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Graviter…

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[…] Il me fallait me faire une raison, admettre ce que mon coeur s’obstinait à ne pas regarder en face.
La vie est un train qui ne s’arrête à aucune gare. Ou on le prend en marche ou on le regarde passer sur le quai, et il n’est pire tragédie qu’une gare fantôme.
Avais-je été heureux, après ? Je crois que oui; j’ai connu des joies, des moments inoubliables; j’ai même aimé et rêvé comme un mioche ébloui. Pourtant, il m’a toujours semblé qu’une pièce manquait à mon puzzle, que quelque chose ne répondait pas tout à fait à l’appel; qu’une absence me mutilait; bref, que je ne faisais que graviter à la périphérie du bonheur[…]

Yasmina Khadra in, »Ce que le jour doit à la nuit  »
page 407 Pocket 14017