Ecrire

Rue de Rivoli…

Rue de Rivoli…

Rue de rivoli

– « Vous viendriez ? »
Elle n’était plus dans la sérénité ; ses phrases courtes le trahissaient !
– « Est-ce vraiment nécessaire ? »
Les mails s’échangeaient, plus rapides que des battements d’aile
-« J’ai besoin de savoir ! »
– L’endroit du rendez-vous lui était venu spontanément, éclatement d’une bulle de mémoire,
une vieille photo qu’il aimait- …
– « Là ? A cette heure ? Je vous reconnaîtrais ? »
– « Vous ne m’imaginez donc pas assez ? »
– « Je ne veux pas qu’on se perde ! J’aurai un portable ! »
– « C’est contre notre règle du jeu ! »
-« Au cas où ! … ce ne sera pas le mien …, je connais un numéro…, je l’emprunterai… »
– Il mémorisa les 10 chiffres, mot certifié sans homonyme,  cette invention humaine,  nouvelle déclinaison du chapelet….  Pour de nouvelles prières !!!
Mais maintenant il marchait ,  fébrilement , conscient de l’inéluctable, sa serviette á la main, avec cet air somptueusement préoccupé , emprunté d’un ministre se précipitant  un mercredi au Perron, avec 6 kilos de dossiers sous le bras !
« Manquent les flashs !! » se prit il à  sourire !
Feu !!! Vise le cœur soldat !..
Soulagement, dit on, du fugitif cerné qui sait qu’il n’aura plus à se masquer !…
Il vit distinctement cette jeune femme, ouvrant fébrilement son sac,…
Angoisse d’un appel manqué ?  Pire ?
« Appelant inconnu » !  Sans recours aucun !
« Ils sont plus de 2000 … !!! : Brel !  prophétique !…. »
Belle, jeune, splendidement belle et  pure !
Et cette tragique, cette évidente promesse de larmes…
Et déjà le cœur qui saigne, qui rue, chamade désespérée
Alors qu’il la croise et s’engouffre vers la Rue de Rivoli !
Alors qu’au fond de la poche sa main moite se détend,
et relâche le bouton d’appel du portable….
Pour changer,
exercice d’écriture d’un ami, retrouvé dans ma boîte à malices !