poésie

Je ne sais…

par la fenetre évasion

Deuxième veilleuse
… L’après-midi je filais assise à la fenêtre qui donnait sur la mer; parfois il y avait une île au large…
Quand je ne filais pas, je regardais la mer et j’oubliais de vivre. Je ne sais si j’étais heureuse.
Je ne serai plus jamais ce que peut-être je n’ai jamais été…
Première veilleuse
-Je n’ai jamais vu la mer que d’ici. Là par l’unique fenêtre d’où l’on puisse voir la mer, on la voit si peu…
La mer ailleurs est-elle vraiment belle ?
Deuxième veilleuse
– C’est ailleurs seulement que la mer est belle.
Celle que nous pouvons voir éveille toujours le regret de celle que nous ne verrons jamais…
(Silence)
Fernando Pessoa,  « Le Marin  » extrait
édition bilingue
traduit du portugais par Françoise Laye
(photo empruntée sur la toile)