"Double je"

Vive les vacances, les pages au feu et le blog au milieu…

Ma première intention était d’arrêter le blog mais j’ai appris qu’il ne fallait pas prendre de décision radicale en période de crise.
Je vais donc le laisser en jachère quelques temps, le temps de souffler un peu, de garder le peu de temps qui m’appartient journellement à la lecture, méditation, repos.
Ce n’est pas de gaité de cœur que je prends cette décision mais j’ai vraiment trop de tâches quotidiennes à remplir et même pas par choix.
Je reviendrai de temps en temps sûrement, je suis trop attachée à ce lieu et vous allez me manquer.
Oui, je me suis attachée à vous, j’ai fait de si belles rencontres, l’amitié, le respect de l’autre ,
étaient au rendez-vous.
06 06 2013 009
Je vous souhaite un bel été.
Chaises longues au soleil, oublier les jours, les heures, les rendez-vous.
Quitter la course folle, appuyer sur pause le cœur léger, l’esprit vide,l’œil aux aguets.
Grand plongeon, effluves de soleil, parfums d’absence, chemin de traverse, évasion.
Faire provision de soleil, de temps.
Celui de le prendre, de le perdre, de l’oublier, de le retrouver.
Ce temps perdu quel luxe.
Place à la douceur de vivre, la légèreté, la gaieté, l’improvisation,
sortir du cadre, reprendre sa liberté.
Savourer.
A bientôt !
Bonnes vacances…
réflexions

Un petit dernier…

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L’été à corps et à cri…
Saison sulfureuse ou temps de l’innocence ?
L’été dénude les corps, nous renvoie au paradis terrestre, au péché originel.
Les maillots (qui ne mettent en valeur que ce qu’ils cachent) remplacent
les pagnes en feuilles de figuier d’Adam et d’Eve et nous rappellent l’infâme condition humaine.
Inutile de se jouer une histoire…
De faire de l’été le credo du  » Je est un autre… »
L’été pour devenir soi-même… Quelqu’un d’autre !
 
crédit photo Jacques -Henri  Lartigue
 
"Double je"

Musique d’été…

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J’aime ces journées d’été,
ces moments qui s’étirent dans une élasticité du relâchement .
Ces journées comme une grande parenthèse, un soupir, une page blanche,
un souffle doux et chaud, innocente caresse d’un rayon de soleil.
Entre deux mondes je flotte, un pied dans les rêves, un pied dans la réalité.
Au murmure du vent la vague se répand et l’écume gémit sous la douceur du sable.
Un silence me porte et me transporte, musique d’été.
Ma peau, aime…
La vie continue, le rythme change, mais j’aime ces journées d’été au jardin, bien sûr la mer me manque et les soirées entre amis à refaire le monde, maintenant seule  j’écoute les oiseaux et leur hymne à la joie,j’observe les magnifiques ciels d’été, hier soir il était de toute beauté .
paul Valéry

Patience…

abandon
Ces jours qui te semblent vides
Et perdus pour l’univers
Ont des racines avides
Qui travaillent les déserts
Patience, patience,
Patience dans l’azur!
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr!
Tu n’as pas perdu ces heures
Si légère tu demeures
Après ces beaux abandons ;
Pareille à celui qui pense
Et dont l’âme se dépense
À s’accroître de ses dons !
Paul Valery extraits de  » Palme  »
Charmes 1922

Belle soirée à Vous !

Ecrire

Sensible à un signe…

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Le galet…

Reproduction infinie de lui-même, état transitoire et figé,
entre la pierre d’où il vient, et le sable impalpable qu’il finira par redevenir,
sensible à un signe, une couleur, mon regard en choisit un sur la grève,
avant que la main ne s’en empare,éprouve la densité, la rondeur.

Loin très loin des rivages sonores, des vagues fracassantes,
du mugissement de la marée,
du bout des doigts, du plat de la paume je me prends à le caresser,
comme pour convoquer quand la fuite éperdue du temps m’assaille
le droit à la singularité de l’existence.

En écho aux « pierres de soleil »…
brèves

Vertige…

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Hier, petite parenthèse, l’anniversaire de mon fils.
Je lui ai fait la surprise de l’inviter dans un bel endroit, les papilles étaient en émoi par toutes les saveurs de notre déjeuner tout en finesse, ce restaurant gastronomique mérite son titre « Vertige »

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voyages...Escapades

Evasion par les images vues du ciel…

En regardant hier soir les somptueuses prises de vues  de Yann Artus- Bertrand sur ce pays si émouvant qu’est l’Algérie,  j’ai entrouvert la porte de ce pays et des souvenirs gravés dans ma mémoire de ce désert algérien foulé il y a si longtemps.

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Tassili N'Ajjer7J’ai laissé une partie de moi-même dans cette féerie des ergs, et ses dédales.
Marcher sur l’arête d’une dune, découvrir le long moutonnement des ergs sur l’horizon, la dévaler ensuite en riant de bonheur, brûler du soleil de midi, s’arrêter à l’ombre de la falaise pour un bivouac avec dans les yeux des images en 4D, voir arriver une caravane dans sa lenteur royale se découpant sur le cobalt du ciel, écouter le guide raconter sa nation qui se meurt et sentir poindre à ses paupières le regret de ce qui n’est plus déjà…
C’est l’émotion contenue et permanente.
Je ne peux fermer les yeux…
Sans voir ma liberté dévalant les cols et les dunes, les plaines immenses avec en miniature la caravane écrasée de soleil.
Sans voir la nuit sous les étoiles, fenêtres ouvertes sur l’infini, les étoiles filantes traçant le lent chemin de l’avenir et le vent sur le sable lançant sa plainte aux quatre coins de l’horizon.
Sans garder au fond de moi la lumière du jour sur la nuit qui s’en va, là où tout vacille où l’on ne sait pas encore quel monde est le nôtre.
Sans entendre le soir les chants bercer la fatigue pendant que la taguella cuit dans le sable et que de sa voix douce Nabil conte la vie touarègue.
Sans voir la brume sur la lumière matinale au lever du jour et ces premiers rayons qui dorent la terre de la magie des dieux.
Le désert transforme quiconque s’en approche, il saisit l’âme du voyageur lorsque le sable brûle et les pierres éclatent dans cet infiniment grand.
Parcelles de souvenirs gravées comme ces pierres par les premiers hommes, vestiges d’une autre vie, d’un autre temps.
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Je referme la porte, toute notion de temps m’a quittée, j’étais là-bas .
(Ce texte n’est pas récent mais une grande envie de vous faire partager mon émotion d’hier soir en voyant tous ces paysages,m’évadant dans mes souvenirs de voyage sur ces terres algériennes, d’Alger en passant par Oran, Biskra, Bou Saada,El Oued, Lagouat, Gardhaïa , le Sahara, sans oublier Tipasa
et les mots de Camus gravés sur la stèle qui lui est dédiée
 » Je comprends ici ce qu’on appelle gloire, le droit d’aimer sans mesure « 
photos prises par une amie entre Djanet et Essendilène dans le Tassili du Hoggar
citations

Quatre vents du ciel…

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 » L’âme qui aime le vent s’anime aux quatre vents du ciel.
Pour beaucoup de rêveurs, les quatre points cardinaux sont surtout les quatre patries des grands vents.
Les quatre grands vents nous paraissent, à bien des égards, fonder le Quatre cosmique.
Ils livrent la double dialectique du chaud et du froid, du sec et de l’humide. « 
Gaston BACHELARD, L’air et les songes,
José Corti.