Albert Camus

Mots de l’amitié…

Mots de l’amitié…

 

 

Fontaine-de-vaucluse

 » Le paysage comme l’amitié,
est notre rivière souterraine.
Paysage sans pays  »

René Char.

Quelques fragments, bribes, traces, de la correspondance  entre Albert Camus et René Char.
Des mots de l’amitié, amitié profonde, forte, complice, entre les deux hommes qui aimaient la lumière du Sud, et qui n’a pris fin qu’avec la mort de Camus le 4 janvier 1960
.

 » Avec celui que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n’est pas le silence  » (Char)

« De toujours à toujours… »
( René Char à Albert Camus le 27 décembre 1953)

Point de départ, point d’arrivée, comment  dire autrement que par la répétition de ce bel adverbe la permanence d’une amitié et une fidélité à l’autre qui est aussi fidélité à soi !

 » J’ai été triste de vous voir partir. Je vous le dis.
Il est des rencontres fertiles qui valent bien des aurores  »  René Char à Camus (4 octobre 1947)

« C’est pourquoi il faut bien s’appuyer sur l’ami , quand il sait et comprend , et qu’il marche lui-même du même pas.  » Camus à Char (21 juillet 1956)

« Ils sont en si petit nombre ceux que nous aimons réellement et sans réserve, qui nous manquent et à qui nous savons manquer parfois, mystérieusement, si bien que les deux sensations, celle en soi et celle qu’on perçoit chez l’autre apportent même élancement et même souci… »( Char 1957)


Correspondance, 1946-1959
Albert Camus, René Char
présentation et notes de Franck Planeille,
Gallimard, 2007

photo Fontaine- de- Vaucluse

poésie

Nous sommes la question et la réponse…

Nous sommes la question et la réponse…

Portes du désert93bd74821e0ef8af3b346098fc187adc

Nous sommes la question
qui n’appelle pas de réponse
nous sommes la question et la réponse
lorsqu’elles ne font qu’un

…qu’une parole en nous hésite à se dire
nous atteignons le plus intime de la solitude

nous sommes le pas et la marche
le chemin et la voie
et l’ultime seuil que nous franchirons

nous sommes le lieu où finit le monde
celui où il commence…

Amina Saïd

La douleur des seuils (extrait)

Pour Vous, pour moi, chaque épreuve est un seuil à passer, une source de perte, le  prix à payer pour aller un peu plus loin sur la route, un peu plus au fond de soi, là où il nous faut trouver les mots pour vivre, pour aller sans faillir sur un chemin de lumière.

 

crédit photo : Christian Borawski
Jordanie, château du désert
Qasr Al_Azraq

paul Valéry

« Les choses nous parlent à leur façon…parfois chantent… »

« Les choses nous parlent à leur façon…parfois chantent… »

Nuages1001158_369112676544693_506953720_n

Il y a pour chaque homme,
un nuage qui commencer par une vapeur transparente
et s’épaissit rapidement devant sa vue de son avenir.

Ce nuage est commun à tous.
Il est comme tous les nuages de la couleur de l’heure même.

Paul Valéry , Poésie perdue:
Les poèmes en prose des Cahiers
Poésie/ Gallimard

*titre Paul Valéry
crédit photo Philippe Charpentier

"Double je"

Pincement de bonheur…

Pincement de bonheur…

Un petit pincement de bonheur en lisant ce bel hymne à la mer  ici
qui me touche et dans lequel je me retrouve.
En écho ce billet ancien toujours d’actualité et que je ne saurais mieux écrire aujourd’hui.
Ne cherchez pas où se situera ma prochaine escapade…les vacances approchent !
06 2010  escapade cavalaire 103

Quand venait l’heure d’aller vers le Sud j’en avais des pincements de bonheur. J’allais retrouver les criques, les poulpes, les oursins, les étoiles de mer, les pinèdes au-dessus des rochers, les aloès, je souhaitais que l’été ne finisse jamais.
Le rituel se répétait chaque année, nécessaire et délicieux, le voyage commençait à la tombée de la nuit dans ce train qui traversait la France pour aller droit vers la mer, terminus Saint-Raphaël.
Je me rends compte que mon amour pour la mer n’a été qu’une suite de retours et de voyages du bout des terres.
Cet espace rêvé, une géographie sentimentale dont la vraie puissance tient à ce que je n’y sois pas toujours. Il y a un secret, nous nous faisons tous une image, celle qui continue à être le secret d’un rêve qui confronte opulence et sècheresse, mesure et démesure, bonheur et tragédie.
Scintillement de ses légendes, nostalgie d’un paradis d’enfance où j’ai été heureuse sans savoir exactement pourquoi, ni comment, sauf à tenter de décrire la chambre que j’occupais, la plage où je jouais, la vue de la terrasse, l’heure la plus favorable, les parfums, le passage des ombres sur les murs, la mer toute proche et la chaleur des journées conservée dans la pierre, la nuit venue.
De cette mer Méditerranée, de ce pays intime, de cette rencontre avec soi, dans la lumière du soleil, dans le jeu des vagues, miroir de l’âme, de l’imaginaire et de l’inconscient, mes pincements de bonheur sont toujours présents quand je la retrouve cette mer !

 

 

humour

Difficile de résister…

Difficile de résister…

Cerises bernard royo

La tentation est trop forte pour ne pas les caresser du regard, avant de les goûter avec volupté.
Elles sont là bien en évidence revêtues de leur robe rouge carmin, rondes, juteuses, sucrées .
Elles rappellent qu’il est bien court le temps des cerises, ce temps coquin, ce temps plaisir
et que l’amour est cerise.
Alors avec passion j’ai croqué dans les premières cerises de la saison.
C’était vendredi en faisant mon marché .

« Après le dîner, (…) pour tenir notre appétit en haleine nous allâmes dans le verger achever notre dessert avec des cerises. Je montai sur l’arbre et je leur en jetais des bouquets dont elles me rendaient les noyaux à travers les branches. Une fois Mademoiselle Galley avançant son tablier et reculant la tête se présentait si bien, et je visai si juste, que je lui fis tomber un bouquet dans le sein; et de rire. Je me disais en moi-même: que mes lèvres ne sont-elles des cerises! »
Jean- Jacques Rousseau in, Confessions.

Cerise patricia

Bon début de semaine sous le signe de la tentation.

crédit photos:
Bernard Royo
Patricia Méaille