Albert Camus

Le monde ne dit jamais qu’une seule chose…

august macke paysage du bas rhin 1903
« … Le monde ne dit jamais qu’une seule chose.
Et dans cette vérité patiente qui va de l’étoile à l’étoile, se fonde une liberté qui nous délie de nous-mêmes et des autres ,comme dans cette autre vérité patiente qui va de la mort à la mort.
Patrice, Catherine, Rose et Claire prennent alors conscience du bonheur qui naît de leur abandon au monde. Si cette nuit est comme la figure de leur destin, ils admirent qu’il soit à la foi charnel et secret et que sur chaque visage se mêlent les larmes et le soleil.
Et leur coeur de douleur et de joie sait entendre cette double leçon qui mène vers la mort heureuse… »
Albert Camus in, « La mort heureuse »

August Macke, Paysage du Bas -Rhin, 1903

8 réflexions au sujet de “Le monde ne dit jamais qu’une seule chose…”

  1. quelques extraits de Camus en association d’idées…

    CALIGULA:
    Cette mort n’est rien, je te le jure; elle est seulement le signe
    d’une vérité qui me rend la lune nécessaire.
    C’est une vérité toute simple et toute claire, un peu bête,
    mais difficile à découvrir et lourde à porter.
    HÉLICON:
    Et qu’est-ce donc que cette vérité, Caïus?
    CALIGULA:
    Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux.
    ( Caligula)

    Perdre la vie est peu de chose et j’aurai ce courage quand il le faudra. Mais voir se dissiper le sens de cette vie, disparaître notre raison d’existence, voilà ce qui est insupportable. On ne peut vivre sans raison.
    (Caligula)
    La mort pour tous, mais à chacun sa mort. Après tout, le soleil nous chauffe quand même les os.
    (L’envers et l’endroit)

    Me voilà seule à la maison, pour combien de temps?
    si le délai sera court cela signifiera qu’il n’y a guère de possibilité pour un mieux aller…

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  2. ….La Mort ne serait pas une récompense….mais le prix à payer pour atteindre cet impossible…et quitter l’absurdité de la vie dans sa limite…!
    Et La Vérité…..au delà….en serait la compensation….
    ( Quel que soit le nom qu’on donne à cette Vérité ! )

    À mon impression….l’Étranger est heureux de quitter la Vie ….sans passer par la nécessité du suicide….( qui serait une solution aussi absurde que celle de plonger dans la rivière pour éviter d’être trempé de pluie…! )
    Peut être de là aussi cette colère de Camus contre Staël, après son suicide, pour la peine déclenchée par son geste, en niant ainsi l’aide de l’amitié que portait le couple Char au peintre !
    Mais peut être aussi du dépit pour ce départ donnant du crédit à l’Absurdité ?
    La mort heureuse…? Peut être !
    Mais pas n’importe laquelle !
    Bon vent …si on sait trouver en quoi…il serait bon !!

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  3. ……….L’important ce n’est pas la destination….c’est le voyage..!
    Alors…à chacun sa vérité, la limite de la capacité humaine imposant de ne se satisfaire que d’une approche !
    La Vérité serait la fin de l’Homme….alors qu’elle n’est que la fin d’une vie d’homme : c’est peut être cette découverte ultime de la dimension et du rôle qu’il a fallu donner au mensonge, pour se supporter et supporter la vie, qui doit représenter la plus grande difficulté de la mort : un état où l’impossible devient possible, où la Vérité réapparaît, telle qu’on a pu la côtoyer dans sa vie…et vécue…si on a fait le bon choix..
    Ce qui a été sa liberté ….!

    « Mais qu’il est amer d’avoir raison et de devoir aller jusqu’à la consommation……../……Tout a l’air si compliqué. Tout est si simple pourtant. Si j’avais eu la lune, si l’amour suffisait, tout serait changé. Mais où étancher cette soif ? Quel cœur, quel dieu auraient pour moi la profondeur d’un lac ? (S’agenouillant et pleutant.) Rien dans ce monde, ni dans l’autre, qui soit à ma me- sure. Je sais pourtant, et tu le sais aussi (il tend les mains vers le miroir en pleurant), qu’il suffirait que l’impossible soit. L’impossible ! Je l’ai cherché aux limites du monde, aux confins de moi-même. J’ai tendu mes mains (criant), je tends mes mains et c’est toi que je rencontre, toujours toi en face de moi, et je suis pour toi plein de haine. Je n’ai pas pris la voie qu’il fallait, je n’aboutis à rien. Ma liberté n’est pas la bonne. Hélicon ! Hélicon ! Rien ! rien encore. Oh, cette nuit est lourde 1 Hélicon ne viendra pas : nous serons coupables à jamais ! Cette nuit est lourde comme la douleur humaine .

    ( Caligula /Acte IV / Scène XIV )

    Et tout cela…au prix de la mort…

    Bon vent….qui n’est jamais bon pour tout le monde à la fois…..

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  4. ….douceur …douleur …une seule lettre fait la différence
    peut être que les larmes sèchent plus vite au soleil …
    pensées douces et étoilées Elisanne ** ***

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