Livres, réflexions

*Attends moi à la porte de la mer…

porte sur l'étang
« Les Vivants n’ont pas d’âge. Seuls les morts-vivants comptent leurs années et celles des autres.
Quant à ceux qui ne voient qu’un drame dans la maladie, ils n’ont même pas commencé de vivre.
Car la vie commence là où meurent les catégories.
J’ai touché le lieu où la priorité n’est plus ma vie mais LA VIE.
C’est un espace d’immense liberté.
Tout ce que je vis aujourd’hui, j’en ai eu l’intuition enfant : je savais que chaque existence est un rendez-vous, qu’on est libre de manquer ou de célébrer. Je savais humblement que le monde m’était confié, comme chacun de nous, à son échelle, possède la charge du monde. Par mon désordre, j’entraîne le désordre autour de moi, mais si j’entre dans l’ordonnance intérieure de l’amour, je rayonne.
De chaque être peut partir un rayonnement réparateur. Ce qui restera d’une existence, ce sont ces rayons, ces moments absents de tout curriculum vitae et qui vivent de leur vie propre, ces percées de présence sous l’enveloppe factice des biographies.
De notre conception à notre mort, la vie est un chemin d’initiation où chaque instant recommence le monde. La vie ne fait mal, très mal, que lorsque nous ne nous laissons pas porter par la magie de son courant.
Tout ce qui ne commence pas par un éblouissement est sans espoir. »
Christiane Singer
Derniers fragments d’un long voyage (extraits)
*titre emprunté à Mahmoud Darwich « Murale »
« Ô mort, attends-moi à la porte de la mer »