Ecrire

Remous…

Remous

« Quelque chose se distend autour de vous.
Quelque chose qui vous échappe, que vous ne pouvez plus saisir.
Un peu comme une présence dont vous n’auriez la juste révélation qu’après son évanouissement.
Vous percevez un remous dans l’air mais vous n’en comprenez pas l’origine, la signification,
le développement.
Vous aviez toujours cherché à vous défaire de tout et voilà que c’est vous qui êtes défait.
Vous demeurez interdit. »

Ces quelques mots d’un blog ami qui font écho…
Il me suffit de remplacer le » vous » par « moi « .

crédit photo L’Internaute, »Olivier Grunewald « 

 

"Double je", Albert Camus

Rencontres…

Désert vent

J’ai fait une de ces rencontres avec un pays et un auteur.
Tout commence sur le quai d’une gare, un au revoir avec mon premier amour qui
s’avérera être 
un adieu définitif, destination vers un pays en guerre l’Algérie.
Je n’eus de cesse de connaître ce pays qui faisait partie inconsciemment de ma vie,
qui m’avait pris 
celui qu’on n’oublie pas car idéalisé.
Vingt ans plus tard je mis mon rêve à exécution, je partis vers ce pays qui me fascinait. 
J’avais tout lu sur la guerre d’Algérie, des chroniques, des romans, j’avais lu l’Etranger,
Noces et l’Eté de Camus, qui sont devenus des livres de chevet.
Quelque chose m’attirait vers ce pays, je voulais voir les endroits où mes lectures m’avaient transportée, j’avais un besoin viscéral de voir Tipasa. 

J’ai vu Tipasa au printemps, une émotion devant ce paysage sublime, des ruines romaines magnifiques. Ces pierres, la mer, le vent,  » ce grand libertinage de la nature et de la mer  » le mont Chenoua aux courbes douces, les odeurs de romarin en fleurs, le chant des insectes. 

 » Heureux celui des vivants sur la terre qui a vu ces choses  »
Je suis allée à Djémila, c’est vrai que le vent souffle sur le plateau.

« Dans cette grande confusion du vent et du soleil qui mêle aux ruines la lumière, quelque chose se forge qui donne à l’homme la mesure de son identité avec la solitude et le silence de la ville morte  »
Je suis allée à Laghouat lieu de tournage du film  » Chronique des années de braise « , 

j’ai visité Gardhaia, la vallée du M’Zab et ses villages fortifiés datant du Xème siècle qui semblent être restés intacts, Le Corbusier s’inspira de l’une des mosquées d’El Atteuf pour la très belle église de Ronchamp.
Et puis ce fut l’éblouissement du désert algérien, mais cela est une autre histoire.
« Quand une fois on a eu la chance d’aimer fortement, le vie se passe à chercher de nouveau cette ardeur et cette lumière. Le renoncement à la beauté et au bonheur sensuel qui lui est attaché, le service exclusif du malheur, demande une grandeur qui me manque. Mais après tout, rien n’est vrai qui cherche à exclure. « 

Voilà, en voyant ces mots sur l’image du billet vous pouvez comprendre tout ce qu’ils m’évoquent.

Barthes  écrivait dans ses  » Fragments d’un  discours amoureux « 
 » Le langage est une peau , je frotte mon langage contre l’autre, mon langage tremble de désir… « 

  

 

"Double je", Albert Camus

Rencontres…

Désert vent

J’ai fait une de ces rencontres avec un pays et un auteur.
Tout commence sur le quai d’une gare, un au revoir avec mon premier amour qui
s’avérera être 
un adieu définitif, destination vers un pays en guerre l’Algérie.
Je n’eus de cesse de connaître ce pays qui faisait partie inconsciemment de ma vie,
qui m’avait pris 
celui qu’on n’oublie pas car idéalisé.
Vingt ans plus tard je mis mon rêve à exécution, je partis vers ce pays qui me fascinait. 
J’avais tout lu sur la guerre d’Algérie, des chroniques, des romans, j’avais lu l’Etranger,
Noces et l’Eté de Camus, qui sont devenus des livres de chevet.
Quelque chose m’attirait vers ce pays, je voulais voir les endroits où mes lectures m’avaient transportée, j’avais un besoin viscéral de voir Tipasa. 

J’ai vu Tipasa au printemps, une émotion devant ce paysage sublime, des ruines romaines magnifiques. Ces pierres, la mer, le vent,  » ce grand libertinage de la nature et de la mer  » le mont Chenoua aux courbes douces, les odeurs de romarin en fleurs, le chant des insectes. 

 » Heureux celui des vivants sur la terre qui a vu ces choses  »
Je suis allée à Djémila, c’est vrai que le vent souffle sur le plateau.

