"Double je"

Le thé dans l’encrier…

 

septembre 2011 005

Allez, je vais vous la jouer à la Delerm, non pas que je passe ma vie à chasser les plaisirs minuscules, mais savoir qu’ils existent, d’autant plus désirables qu’ils demeurent secrets est en soi un plaisir. Vous savez ces petits plaisirs qui vous tombent dessus au hasard d’une rencontre ou d’une situation et qui dans une bouffée de contentement et un soupir de soulagement vous procurent une joie inespérée.
Vous savez quand le rien devient tout.
Comme croquer du chocolat, mais avec talent, prendre son temps, s’offrir un plaisir du côté des narines, humer les arômes, les effets de la langue, les délices de la déglutition, l’abandon qui suit, où la bouche sauvage et artiste a possédé sa proie.
Ou encore s’offrir le luxe de faire une sieste, ce moment qui donne le sentiment de pouvoir maîtriser ses rêves, orienter ses pensées vers des sensations agréables qui peu à peu nous échappent. C’est délicieux, les images sont à fleur d’esprit, elles se mettent à raconter une histoire. Un vague sursaut au bout de quelques minutes nous alerte, il est temps de revenir à la réalité, riche d’un petit morceau de conte qui s’est inscrit à notre insu durant ce léger voyage.
Ou encore le plaisir d’une promenade sous la pluie avec bottes et ciré, de laisser glisser l’eau comme des perles scintillantes sous une lumière différente, une odeur différente, rentrer au sec, au chaud, et se faire un thé choisi pour son nom et sa saveur  » Elixir d’amour  » ou « Casablanca »
Et puis, chut, il y a tant de petits plaisirs que je garde secrets…
(signe… d’une journée que je souhaite bonne, le ramoneur vient de passer)