Albert Camus

On vous demande pourquoi vous voyagez…

provence

 

[…On peut donc voyager non pour se fuir, chose impossible, mais pour se trouver.
Le voyage devient alors un moyen […]
Il est donc bien vrai que dans ces immenses solitudes que doit traverser un homme de la naissance à la mort, il existe quelques lieux, quelques moments privilégiés où la vue d’un pays agit sur nous, comme un grand musicien sur un instrument banal qu’il « révèle », à proprement parler, à lui-même. La fausse reconnaissance, c’est la plus vraie de toutes: on se reconnaît soi-même: et quand devant une ville inconnue on s’étonne comme devant un ami qu’on avait oublié, c’est l’image la plus véridique de soi-même que l’on contemple.
Les grands paysages lumineux de Toscane et de Provence où l’on voit des plaines que l’on a peine à mesurer de l’œil et où pourtant tous les détails sont écrits, ces paysages à la Lorrain sont propices entre tous à ces révélations…
Il est vrai que certains spectacles, la baie de Naples, les terrasses fleuries de Capri, de Sidi-Bou-Saïd, sont des sollicitations perpétuelles à la mort. Ce qui devait nous combler creuse en nous un vide infini…
La beauté des grands paysages n’est pas proportionnée à la puissance de l’homme…
Pourquoi dit-on d’un paysage ensoleillé qu’il est gai ?
Le soleil fait le vide et l’être se trouve face à face avec lui-même sans aucun point d’appui.
Partout ailleurs le ciel interpose ses nuages, ses brouillards, ses vents, ses pluies et voile à l’homme sa pourriture sous le prétexte d’occupations et de préoccupations…
Jean Grenier, in « Les îles »
l’Imaginaire Gallimard

 

J’aime reprendre un  livre sur l’étagère des favoris que j’ai à portée de mains dans mon bureau.
Ce matin je me suis arrêtée sur « Les Iles fortunées » dont vous venez de lire un extrait.
Je vais continuer de voyager dans mes « Iles » en ce beau mois d’été, juillet nous gâte.

A bientôt !

10 réflexions au sujet de “On vous demande pourquoi vous voyagez…”

    1. voyage, voyage…
      comme il m’est impossible de voyager (cela fait deux ans maintenant que je n’ai pas pu quitter la maison) me reste les souvenirs, les odeurs, les sons, les mots…
      mais les escapades me manquent et surtout la mer…
      alors je m’évade avec tes belles photos.
      Amitiés

      J'aime

  1. Et l’âme est à l’unisson …bien souvent cet instant de grâce est imprévu d’autant plus cher
    Amitiés de la maison des champs de la Drôme , ayant fuit la Méditerranée , envahie
    Arlette

    J'aime

  2. Comme tu le sais Elisanne ..je n’ai plus de maison ni de PC…L’envie de te lire
    m’a amenée à te retrouver depuis mon portable..ah…LES ÎLES….! c »est bien ce livre qui parle si joliment des îles Kerguelen ?
    Merci pour tes pensées et ton sms…je pense à toi et je t’embrasse Elisanne…
    (« Ci-joint » » parfums iodés du Pays des embruns chers à ton coeur…)

    Magnifique photo..et si on allait faire un petit tour Sénanque respirer les lavandes en fleurs….?

    J'aime

    1. Contente de te retrouver ici, merci à toi de prendre de mes nouvelles sur sms c’est ça l’amitié, le temps n’a pas d’importance…
      oui c’est ce livre qui a pour titre de chapître les Iles kerguelen
      oui, oui pour Sénanque et surtout les embruns de la chambre d’amour !
      A bientôt, je t’embrasse…

      J'aime

  3. « Le soleil fait le vide et l’être se trouve face à face avec lui-même sans aucun point d’appui. »
    À sa façon , en musique, Serge Lama parle lui aussi du mystère des iles:,

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s