Albert Camus

*En face de l’envers du monde…

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« Tout est écrit dans cette fenêtre où le ciel déverse sa plénitude à la rencontre de ma pitié. »

Albert Camus, in « L’envers et l’endroit »

Dans sa première version de ce texte il écrit (Carnets,1, janvier 1936) 

« Dans ce jardin de l’autre coté de la fenêtre je ne vois que les murs.Et ces quelques feuillages où coule la lumière. Plus haut c’est encore les feuillages. Plus haut, c’est le soleil.Et de toute cette jubilation de l’air que l’on sent au-dehors, de toute cette joie répandue sur le monde, je ne perçois que les ombres de feuillages qui jouent sur les rideaux blancs… »
Je vous conseille la lecture de la suite de ce texte qui se termine:
« Ainsi de moi je prends conscience des possibilités dont je suis responsable. Chaque minute de vie porte en elle sa valeur de miracle et son visage d’éternelle jeunesse. »

Toile Albert Marquet
La fenêtre à Alger, capucines 1945
@ADAGP, Paris 2014

poésie

L’oiseau…

folon
… Et puis l’immense oiseau repart
gonflé de vent
et blessé de quelques étoiles dans les ailes.
Pierre Reverdy
(extrait de « L’ombre plus vaste »)
 aquarelle Michel Folon
Sur ma platine ce matin ce vieux vinyle… Souvenirs !
Bon samedi !
poésie

En faisant glisser du sable…

couler du sable
Si je fais couler du sable
De ma main gauche à ma paume droite,
C’est bien sûr pour le plaisir
De toucher la pierre devenue poudre,
Mais c’est aussi et davantage
Pour donner du corps au temps,
Pour ainsi sentir le temps
Couler, s’écouler
Et aussi le faire
Revenir en arrière, se renier.
En faisant glisser du sable,
J’écris un poème contre le temps.
Eugène Guillevic
Les poètes ont ce pouvoir de modifier le cours du temps le temps d’un poème…
J’étais, le temps de la lecture, au bord de la mer m’amusant comme lorsque j’étais enfant à essayer de retenir le sable dans mes mains, et  adulte assise sur le sommet d’une dune admirant le paysage en jouant avec le sable .
Bonne journée !

photo empruntée sur la toile, auteur ?

 

humour

La saison des amours est lancée…

saison des amours
La saison des amours est lancée…(slogan de parfumeur.)
Naïvement je  ne savais pas qu’il y avait une saison pour aimer,
ni qu’il fallait une date,février et son fameux Valentin, ce  » merveilleux éphémère  »
pour dire à l’autre ce que l’on éprouve pour lui.
Mon conformisme à moi consiste à ne pas respecter cette fête, mais…  dans ma petite tête
pleine de rêves,c’est tous les jours  que  j’aimerais des roses trop rouges,
des lettres dégoulinantes d’amour, des mots tendres, rieurs, des douceurs .
Le meilleur, rien que le meilleur, tout le temps.
Mais… comme dit Valéry :
« L’homme a inventé le pouvoir des choses absentes« 
Livres

Rien de plus…

colombe
« Si tu attends d’un autre qu’il te donne du plaisir ou de la joie, l’aimes-tu ?
Non. Tu n’aimes que toi-même.
Tu lui demandes de se mettre au service de ton amour pour toi-même.
L’amour vrai, c’est le plaisir que nous donne le plaisir de l’autre, la joie qui naît en moi
du spectacle de sa joie, le bonheur que j’éprouve à le savoir heureux.
Plaisir du plaisir, joie de la joie, bonheur du bonheur, c’est cela l’amour, rien de plus. »
(p. 215)
Michel Tournier in, Gaspard, Melchior, Balthazard
humour

Câlins…

câlins

21 janvier, journée des câlins
Rêves heureux…

Le chat se réveille en gémissant et s’étire.
Un nouveau sommeil commence, plus léger, plus agréable,
pareil à celui des femmes dans les grandes villes entre 9 et 11 heures du matin.
C’est à ce moment que les chats aiment à être caressés doucement…

Jean Grenier « Les îles » Le chat Mouloud

"Double je"

A partir d’une photo…

reve d'après hopper
Comme à son habitude dès les premières lueurs de l’aube, fenêtre grande ouverte,
elle laisse pénétrer doucement la lumière et les premiers rayons qui viennent se poser sur elle
comme une caresse. Elle a cette chance, la position du lit dans la chambre permet cela.
Elle aime ce moment où tout doucement la vie reprend son cours laissant derrière elle les rêves
et les cauchemars de la nuit.
Mais aujourd’hui est un jour particulier, sa valise est prête, elle lit les dernières notes consignées
dans son cahier, tous les moments forts et difficiles de ces derniers jours.
Sa décision est prise de prendre soin d’elle pour pouvoir continuer le rôle qu’elle a accepté.
Cette décision n’a pas été sans douleurs, sans larmes, sans culpabilité, mais dans sa fragilité
apparente elle a trouvé les ressources nécessaires en elle.
Pour cela  elle s’est fait accompagner, elle connaît le pouvoir des mots et le besoin de les dire pour
les entendre se dire, elle sait qu’elle seule est maître de ses choix.
Elle referme le cahier, s’allonge et se rendort, prête pour de nouveaux rêves.
Ce billet inspiré par la photo, j’aurais pu l’écrire aujourd’hui, il n’a pas pris de rides,
mais aujourd’hui j’ai l’impression de ne plus savoir, dire, écrire, les mots me fuient,
j’ai trop de brouillard dans ma petite tête,il va falloir que j’y mette de l’ordre ,
car écrire c’est l’ombre et la lumière d’une vie, de la mienne !
Photo de Richard Tuschman
inspirée de la peinture de Hopper