« Dans cette grande confusion du vent et du soleil qui mêle aux ruines la lumière, quelque chose se forge qui donne à l’homme la mesure de son identité avec la solitude et le silence de la ville morte  »
Je suis allée à Laghouat lieu de tournage du film  » Chronique des années de braise « , 

j’ai visité Gardhaia, la vallée du M’Zab et ses villages fortifiés datant du Xème siècle qui semblent être restés intacts, Le Corbusier s’inspira de l’une des mosquées d’El Atteuf pour la très belle église de Ronchamp.
Et puis ce fut l’éblouissement du désert algérien, mais cela est une autre histoire.
« Quand une fois on a eu la chance d’aimer fortement, le vie se passe à chercher de nouveau cette ardeur et cette lumière. Le renoncement à la beauté et au bonheur sensuel qui lui est attaché, le service exclusif du malheur, demande une grandeur qui me manque. Mais après tout, rien n’est vrai qui cherche à exclure. « 

Voilà, en voyant ces mots sur l’image du billet vous pouvez comprendre tout ce qu’ils m’évoquent.
Barthes  écrivait dans ses  » Fragments d’un  discours amoureux « 
 » Le langage est une peau , je frotte mon langage contre l’autre, mon langage tremble de désir… « 

  

 

Albert Camus

Amitié solaire…

Char camus2222771688_f0447870fb_o

Enviable amitié , commune délicatesse.

« Un peu, où êtes-vous, cher Albert ?
J’ai la sensation cruelle, tout à coup, de vous avoir perdu. Le Temps se fait en forme de hache.
A quand ? »
(carte postale de René Char, le 14 septembre 1957).

Réponse de Camus :

« Plus je vieillis et plus je trouve qu’on ne peut vivre qu’avec les êtres qui vous libèrent, et qui vous aiment d’une affection aussi légère à porter que forte à éprouver. (…) C’est ainsi que je suis votre ami, j’aime votre bonheur, votre liberté, votre aventure en un mot, et je voudrais être pour vous le compagnon dont on est sûr, toujours. »
(17 septembre 1957).

Et  Char d’ajouter :

« Ils sont en si petit nombre ceux que nous aimons réellement et sans réserve, qui nous manquent et à qui nous savons manquer parfois, mystérieusement, si bien que les deux sensations, celle en soi et celle qu’on perçoit chez l’autre emporte même élancement et même souci … »
(septembre 1957).

Albert Camus, René Char ,
Correspondance 1946-1959
Gallimard

réflexions

Il n’y a pas de miracle…

 

Vitaleta-chapel

« Il n’y a pas de miracles, il y a réconciliation.
J’ai aimé les loups et ils m’ont donné leur tendresse.
J’ai aimé les arbres et ils m’ont donné leur ombre.
J’ai aimé les étoiles et elles m’ont donné leur éclat.
J’ai été gentil avec le feu et il l’a été avec moi.
Il n’y a pas de miracles. Plutôt, tout est miracle.
Le paradis se trouve dans le coeur, l’enfer aussi.
Pendant toute ma vie je n’ai fait qu’aimer.
Et le premier commandement de l’amour,
c’est laisser vivre ce qui est vivant, plus encore, tout ce qui existe.
Mais si tu n’as pas d’amour même la parole de Dieu est vide de Dieu. »

Saint François d’Assise

 

Photo « Chapelle Vitaleta » Toscane

Livres

Petit délire…

Livres 002Un jour » d’Eté sur les » terrasses à Rome« , ce « lieu-dit d’éternité » aux bruissements de « soie, » moi  » l’Etranger« ,le marin » je suis venu pour ces « Noces » « d’inspirations méditerranéennes » dans « la confusion des sentiments.
J’étais sur « les îles«  entre « délires et rêves« sur cette « terre des hommes » où « j’avoue que j’ai vécu ».
« Elle, par bonheur et toujours nue« ,avec une »folle allure« , « l’enchantement simple » » l’inespérée« , m’envoutait de mille « feux » me brûlant comme » la flamme d’une chandelle. »
« Fragments d’un discours amoureux, » « exploits d’un jeune don Juan « où « le désir,le « je ne sais quoi et le presque rien » dans » le journal du séducteur » se mèlaient « tel quel » à ces « nouriturres terrestres » où « Sappho l’égal des Dieux« , femme qui court avec les  loups« ,« enfant de Jocaste » me donnait l’envie d’écrire ces lettres de « l’alphabet » à « lou » mon « très haut amour ». 
Je me sentais à nouveau devenir « le petit prince » tout en écrivant  « l’éloge d’une soupçonnée » ainsi que » l’éloge de la vieillesse » avec tendresse, avec vulnérabilité.
Ce recueil de » vingt poèmes d’amour et une chanson  désespérée » reflet de cette « passion simple »  de ma « vie secrète«  par « le plaisir du texte » et mes lectures du désir.


Simple énoncé des titres des livres disposés sur l’étagère juste en face de moi au-dessus de mon bureau.
Si vous avez envie de jouer ,je vous propose de retrouver les auteurs   » des titres » avec lesquels j’ai écrit ce petit délire.

Valéry,Rilke, Bobin, Yourcenar, Kiergegaard, Goffette, Freud, Neruda, Barthes,
Saint-Ex, Apollinaire, Pierre Rey,Christiane Olivier, Clarissa Pinkola Estès, Quignard,Char, Dikinson, Camus, Grenier, Gide, Barrico,Ernaux,Zweig, Bachelard, Hesse, Pessoa, Pozzi,Jankélévitch…

Amusez-vous…
Bon début de semaine !