réflexions

Ce bleu n’appartient à personne…

atlas enneigé
Il n’est ni le bien des hommes, ni le royaume des dieux.
Il circule et se répand, distribuant partout la matière mobile de son propre rêve.
Le fini et l’inachevé échangent indéfiniment en lui leurs vertus.
S’il n’est point d’âme ni de principe, au moins existe-t-il ce bleu, toujours près de s’entrouvrir
dans la grisaille des jours, offert à quiconque et pour rien, telle la paume d’une main vide,
et telle  une promesse dont chacun doit savoir qu’elle ne sera point tenue.
C’est bien ainsi : cette lumière sur notre misère, cette beauté proche de notre mort.
De quoi écrire encore des livres, peindre des toiles, aimer, et composer de la musique.
Pour essayer de retenir contre soi le jour.  Et pour toujours plus de misère, mêlée avec plus de beauté.
Aussi longtemps que nous le pourrons, nous accompagnerons du bout des doigts le temps qui passe.
Jean Michel Maulpoix in, Une histoire de bleu
Poésie/ Gallimard

13 réflexions au sujet de “Ce bleu n’appartient à personne…”

  1. « Dans la jeune lumière, l’hiver sera sec. Sur les terres du soleil, août éteint les couleurs mais le froid resplendit, le ciel est bleu de neige. Etés noirs, hivers d’or, la vraie force a deux visages. »
    Camus, dans La postérité du soleil

    Ce sont les mots que ce bleu m’inspire.

    Et pour la chanson :

    Merci pour vos belles photos que j’aime découvrir sur le mode de la surprise.
    Comme tout le monde, j’ai craqué devant celles, irrésistibles, des chats, chats de dos et chats lovés, qui font vibrer en nous la corde enfouie des simples et innocentes joies enfantines.
    « L’innocent paradis plein de plaisirs furtifs », écrivait Baudelaire, « peut-on le rappeler (…) et l’animer encore d’une voix argentine » ? Un chat espiègle nous y ramène, le temps d’un soupir …

    « Comme vous êtes loin, paradis parfumé,
    Où sous un clair azur tout n’est qu’amour et joie,
    Où tout ce que l’on aime est digne d’être aimé,
    Où dans la volupté pure le coeur se noie !
    Comme vous êtes loin, paradis parfumé ! »
    (Moesta et errabunda)

    Meilleures pensées

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  2. … juste pour le plaisir…
    pour rajouter du « bleu » …. encore du « bleu ».. toujours du « bleu »…
    au camaïeu de gris décliné par nos âmes, nos toits, nos voilures et nos cieux..
    Bises et belle journée Dame Elisanne ☺ (et en plus j’ai vérifié, Mr le « Septicolore » existe vraiment… si,si…dans toute son inouïe Beauté, si bien contée par
    Mr le Powête …! ^^^)

    * L’oiseau bleu *

    « Mon oiseau bleu a le ventre tout bleu

    Sa tête est d’un vert mordoré

    Il a une tâche noire sous la gorge

    Ses ailes sont bleues avec des touffes de petites plumes jaune doré

    Au bout de la queue il y a des traces de vermillon

    Son dos est zébré de noir et de vert

    Il a le bec noir, les pattes incarnat et deux petits yeux de jais

    Il adore faire trempette, se nourrit de bananes et pousse

    Un cri qui ressemble au sifflement d’un tout petit jet de vapeur

    On le nomme le septicolore. »

    Blaise CENDRARS.

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  3. ….et cette bien belle version pour se dire :
    « Bonne nuit avec des rêves en bleu » …
    Histoire.. musique… qui n’a pas pris une ride malgré ses (déjà !) 28 ans.

    Comme quoi LE BLEU ça conserve !
    Bises Elisanne..

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  4. L’idée que le bleu nous enveloppe de la naissance à la mort est une bien belle idée….
    il y a un beau livre sur le Portugal qui s’appelle « l’Appel du bleu-voyage au Portugal »,
    écrit par un certain SIMON, à la fois peintre, aquarelliste, et voyageur…
    il écrivit ceci :
    « le Portugal est le pays de ma délivrance,
    le Portugal comble mon désir d’humanité
    et de géométrie,
    Le Portugal bleu des « azulejos » m’allège…
    Détache…
    Grand largue…
    Grand Bleu… »

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  5. Ou encore:
    ….’L’air que nous respirons,
    L’apparence du vide sur lequel remuent nos figures,
    L’espace que nous traversons,
    N’est rien d’autre que ce Bleu terrestre,
    Invisible
    Tant il est proche
    Et fait corps avec nous
    Habillant nos gestes et nos voix.
    Présent jusque dans la chambre,
    Tous volets tirés
    Et toutes lampes éteintes,
    Insensible vêtement de notre vie.’….
    Jean Michel Maulpoix ‘Une histoire de Bleu et l’instinct du ciel’

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  6. J’hésitais avec ce texte de Nicolas Charlet (Les yeux du ciel) pour illustrer la photo.

    « Le bleu du ciel porte en lui la trace de l’absence. Il garde le souvenir de ce qui n’est plus et sera toujours. Il est là depuis la nuit des temps, invariablement bleu, indifférent à l’histoire des hommes, présent pour l’éternité.
    Nous baignons dans ce bleu. Il nous enveloppe, de la naissance à la mort. On le traverse avec frénésie, croyant y laisser des traces mais rien de ce qui passe en lui ne le marque. Le lieu du souvenir n’a pas d’histoire. »

    Et vous qu’auriez-vous mis comme texte en écho à ce bleu ?

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