"Double je"

Tout prendre, quand il est encore temps…

Tout prendre, quand il est encore temps…

 

Goûter le soleil qui transperce l’opacité au travers d’une façade palladienne, se remplir de Schubertiades, caresser Maillol en s’ illuminant de Matisse, se regarder dans les Menines, tirer les rideaux avec Balthus, mettre du persil avec le foie gras et laissez craquer le caviar rond et vert sur la langue, laisser Rilke se répandre sur les murs blancs, courir dans les greniers avec le Grand Meaulnes, reprendre la main d’Anna Karenine en lui fredonnant « la ci darem la mano »  dans une chambre bleue et or de Bernard Faucon, reprendre souffle dans les lavandes de Sénanque en rêvant des roses des îles Borromées , présumer de la victoire du jour aux senteurs naissantes des sous-bois embrumés de Chenonceau, laissez entrer doucement la lumière du Tintoret en écoutant la Pastorale de JSB ,
reprendre du fromage, il reste du vin !

Paysage gruissanais

Ce texte n’est pas récent, il figure sur mon blog, mais en le relisant, et avec l’association de quelques lignes de Jean Grenier extraites de  « Les Iles Borromées » j’ai repris souffle.

«  Puisqu’il m’est impossible de vivre le long des rocailles et des balustres du lac Majeur,que je fasse
en sorte de leur trouver de glorieux substituts !
Quoi donc ? Et bien, il me semble que, partout où ils se trouveront, le soleil, la mer et les fleurs seront pour moi les îles Borromées ; qu’un mur de pierres sèches, défense si fragile et si humaine suffira toujours pour m’isoler, et deux cyprès au seuil d’un mas pour m’accueillir…
Une poignée de main, un signe d’intelligence, un regard… Voilà qu’elles seront __si proches, si cruellement proches __ mes îles Borromées. »

 

(Paysage gruissannais JP A. )

"Double je"

Grande parenthèse…

Grande parenthèse…

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Aout2005 Corse 044 Aout Corse 082 copie Chamonix yvoire l'ill 018  Piscine Vacances Provence  Salade Mojito
J’aime ces journées d’été, ces moments qui s’étirent dans une élasticité du relâchement .
Ces journées comme une grande parenthèse,un soupir, une page blanche.
Oublier les jours, les heures, les rendez-vous, quitter la course folle, appuyer sur pause,
l’esprit vide, l’œil aux aguets.
Faire provision de soleil, de temps,place à la douceur de vivre, sortir du cadre, savourer.
Un brin de couleur dans le décor, les bleus du ciel et de la mer, du rouge et du vert dans
l’assiette,la fraîcheur d’une fontaine, un plouf dans la piscine.
L’été est là et avec lui son cortège de plaisirs simples.
Le regard  s’ouvre, s’enhardit, prend de l’ampleur  et embrasse le monde alentour,
entraînant l’ esprit à vagabonder vers des contrées oubliées, faisant du hors piste,
enchaînant les pensées, des plus futiles aux plus profondes, sans but, sans entrave,
sans interdit.L’esprit s’étire, s’aère, se régénère, viennent alors les idées, les envies,
l’arrivée tant attendue dans le champs des possibles.
Et, si nous n’avons pas par blogs interposés les odeurs d’été, celle de la crème à bronzer,
des embruns sur la peau, nous avons nos mots, nos sourires, toute la générosité que l’on peut.
poésie

Mes bleus…

Mes bleus…

04 2012 vacances printemps 056  04 avril 2013 théoule 005
Septembre 2011 015 06 2010  escapade aloes 092
Nuages 011 Ciel d'orage 1

Portes sur la mer

Compose avec ce bleu.

Cette histoire t’appartient.
Tu ne pourras jamais te défaire de tout le vague qui s’accumule en toi : tu t’y emploieras, c’est assez.
Dresse-toi sur tes faiblesses autant que sur tes forces : ne résiste pas à celui que tu es.
Sache reconnaître combien le ciel est pauvre tandis que la terre mélange la misère à la beauté.
Dans les yeux de tes semblables, l’infini n’est jamais monotone.
Tes limites sont certaines : fais en sorte qu’elles soient vraiment tiennes.
Ne fais pas de l’oubli un mauvais usage.
Garde en réserve de l’espérance pour les heures de disette : il te faudra quelque jour rendre des comptes.

Jean-Michel Maulpoix
In, « Une histoire de bleu » page 94
Poésie /Gallimard

 

Une histoire de bleu.
Quelques images de mes escapades en bleu dans les terres que j’aime, celles de Valéry, de Camus,celles de l’enfance, celles de Provence, du Luberon, celles des orages, des soirées d’été et des rêves.

"Double je"

Volets entrouverts…

Volets entrouverts…

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Le monde est un vaste pays inconnu que l’on contemple depuis les terrasses.
On choisit les chambres avec vue, celles qui donnent sur la mer, même si l’on sait que la mer ne se donne pas. On l’entend crier derrière les volets : elle est la gorge de la nuit, la voix qui ne parle pas, la récitation muette des lointains, la causerie assourdie du silence, une belle alliance de mot posée comme un emplâtre sur le vide de la langue…

Elle ne dit rien, ne délivre pas de leçon. Et pourtant il convient d’y prêter l’oreille. Ecouter ce bruit vide n’est que vivre et se tenir en soi : habiter sa propre pâleur, avec ce curieux désirs de couleurs qui démange, qui agace, ce goût de sucre que laissent dans la bouche certains mots.

L’infini nous colle aux paupières et nous fait un visage enfariné de clown.

 

Jean-Michel Maulpoix, in « Une histoire de bleu »

Poésie/Gallimard

 

La mer est un livre d’images,me voilà en pleine rêverie, j’y suis…
Et pourtant je ne la verrai pas cet été…
Ce blog durant la période estivale va prendre un peu le large pour ne pas s’essouffler.
La publication des billets sera très irrégulière.

Je vous souhaite à tous un bel été !

crédit photo Eric Poindron
"Double je"

Une histoire entre moi et moi…

Une histoire entre moi et moi…

01 07 2013 021

Clin d’œil  souriant à ce  temps de vacances, celui de l’Eté et ses noces de soleil,où il est bon d’aller de livre en livre,de butiner de page en page les livres que j’ai aimé lire, qui ont été source d’inspirations souvent méditerranéennes, de me laisser uniquement guider par le plaisir des images suggérés, des parfums, de la musique des mots , feux d’artifice d’une histoire sans fin comme le verbe aimer.
Aimer quelqu’un, c’est le lire…

 

« J’apprenais qu’il y avait en moi un été invincible »
Albert Camus

Avec l’aimable participation de:
Albert Camus
Jean Grenier
Marguerite Yourcenar
Gilles A. Tiberghien