Albert Camus

« col sol levante, col sol cadente »…

eglise-santissima-annunziata-cloitre
[…]Je ne me résignerai pas. De tout mon silence je protesterai jusqu’à la fin. Il n’y a pas à dire « faut » ; c’est ma révolte qui a raison, et cette joie qui est comme un pèlerin sur terre, il me la faut suivre pas à pas.
Les nuages grossissent au-dessus- du cloître et la nuit peu à peu assombrit les dalles où s’inscrit la morale dont on dote ceux qui sont morts.
Si j’avais à écrire ici un livre sur la morale, il aurait cent pages et 99 seraient blanches. Sur la dernière, j’écrirais : « Je ne connais qu’un seul devoir et c’est celui d’aimer. »
Et pour le reste, je dis non. Je dis non de toutes mes forces. Les dalles me disent que c’est inutile et que la vie est comme « col sol levante, col sol cadente ». Mais je ne vois pas ce que l’inutilité ôte à ma révolte et je sens bien ce qu’elle ajoute.[…]
Albert Camus
Carnets 1, 1937
Folio 5617 page 62
Dans ma bibliothèque le livre de Jean-François Mattéi
Citations expliquées de Camus
photo:  Florence Cloître des morts Santissima Annunziata

10 réflexions au sujet de “« col sol levante, col sol cadente »…”

  1.  » Le temps qui reste… »…: la chanson est jolie….!
    Mais vivre sa vie ….inclut …vivre sa mort ;
    et ces vers sont autant de dénie de cette mort…!
    “ La mort est dans la vie, la vie aidant la mort. La vie est dans la mort, la mort aidant la vie. ”…. le célèbre jeu de mot de Prévert…et cet autre, toujours évoquant le départ et l’adieu…
    Et celui qui reste..sur le quai….!
     » « Le Temps nous égare Le Temps nous étreint Le Temps nous est gare Le Temps nous est train. »

    Jean -Loup Dabadie est très optimiste ….ou semble ignorer que le vécu de sa mort dépend essentiellement de sa dernière maladie…;
    et que ce ne sera pas la belle trajectoire rectiligne que s’envisage le chanteur : vivre, c’est accepter le passé, et  » l’à venir « , autrement que dans une projection du passé ou des réactions qu’il a suscitées…

    Et tout cela s’inscrit dans le dénie actuel, banalisant, de la Mort, et assurément la société voudrait que l’on balaie sa peine, que l’on fasse du deuil une courte parenthèse….dans un grand étourdissement hédoniste..!
    Encore plus s’il est simplement avenir…même pas à venir!!

    “ Nous sommes libérés par ce que nous acceptons mais nous sommes prisonniers de ce que nous refusons. ” phrase culte attribuée à Swami Prâjnanpad, ( ou un collectif…)
    Vivre…c’est tout autant cela que l’engagement, seul garant de la Liberté…qu’ont croirait trouver dans la superficialité débridée…

    Vivre…comme à cette barre qui suit toutes les sautes du vent pour avoir et garder sa toile pleine…

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    1. les mots…chacun y cherche et trouve ce qu’il veut ou peut entendre…
      trois lectures différentes, trois vécus différents
      pour ma part j’abonde en votre sens voilà pourquoi je parlais de l’interprétation de Reggiani ,
      hier j’étais pensive c’était une de ces journées plus difficiles que d’autres
      qui rejoint  » le vécu de sa mort dépend essentiellement de sa dernière maladie… »
      hier ma fille a fait écrire à son père (écriture presque illisible) ce qui lui venait à l’esprit, ses mots « je suis vieux et malade »
      la vie est faite d’arc-en-ciel d’où ma photo d’hier soir

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  2. Oui moi aussi Élisanne… elle me bouleverse elle me chavire …chaque fois que je l’écoute…mais j’ai eu besoin de l’écouter souvent cette année..(comme pour me convaincre que tant qu’il y a de la vie, il y a toujours de l’espoir et que rien n’est grave…
    et que l’amour de la vie doit être, coûte que coûte, notre guide, notre gouvernail et notre colonne vertébrale)..
    Et puis il y a ce sourire quand il dit … »qu’il y a tant de gens à voir …qu’il y a aussi des cons…et que les cons ça repose c’est comme le feuillage au milieu des roses… »

    Bises et douce nuit à toi aussi (et pardon car le but n’était pas de te rendre triste).

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  3. LE TEMPS QUI RESTE…

    Combien de temps…
    Combien de temps encore
    Des années, des jours, des heures,
    combien ?
    Quand j’y pense, mon coeur bat si fort…
    Mon pays c’est la vie.
    Combien de temps…
    Combien ?

    Je l’aime tant, le temps qui reste…
    Je veux rire, courir, pleurer, parler,
    Et voir, et croire
    Et boire, danser,
    Crier, manger, nager, bondir, désobéir
    J’ai pas fini, j’ai pas fini
    Voler, chanter, parti, repartir
    Souffrir, aimer
    Je l’aime tant le temps qui reste

    Je ne sais plus où je suis né, ni quand
    Je sais qu’il n’y a pas longtemps…
    Et que mon pays c’est la vie
    Je sais aussi que mon père disait :
    Le temps c’est comme ton pain…
    Gardes-en pour demain…

    J’ai encore du pain
    Encore du temps, mais combien ?
    Je veux jouer encore…
    Je veux rire des montagnes de rires,
    Je veux pleurer des torrents de larmes,
    Je veux boire des bateaux entiers de vin
    De Bordeaux et d’Italie
    Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
    J’ai pas fini, j’ai pas fini
    Je veux chanter
    Je veux parler jusqu’à la fin de ma voix…
    Je l’aime tant le temps qui reste…

    Combien de temps…
    Combien de temps encore ?
    Des années, des jours, des heures, combien ?
    Je veux des histoires, des voyages…
    J’ai tant de gens à voir, tant d’images..
    Des enfants, des femmes, des grands hommes,
    Des petits hommes, des marrants, des tristes,
    Des très intelligents et des cons,
    C’est drôle, les cons ça repose,
    C’est comme le feuillage au milieu des roses…

    Combien de temps…
    Combien de temps encore ?
    Des années, des jours, des heures, combien ?
    Je m’en fous mon amour…
    Quand l’orchestre s’arrêtera, je danserai encore…
    Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul…
    Quand le temps s’arrêtera..
    Je t’aimerai encore
    Je ne sais pas où, je ne sais pas comment…
    Mais je t’aimerai encore…
    D’accord ?

    (Bien jolis mots de JEAN LOUP DABADIE) …

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  4. ….je ne connais qu’un seul devoir et c’est celui d’aimer…
    ces mots-là son d’une évidence inouïe mais tellement difficile à atteindre…
    Et…
    comme disait Monsieur Reggiani :
    « Je l’aime tant… le temps qui reste…..! »

    23h37..il est l’heure …l’heure de se réduire !
    Bises et douce nuit à toi.

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