"Double je"

Ce sera pour une autre fois…

 

8.jpg.CROP.original-original

Comme à son habitude dès les premières lueurs de l’aube,fenêtre grande ouverte,
elle laisse pénétrer doucement la lumière et les premiers rayons qui viennent se poser sur elle comme une caresse.
Elle a cette chance, la position du lit dans la chambre permet cela.
Elle aime ce moment où tout doucement la vie reprend son cours laissant derrière elle les rêves et les cauchemars de la nuit.
Mais aujourd’hui est un jour particulier, sa valise est prête, elle lit les dernières notes consignées dans son cahier, tous les moments forts et difficiles de ces derniers jours.
Sa décision est prise de prendre soin d’elle pour pouvoir continuer le rôle qu’elle a accepté.
Cette décision n’a pas été sans douleurs, sans larmes, sans culpabilité, mais dans sa fragilité apparente elle a trouvé les ressources nécessaires en elle.
Pour cela  elle s’est fait accompagner, elle connaît le pouvoir des mots et le besoin de les dire pour les entendre se dire, elle sait qu’elle seule est maître de ses choix.
Elle referme le cahier, s’allonge et se rendort, prête pour de nouveaux rêves.

Photo de Richard Tuschman 
inspirée de la peinture de Hopper

4 réflexions au sujet de “Ce sera pour une autre fois…”

  1. ….Si un autrement,
    si d’autres,
    si quelque chose qui n’est pas sa projection ….existent dans l’esprit du Solitaire, il est en fait dans la solitude;
    et la fuite lui reste la seule solution, dans toutes ses modalités, ses euphémismes ….
    Sa souffrance n’est pas un mal de vivre mais de ne pas atteindre ce type d’existence !

    Mais si l’Art lui reste accessible, et le remplit pleinement, jusqu’à totalement, il lui reste ce chemin d’excellence;
    même sans le partage perturbant de ses œuvres, dans son exigeante quête à l’Absolu !!

    Bon vent , …pour qui a choisi son cap !!

    J'aime

  2. @ Amx
    Merci pour ce bel écho !

    Peut-être venait-elle de lire ce passage dans les « Carnets » d’un auteur qu’elle aime lire tout particulièrement,
    cherchant à maîtriser son désir de fuite, en faisant place à une autre manière de fuir la réalité, en donnant du vertige à ses rêves ?
    (un peu confus tout cela, la fatigue me gagne, il est tard)

    « Vivre avec ses passions c’est aussi vivre avec ses souffrances,
    – qui en est le contrepoids, le correctif, l’équilibre et le paiement.
    Lorsqu’un homme a appris – et non pas sur le papier –
    à rester seul dans l’intimité de sa souffrance,
    à surmonter son désir de fuir, l’illusion que d’autres peuvent partager ,
    il lui reste peu de choses à apprendre. »

    Albert Camus

    A mon tour de vous souhaiter bon vent…

    J'aime

  3. Elle lit Lao-tseu, le Tao-tö king, le poème XLVII…
     » …Sans franchir sa porte
    on connaît l’univers.
    Sans regarder par sa fenêtre
    on aperçoit la voie du ciel.

    Plus on va loin,
    moins on connaît.

    Le saint connaît sans voyager,
    comprend sans regarder,
    accomplit sans agir. »

    Bon vent….

    J'aime

Répondre à double je Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s