Livres, réflexions

*Attends moi à la porte de la mer…

porte sur l'étang
« Les Vivants n’ont pas d’âge. Seuls les morts-vivants comptent leurs années et celles des autres.
Quant à ceux qui ne voient qu’un drame dans la maladie, ils n’ont même pas commencé de vivre.
Car la vie commence là où meurent les catégories.
J’ai touché le lieu où la priorité n’est plus ma vie mais LA VIE.
C’est un espace d’immense liberté.
Tout ce que je vis aujourd’hui, j’en ai eu l’intuition enfant : je savais que chaque existence est un rendez-vous, qu’on est libre de manquer ou de célébrer. Je savais humblement que le monde m’était confié, comme chacun de nous, à son échelle, possède la charge du monde. Par mon désordre, j’entraîne le désordre autour de moi, mais si j’entre dans l’ordonnance intérieure de l’amour, je rayonne.
De chaque être peut partir un rayonnement réparateur. Ce qui restera d’une existence, ce sont ces rayons, ces moments absents de tout curriculum vitae et qui vivent de leur vie propre, ces percées de présence sous l’enveloppe factice des biographies.
De notre conception à notre mort, la vie est un chemin d’initiation où chaque instant recommence le monde. La vie ne fait mal, très mal, que lorsque nous ne nous laissons pas porter par la magie de son courant.
Tout ce qui ne commence pas par un éblouissement est sans espoir. »
Christiane Singer
Derniers fragments d’un long voyage (extraits)
*titre emprunté à Mahmoud Darwich « Murale »
« Ô mort, attends-moi à la porte de la mer »

11 réflexions au sujet de “*Attends moi à la porte de la mer…”

  1. Bonjour,

    Je ne vais pas tenir ma promesse et répondre individuellement, juste vous dire merci encore pour vos mots, votre soutien.
    Ici après la tempête le calme semble revenu, je sais qu’il sera de courte durée, fatigante maladie qui ne me laisse que peu de répit, déjà au loin se forment de nouvelles vagues.
    Pour l’instant la maison dort, je vais en profiter pour me reposer un peu.
    Toutes mes pensées amicales vont vers vous.

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  2. O mon bel enfant
    Libre et prisonnier
    Prisonnier des contraintes que s’imposent les hommes
    Et libre de les transcender
    N’aies jamais peur du vide
    Car c’est le vide qui t’a enfanté

    Accroche toi
    Aux parois dures et lisses de la vie
    Accroche tes ongles aux moindres interstices,
    A la moindre anfractuosité du roc

    Ouvre large tes oreilles
    A l’appel du vent
    A la musique du silence
    Ouvre tes narines aux odeurs fortes et subtils
    Des parfums de la terre
    De la sueur de la peau
    De tout ce qui vit, qui exhale, qui respire
    Pour que lorsque t’arrivera le pire
    Tu puisses en tirer le meilleur

    Ouvre les bras à la détresse humaine
    Car ta propre détresse peut en être le ferment

    Ouvre ton coeur à la beauté secrète
    Sourde, aveugle et muette
    Parce que rare est celui qui la voit
    Rare est celui qui l’entend

    Garde ton âme ouverte
    Comme une source offerte à la soif du mendiant
    De l’errant, du poète, du chercheur, de l’enfant
    Et ton regard innocent et ton esprit honnête
    Garde-les toute ta vie
    Car la simplicité
    Est la marque des grands
    (L’innocence, Jacques Higelin)

    Chaleureuses pensées

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  3. En espérant que les sentiments d’impuissance et de solitude ne vous tenaillent pas trop…
    Je vous envoie tout le soutien de mon affection.
    Pensées vers vous
    Valérie

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  4. … puisque le voyage doit se terminer…. un jour…. chaque chose doit être neuve, vécue comme telle… et continuer la route, quelle qu’elle soit, plurielle ou singulière … ici, ou bien ailleurs…d’un lyrisme étonnant, d’une profondeur dense… son écriture étincelle, épurée jusque dans sa forme… elle exprime la joie dans l’espérance… les mots de Christiane Singer, en résonance, sont lumineux. En souhaitant que cette grande auteure puisse t’accompagner dans ces moments que tu vis… difficiles à gérer.
    D’ici je te transmets mon amitié la plus sincère, la plus rayonnante, si c’est encore possible, Elisanne…
    Den

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  5. bonjour Elisanne
    vous m’avez manquée depuis ce dimanche 24 janvier où la vie s’est un peu arrêtée pour moi…je reprends le cours de vos mots aujourd’hui avec un peu plus de forces et j’en suis heureuse comme vous ne pouvez imaginer !
    le renouveau comme un printemps qui recommence….vos fleurs offertes
    un immense merci
    tendresse élisanne

    Christine Singer …ces mots résonnent en moi profondément
    N’était ce pas elle, qui dans un de vos anciens billets, parlait de la façon dont on fait connaissance, s’attachant plus à ce que l’on fait ….qu’ à ce que nous aimons, nos passions ? j’ai en mémoire ces mots là ?

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  6. …. »ll est évident que tout cela ne vaut que si l’on a appris en cours d’existence à mourir.

    Et ces occasions nous sont données si souvent ; toutes les crises, les séparations, et les maladies, et toutes les formes, tout, tout, tout, tout nous invite à apprendre et à laisser derrière nous.
    La mort ne nous enlèvera que ce que nous avons voulu posséder. Le reste, elle n’a pas de prise sur le reste. Et c’est dans ce dépouillement progressif que se crée une liberté immense, et un espace agrandi, exactement ce qu’on n’avait pas soupçonné. Moi j’ai une confiance immense dans le vieillissement, parce que je dois à cette acceptation de vieillir une ouverture qui est insoupçonnable quand on n’a pas l’audace d’y rentrer. »

    Christiane Singer.

    Je pense à toi , à vous, Elisanne.
    Puissent ces mots, d’une force inouïe, nous, vous aider.
    Interview donnée quelques temps avant son « départ. »

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  7. Difficile croix à porter que d’être l’accompagnante d’une douleur qu’on a du mal à apaiser !
    Je pense à toi… nous pensons à toi Elisanne… en espérant que ce « bien peu » pourra aussi t’aider.
    Je t’embrasse.

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  8. Ce texte de Christine Singer me percute totalement.
    Je m’y retrouve tellement.
    Je ne connaissais pas cette auteure. J’ai commandé ce livre.

    Bien entendu, je pense aussi beaucoup à toi et à vous-deux.
    Comme je comprends ces jours d’angoisse…. Puisse-t-il s’éloigner et vous apporter de longs temps de répit.
    Je t’embrasse

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  9. …. Élisanne..comme toujours avec toi tout est beau ici la photo les mots : ceux qui sont tus et ceux qui sont écrits !
    quand on sait que C.Singer à écrit ce texte 6 mois avant de mourir alors qu’elle se savait condamnée…ces mots prennent une résonance incroyable.
    Bises et belle journée.

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    1. Hier était une de ces journées difficiles, j’étais dans l’angoisse permanente, mon mari allait très mal (ça va un peu mieux aujourd’hui) alors j’ai cherché dans les mots de Singer la force, d’où ce billet.
      Bises chère Christine

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