Albert Camus

*Mais là où rien n’est possible, la beauté l’est encore…

*Mais là où rien n’est possible,la beauté l’est encore….

Désert1
[…]Le désert est une terre de beauté, inutile et irremplacable. Les seuls moissons dont il se couvre sont de fleurs et non qu’un jour ou deux pour germer, gonfler et disparaître[…]
[…]Mais à vivre dans le désert, on apprend à recevoir du même cœur le dénuement et la profusion. L’éternité du monde est fugitive, la fleur d’un seul jour justifie à certains instants toute l’histoire des hommes. C’est là ce qu’enseigne le désert et, dès lors, on peut attendre l’aube où tout est réconcilié,
la pluie soudaine et brève où, selon Valery , l’on se jette à genoux.
On attend, aussi longtemps qu’il le faut, et un jour le rendez-vous est pris, l’aube et la pluie sont là.
Il est bien vrai que, malgré leur violence, orages et torrents passent sur le désert comme l’ombre d’un nuage à la surface des grands océans. Sur l’immensité desséchée, ils laissent seulement une rosée rapide et insuffisante. Et cependant, à certaines saisons du moins, cette rosée suffit pour qu’ une nuit sables et pierres disparaissent sous les fleurs. L’eau mouille fugitivement l’écorce de la steppe jaune et le lendemain une mer éclatante y roule ses courtes crinières fleuries.[…]

*Albert Camus in, Désert vivant, Pluies et floraisons
(ouvrage collectif sur la faune et la flore du désert
Éditions photographiques Disney, France 1954).

 

photo empruntée sur la toile auteur ?

2 réflexions au sujet de “*Mais là où rien n’est possible, la beauté l’est encore…”

  1. comme je suis heureuse de vous retrouver tous les deux ……
    pour vous ces quelques mots
    « les mots savent de nous des choses que nous ignorons » réné char
    je vous embrasse en poussière d’étoiles ** ***

    @Hélène

    Surprise et contente de vous lire ici…
    Les mots de René Char sont gravés dans la mémoire de ce blog depuis les débuts de celui-ci.
    Merci pour vos mots et à mon tout je vous embrasse ** ***

    je vous souhaite une bonne semaine !

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  2. Folie de grimper la montagne et d’en redescendre pour se retrouver fatigué au même point ?
    Peut être ….mais celui qui est redescendu n’est plus le même !

    Et sur ce chemin , qui ne conduit peut être à nulle part, il a progressé , heureux de se découvrir, autre et meilleur….

    Le désert est grand mais il n’y a pas que des dunes !
    Il y a aussi des raidillons pénibles mais dont on sait qu’ils sont aussi le désert et qu’ils conduisent au désert : passages obligés vers l’immensité ….

    Relire Pierre Benoît et se demander qui est …. » Immensité . !
    Bon vent…

    @ Amx

    Heureuse de vous lire ce matin ici !
    Mes livres de Pierre Benoît ont été emportés dans les eaux de l’inondation de mon s/sol, lequel vais-je choisir et relire en premier, une piste , aidez-moi, l’Atlantide ? qui me fait penser à Tin-Hinan, (celle qui vient de loin),qui se nomme Antinéa dans l’Atlantide, Reine de légende, son mystère reste entier et me fascine.
    Immensité:
    Chacun de nous n’est’il pas le confluent d’une éternité et d’une immensité ?
    Il est des bonheurs tragiques …
    Bon vent …
    celui qui invente des figures magiques sur les bandes de sable …

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