"Double je"

Etrange intervalle…



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Eh oui il m’arrive d’être anxieuse, maladroite, excessive, imprévisible dans ma tristesse, chaotique dans mes attentes, bousculant mes paroles.
Je joue et dénoue ainsi des projets et des fugues, je tisse et froisse des décisions irrémédiables.
Je tais, je tue des rages froides, imbéciles, j’impose des silences.
Il me reste toujours et encore à apprendre ce que je suis, au malhabile de mes mots découvrir et dire tout ce que je ne sais pas encore, inventer l’irréel, réaliser l’irréalisable.
Vertige, mes mots à moi, de s’ouvrir à la lecture des autres, appréhension d’être jugée, mais parole libre.
Penser et dire, inventer au fil des jours ce visage qui est mien, double sourire qui balance entre réel et onirique, entre sérieux et fragile, entre femme et enfant..
Osciller entre les extrêmes sans peur des mots, ils me délivrent de moi pour un autre moi-même.
Etre chaque fois la même et chaque fois une autre,
dans cet étrange intervalle se joue la part de mystère qui fascine et qui tue.

 

8 réflexions au sujet de “Etrange intervalle…”

  1. comme vos mots sont justes élisanne et entrent en résonance
    je suis une boule de colère aujourd’hui …hier si calme à l’intérieur …envie de hurler de m’offrir un ballon de frappe ….ne plus être un point d’interrogation ….
    où se cache cette douce quiétude ? comment l’apprendre ? y arriverais je un jour ?
    le soleil pour demain élisanne après la pluie le beau temps en climat intérieur peut être …que le vent puisse souffler doucement sur les branches…

    une invitation à voir une très belle expo à Ornans … »Sensations de nature » on y rencontre Cézanne …H.Hartung et ses genêts…AE Bergman…superbe découverte ….G.Penone et les arbres …N de Staël… G Courbet ..P.Bonnard …

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    1. Hélène,

      Comme j’aimerais faire une escapade vers Ornans et Martigny, je suis en plein dans les catalogues pour un voyage de 3 jours dans l’espoir de pouvoir enfin me rendre au lac Majeur , mais à chaque fois je me heurte à des dates où mes enfants ne peuvent venir s’occuper de leur père, je commence à croire qu’il ne faut pas que je fasse cette escapade, j’ai pourtant tant besoin et envie de voir autre chose, cela devient presque vital pour moi.
      Je peux vous servir de punching -ball si vous voulez ?(sourire)
      Bonne soirée…
      (mon prochain billet vous fera peut-être du bien pour aller vers cette douce quiétude !!! )

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  2. Que nous soyons « bois mort » ou « bois vivant », tous nos mots sont fasci-nants.
    Bien joli texte Elisanne qui tend à confirmer que les mots sont tantôt « sable » ou tantôt « semelles de plomb ».
    Bises depuis mon insomnie (2h56) due à l’orage…..mais pas seulement.

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    1. Bises depuis la mienne, j’ai lu ton message à 4h20 ce matin…
      Au- dessus des nuages il y a toujours le soleil !
      Ici enfin un peu de pluie, la végétation en a bien besoin, comme nous elle a soif…mais pas seulement de pluie…

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  3. Étrange alchimie des mots qui perdent leurs origines et la croisent…par hasard…Lacanien…?
    Fascination….pour l’esprit ?…ou pour le sable? …( qui fuit la dune sous le vent…et qu’on essaye désespérément d’arrêter….de fasciner…avec des fascines….)
    Étonnant non ?
    Notre langue serait mille fois plus riche si l’étymologie continuait à être enseignée….à travers ce Latin, ce Grec….( dont l’étude a certes légèrement alourdi mes premières années de la Fac de Médecine….mais qui ressortent et enveloppent si richement ces dernières années de vie )  » détails » que la « mondialisation » assimile à des verrues inutiles et discriminantes…..

    http://www.seine-maritime.chambagri.fr/iso_album/12_fiche-fascine_a3.pdf

    Bon vent…celui qui fixe les fascine….et les contourne…inexorablement…..

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    1. Que de richesse dans la langue française mais je me trouve si pauvre en mots,
      j’ai toujours été fascinée par l’étymologie, pris des cours tardivement, pour mon plaisir de la langue… et ma soif intarissable de connaissance
      Lacan (1973) :  » Je dis toujours la vérité : pas toute parce que toute la dire est impossible, matériellement les mots manquent. C’est même par cet impossible que la vérité tient au réel.  »

      Calembourg de Lacan : « au nom du per erre »…
      (accepter l’errance pour se trouver.)

      Quand les intervalles et les « fascines » se rencontrent au détour des mots et d’une photo…cela me plaît beaucoup.
      Bon vent !

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