"Double je"

Passage…

J’avoue je n’aime pas le 31 décembre,
ce soir comme tous les soirs je vais ouvrir les portes pour le passage vers un nouveau jour,
celui de l’année nouvelle.
Même si la neige nous fait faux bond j’aime à l’imaginer d’où le choix de la photo.
Beau passage à vous tous, à l’année prochaine.porte sur l'année nouvelle
poésie

Il n’est qu’un seul chemin…

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…Il n’est qu’un seul chemin.
Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire : examinez s’il pousse ses racines au plus profond de votre cœur. Confessez-vous à vous-même : mourriez- vous s’il vous était défendu d’écrire ?
Ceci surtout : demandez-vous à l’heure la plus silencieuse de votre nuit:  » Suis-je vraiment contraint d’écrire ? »  Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple : « Je dois », alors construisez votre vie selon cette nécessité. Votre vie, jusque dans son heure la plus indifférente, la plus vide, doit devenir signe et témoin d’une telle poussée. Alors, approchez de la nature. Essayez de dire, comme si vous étiez le premier homme, ce que vous voyez, ce que vous vivez, aimez, perdez. N’écrivez pas de poèmes d’amour. Évitez d’abord ces thèmes trop courants : ce sont les plus difficiles. Là où des traditions sûres, parfois brillantes, se présentent en nombre, le poète ne peut livrer son propre moi qu’en pleine maturité de sa force.
Fuyez les grand sujets pour ceux que votre quotidien vous offre. Dites vos tristesses et vos désirs, les pensées qui vous viennent, votre foi en une beauté. Dites tout cela avec une sincérité intime, tranquille et humble.
Utilisez pour vous exprimer les choses qui vous entourent, les images de vos songes, les objets de vos souvenirs. Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses. Pour le créateur rien n’est pauvre, il n’est pas de lieux pauvres, indifférents. Même si vous étiez dans une prison, dont les murs étoufferaient tous les bruits du monde, ne vous resterait-il pas toujours votre enfance, cette précieuse, cette royale richesse, ce trésor des souvenirs ?
Tournez là votre esprit. Tentez de remettre à flot de ce vaste passé les impressions coulées.
Votre personnalité se fortifiera, votre solitude se peuplera et vous deviendra comme une demeure aux heures incertaines du jour, fermée aux bruits du dehors. Et si de ce retour en vous-même, de cette plongée dans votre propre monde, des vers vous viennent, alors vous ne songerez pas à demander si ces vers sont bons.
Vous n’essaierez pas d’intéresser des revues à ces travaux, car vous en jouirez comme d’une possession naturelle, qui vous sera chère, comme l’un de vos modes de vie et d’expression. Une œuvre d’art est bonne quand elle est née d’une nécessité. C’est la nature de son origine qui la juge.
Aussi, cher Monsieur, n’ai-je pu vous donner d’autre conseil que celui-ci : entrez en vous-même, sondez les profondeurs où votre vie prend sa source.
C’est là que vous trouverez la réponse à la question : devez-vous créer ?
De cette réponse recueillez le son sans en forcer le sens. Il en sortira peut-être que l’Art vous appelle.
Alors prenez ce destin, portez-le, avec son poids et sa grandeur, sans jamais exiger une récompense qui pourrait venir du dehors. Car le créateur doit être tout un univers pour lui-même, tout trouver en lui-même et dans cette part de la Nature à laquelle il s’est joint.
Il se pourrait qu’après cette descente en vous- même, dans le « solitaire » de vous-même, vous dussiez renoncer à devenir poète. (Il suffit, selon moi, de sentir que l’on pourrait vivre sans écrire pour qu’il soit interdit d’écrire.) Alors même, cette plongée que je vous demande n’aura pas été vaine. Votre vie lui devra en tout cas des chemins à elle. Que ces chemins vous soient bons, heureux et larges, je vous le souhaite plus que je ne saurais le dire.
Que pourrais-je ajouter ? L’accent me semble mis sur tout ce qui importe. Au fond, je n’ai tenu qu’à vous conseiller de croître selon votre loi, gravement, sereinement. Vous ne pourriez plus violemment troubler votre évolution qu’en dirigeant votre regard au dehors, qu’en attendant du dehors des réponses que seul votre sentiment le plus intime, à l’heure la plus silencieuse, saura peut-être vous donner…
extrait de « Lettre à Franz Xaver Kappus »
Rainer Maria Rilke
4/12/1875- 29/12/1926

Rilke portrait par Helmut Westhoff 1901

poésie

Souvent…

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…Souvent l’expérience
répand autour d’elle plus de gaieté, plus de vie,
que l’innocence ; mais ce vent muet
remonte de la région ensoleillée
de l’innocence… L’odeur précoce et fragile
de printemps qu’il répand, dissout
toute défense dans ce cœur que j’ai racheté
par la seule clarté ; je reconnais d’anciens désirs,
délires, tendresses éperdues
dans ce monde agité de feuilles…
Tableaux frioulans (extrait)
Pasolini in,
Les cendres de Gramsci
Poésie Gallimard
23h15…

Entre ciel et lac
voiles offertes au vent
en sa course brève
glisse sur l’eau qui rêve
vers le calme retrouvé.

 

"Double je"

Rêve…

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J’ai besoin des mots, ils sont mon oxygène, l’eau pour étancher ma soif.
Mais les mots, ne sont pas que des mots, chacun est lourd d’une volonté à dire,
d’une histoire, il faut passer du temps avec eux pour qu’ils délivrent leur secret.
Je suis faite de mots, de rêves et d’un peu de réalité.

 J’ai apprivoisé les mots, pour approcher mes rêves.

"Double je"

Douce nuit…

ecomusée 12 2015 005
Nous voilà à quelques heures de cette halte qu’est la nuit de Noël.
Elle nous rappelle notre soif d’infini, notre course à l’essentiel, où se mêle à notre joie
l’angoisse du temps qui fuit.
La magie de Noël va-t-elle encore une fois nous surprendre ?
Arriverons-nous à l’apprivoiser avec nos regards portés sur les santons de la crèche,
les lumière du sapin ?
Beaucoup d’entre- nous ce soir fêteront Noël entourés de leurs proches.
D’autres seront seuls.
D’autres ne sauront où aller comme nous le rappelle l’histoire de Noël.
Je veux croire au pouvoir de la lumière ,toute petite tremblotante,
mais incroyablement résistante, de dominer les ombres.
Une pensée pour chacune, chacun, d’entre vous qui m’avez accompagnée sur cette page du blog
et dans la vie cette année, qui m’avez apporté, amitié, tendresse, sympathie, joie, sourires, soutien.
Merci.

Joyeux Noël à Vous !

poésie

*Sous le miroir des lacs profonds et calmes,…

cygne sur le lac d'annecy
Il faut peu de mots pour exprimer l’essentiel,
une image suffit  pour s’évader dans le monde féerique de notre imaginaire, en musique et poésie.
«… Puis quand les bords de l’eau ne se distinguent plus,
A l’heure où toute forme est un spectre confus,
L’oiseau dans le lac sombre où sous lui se reflète
La splendeur d’une nuit lactée et violette,
Comme un vase d’argent parmi les diamants,
Dort, la tête sous l’aile, entre deux firmaments. »
*Sully Prudhomme, Le cygne, in Les Solitudes, 1869
https://youtu.be/I6Njg1LFxFk