Livres

Eloge du transat…

Eloge du transat…

06 06 2013 007

Mon transat …
Fier symbole d’une existence où la lenteur le dispute à la réflexion, où la paresse se fait éveillée et l’ennui fécond.
Chaise longue, transat, peu importe, instruments de connaissance, indispensable adjuvant d’une sagesse douce, humble, écolo et accessible.
Le transat, force est de le reconnaître, n’a pas l’esprit d’entreprise, pas plus que le tempérament ouvrier. Il n’est pas adapté aux travaux de force, à l’étude, au commerce ou aux ouvrages de précision.
Il est outil contestataire, instrument révolutionnaire : c’est avec un naturel déconcertant que sur un transat on boude la société de consommation et que l’on se moque, avec une pointe de pitié amusée, les pressés de tout. Puisque qu’on ne fait rien sur un transat, cela laisse le temps pour le reste. Et le reste ne manque pas : on réfléchit beaucoup sur une chaise longue, on imagine, on rêvasse. On y échafaude, on y bâtit sur de solides fondations des châteaux en Espagne, en Italie, où ailleurs, on y conçoit des stratégies, on y griffonne des incipit, on y peaufine des théories, on y tire des plans sur la comète, on y volette, tranquille, de planète en planète, sans quitter pour ma part l’ombre des arbres du jardin et le bord de la piscine.
Je le pratique avec assiduité ce précaire assemblage de toile et de bois qui dispense de multiples bienfaits,à commencer par celui-ci, essentiel ,le repos de l’âme et du corps.
Incarnation d’un idéal, prendre son temps sans peur de le perdre, sans soucis de rendement ou d’efficacité, navigation à vue sur des océans de paresse.
Et si il y a plus de philosophie dans un transat que de transats chez les philosophes, eux qui qualifieraient volontiers cette incursion dans leur pré carré de pitrerie estivale,ce n’est certainement pas ma chaise longue qui est ici à blâmer.

 

Inspiré librement d’une lecture de vacances
 » Petit éloge du transat  » de Vanessa Postec