poésie

Signe salutaire…

paille
Enferme cet été dans une boîte de paille,
dans une tour de sable,
dans une étreinte de vent,
dans le calice d’un pavot.
Enferme le sans force.
Enferme le pour qu’il puisse de nouveau,
apparaître un jour où tu seras seul,
un jour d’hiver
apparaître comme un parfum,
comme un oubli.
Comme un signe salutaire.
Vlada Urosevic , La fin d’été
Dernier jour d’août continuons d’écrire par tous les temps, à tous les temps, au bout
des champs, devant la mer, derrière l’horizon, les phrases odeurs, les phrases souvenirs…
L’écriture est un jeu sérieux !
Albert Camus

L’odyssée d’un rêve…

delvaux l'odysée d'un rêve
« La vérité est qu’il faut rencontrer l’amour avant de rencontrer la morale.
Ou sinon, les deux périssent. La terre est cruelle.
Ceux qui s’aiment devraient naître ensemble.
Mais on aime mieux à mesure qu’on a vécu et c’est la vie elle-même qui sépare de l’amour.
Il n’y a pas d’issue – sinon la chance, l’éclair – ou la douleur ».
Lettre d’Albert Camus à René Char
7 novembre 1949
Correspondance 1946-1959
Gallimard
Paul Delvaux, « L’odyssée d’un rêve »

 

Livres

Mirage de la chaleur de l’été…

pastèque
Elle est trop belle. Etrange.
Est-ce qu’on la boit, est-ce qu’on la mange ?
Elle est comme une fausse piste du désir.
Le rouge-rose de cette chair meurtrie, évanescente et gorgée d’eau, vient mourir en pâleur maladive au bord de la solide écorce vert profond. Au centre elle est si sombre, incrustée de grains inquiétants d’un noir ébène, pépins ou fers de lance empoisonnés.
Comment peut-on être si lourde de tant de rien impudent, magnifié ?
La pastèque n’a goût de rien, et c’est donc elle qu’on désire en vain.
Elle est la perfection de son mensonge.
Elle allume tous les regards, conjugue impudemment la moiteur, la fraîcheur.
On sait d’avance qu’on ne pourra la posséder vraiment.
Son goût est transparent.
Elle n’est qu’un mirage de la chaleur de l’été.
Extraits assemblés du « Mensonge de la pastèque »
de Philippe Delerm in,
« Les eaux troubles du mojito » et autres belles raisons d’habiter sur terre.
Ecrire

A vos transats…

transat10

Fier symbole d’une existence où la lenteur le dispute à la réflexion, où la paresse se fait éveillée et l’ennui fécond.
Puisque qu’on ne fait rien sur un transat, cela laisse le temps pour le reste. Et le reste ne manque pas :
on réfléchit beaucoup sur une chaise longue, on imagine, on rêvasse. On y échafaude, on y bâtit sur de solides fondations des châteaux en Espagne, en Italie, où ailleurs, on y conçoit des stratégies, on y griffonne des incipit, on y peaufine des théories, on y tire des plans sur la comète, on y volette, tranquille, de planète en planète, sans quitter pour ma part l’ombre des arbres du jardin et le bord de la piscine.
Je le pratique avec assiduité ce précaire assemblage de toile et de bois qui dispense de multiples bienfaits,
à commencer par celui-ci, essentiel,le repos de l’âme et du corps.
Incarnation d’un idéal, prendre son temps sans peur de le perdre, sans soucis de rendement ou d’efficacité, navigation à vue sur des océans de paresse.
A bientôt !
(La pause estivale se prolonge, mon transat en est un peu responsable…)