre vie en la faisant partir de rien.
La main trace  lettre après lettre, mot après mot, ses pensées, qui vont à tous ceux qui ont disparu du paysage de sa vie, emportant les mots de ses rêves, eux à qui elle les avait offerts pour toujours.
De trop d’émotions traversées, elle se trouva anéantie aux premières lueurs de l’aube…
photo : Willy Ronis ,Paris 1950