"Double je"

Le temps…de toute une vie…

La chanson des vieux amants
« Du plus loin qu’il m’en souvienne,
Si depuis, j’ai dit « je t’aime »,
Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous,  » Barbara
Il y a bien des formes d’amour, mais nous restons ébahi/es devant le mystère de « cet amour-là »,
qui nous fait vibrer, nous fait courir vers le téléphone, sur le quai d’une gare, le hall d’un aéroport, le coeur battant, les sens en alerte… 
Cet amour-là, ce « toi et moi » et que cesse autour de nous la rumeur du monde, le babil inutile des autres…
Qu’en est-il de cet amour-là qui nous laisse souvent exsangue, seul/e, vidé/e, comme mutilé/e ?
Est-ce une maladie, comme le dit la chanson, est-ce une bénédiction, est-ce une folie?
Encore, encore pouvoir dire « je t’aime », se donner cette liberté-là, et tant pis s’il faut payer le prix…
Comme dans la chanson « Mathilde » de Brel, cette exultation à l’idée que, oui, malgré tout,
« ça recommence » !
Et si l’Amour continue à nous surprendre, nous étonner, nous questionner mais aussi nous décevoir, nous perdre, nous terrasser, c’est bien le signe que nous sommes vivants.
Qu’il nous épanouisse ou qu’il nous déçoive, vénéré ou renié c’est bien toujours de l’Amour dont on parle.
On aime sa présence et on  haït son absence.
C’est la partie de cache-cache qui se prolonge le plus…
Le temps de …toute une vie.
photo trouvée sur la toile , auteur ?

10 réflexions au sujet de “Le temps…de toute une vie…”

  1. …….Un proverbe africain dirait, je crois :
    « Pour s’aimer longtemps, il faut se quitter souvent !! »

    Mais…plus gravement…pourquoi donc, dans cette langue Française si riche, où tous les concepts peuvent s’individualiser et s’exprimer…. le Bonheur …, le Plaisir…, l’Accomplissement…, les Satisfactions de tous ordres …prennent subitement le mot « Amour » pour…synonyme…. !

    Peu de surprise, alors, si ce télescopage éphémère…ne dure que la vie …d’un papillon !
    L’éventail des interprétations de ces mots et de leur sens subjectif a vite fait de s’ouvrir…et l’illusion du partage se déchire, de trop de tiraillements !

    Un « amour qui dure »…les intègre, peu à peu …mais ne s’y substitue pas !
    Et c’est de lui que se fait la démarche partagée qui leur donne un sens commun…moins déchirant… !

    Bon vent…celui qui varie certes…mais sans changer !!!

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    1. Je suis gâtée, encore une belle analyse en écho à mon billet, cela mériterait un nouveau billet de réflexion, je vais faire court m’inspirant de mes lectures, en premier lieu celle de Lacan et son fameux :
       » aimer c’est donner ce qu’on n’a pas…  »
      un lien qui me semble intéressant
      https://www.cairn.info/revue-psychanalyse-2007-3-page-5.htm
      (parenthèse, j’ai participé à de nombreux séminaires avec d’éminents spécialistes aux théories brillantes, mais il manquait dans leurs discours cette petite flamme et sans elle le plus beau discours est vide et perd son sens)
      en vrac:
      « l’amour est une aventure obstinée. Le côté aventureux est nécessaire , mais ne l’est pas moins obstination .Laisser tomber au premier obstacle , à la première divergence sérieuse , aux premiers ennuis , n’est qu’une défiguration de l’amour ,Un véritable amour est celui qui triomphe durablement , parfois durement , des obstacles que l’espace , le monde et le temps lui proposent.

      L’amour n’est pas à proprement parler une possibilité, mais plutôt le franchissement de quelque chose qui pouvait apparaître comme impossible.

      L’énigme de la pensée de l’amour, c’est la question de cette durée qui l’accomplit. Le point le plus intéressant au fond, ce n’est pas la question de l’extase des commencements…
      L’amour reste une puissance. Une puissance subjective. Une des rares expériences où, à partir d’un hasard inscrit dans l’instant, vous tentez une proposition d’éternité.
      Parce que, au fond, c’est ça l’amour : une déclaration d’éternité qui doit se réaliser ou se déployer comme elle peut dans le temps (…) Oui, le bonheur amoureux est la preuve que le temps peut accueillir l’éternité. »
      (Alain Badiou  » l’éloge de l’amour »)

      A force d’aimer la vie malgré elle, on finit de temps en temps par aimer les autres sans raison.
      (Raphael Enthoven, « Le philosophe de service »)

      Pour finir « Vous connaissez sans doute un voilier nommé désir » ?

      Bon dimanche avec extase… dans la durée !

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  2. Cet amour là …que dire ? de celui qui nous laisse pantois(e) ? sans bras ni jambe, parfois joyeux et plein de vie(s) mais aussi parfois exsangue. Il n’y a pas d’amour il n’y a que des preuves d’amour.
    « Cet amour là »…n’était-ce pas le titre du joli film qui retraçait l’histoire d’amour atypique de Marguerite Duras à la fin de sa vie ?
    toutes les formes d’amour sont bonnes à prendre …même si ….même si …même si…
    Car.. nous n’emporterons pas dans la tombe, la jolie voiture ou l’écran plat, mais l’amour, le vrai, lui, il y est déjà, il nous y attend avec ses pétales de fleurs, ses cascades et ses symphonies…
    merci pour ce beau texte Elisanne bises belle journée…
    (je suis en train de me mettre en retard c’est encore la faute de l’amour tout ça!!).

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  3. J’ai tendance à dire que les relations sont éternelles (hors du temps).
    Encore plus (si + est possible) celles de l’Amour, ces vibrations qui nous font être et vivre ce que tu évoques si bien.
    Ce ne sont pas que souvenirs, ces relations nourrissent encore aujourd’hui notre être.
    Invention ? projection ? imaginaire ?
    et alors ? C’est ainsi …..
    Fécondation en tout cas. La vie pousse comme elle veut, elle nous échappe autant qu’elle se donne….
    L’Amour en quelque sorte….

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    1. Merci alainx pour ces mots, belle réflexion en écho à ce billet.
      Toujours un plaisir de te lire,
      nous sommes devenus avec le temps des vrais anciens blogueurs,
      ça aussi c’est la vie qui pousse…
      Amitiés

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    1. pensées vers vous chère Hélène ** ***
      (il m’arrive en ce moment souvent de penser à une période charnière de ma vie, une période riche et dense tout en étant douloureuse, celle du temps de mon analyse, celle où je suis devenue ce que j’étais)
      Bonne journée

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  4. De passage en silence depuis quelque temps, parce que parfois je sonde, besoin vital. Besoin de me réparer en profondeur.
    Mais Mathilde, mais Brel, mais cet amour, autre élan vital, dont tu parles si bien, je refais surface parce que tu me touches au plus profond. Lorsque je ne dis rien chez toi, c’est parce que ma surface ne peut pas y être superficielle…Contradictoire ? j’espère que tu me comprendras…
    La photo que tu as choisie est très émouvante.
    Amitiés.

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    1. Merci pour ce commentaire qui me touche,
      bien sûr je peux comprendre et je comprends, contradictoire,
      ne sommes nous pas un » je double » ?
      pour la photo je partais d’un tableau de Magritte et puis celle-ci s’est imposée à moi tout comme le titre…
      Bonne journée
      Amitiés

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