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Beautés météorologiques…

Beautés météorologiques…

Hommage à Eugène Boudin

Hommage à eugène boudin hamilton 1987 37_652408084773094_199643357_nDavid Hamilton, Cabourg 1987

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Eugène Boudin « Dame en blanc » 1869

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Nuages, magies de l’air et de l’eau, poésie, majesté, évanescence…

« J’ai vu récemment chez M.Boudin plusieurs centaines d’études au pastel, improvisées en face de la mer et du ciel […] Ces études si fidèlement croquées, d’après ce qu’il y a de plus inconstant, de plus insaisissable dans sa force et dans sa couleur, d’après des vagues et des nuages […].
Si vous avez eu quelques fois le loisir de faire connaissance avec ces beautés météorologiques,
vous pourriez vérifier par mémoire l’exactitude des observations de M. Boudin.
Vous devineriez la saison, l’heure et le vent. Je n’exagère rien, j’ai vu.
A la fin, tous ces nuages aux formes fantastiques et lumineuses, ces ténèbres chaotiques,
ces immensités vertes et roses suspendues et ajoutées les unes aux autres, ces fournaises béantes, ces firmaments de satin noir et violet, fripé, roulé ou déchiré, ces horizons en deuil ou ruisselants de métal fondu, toutes ces profondeurs, toutes ces splendeurs me montèrent au cerveau
. »

Charles Baudelaire
1859 critique d’art

 

poésie

Convalescence du bleu après l’averse…

Convalescence du bleu après l’averse…

Iris photo chris golson

Un rayon de soleil bien que timide me renvoie en pensée à cette Provence
que j’aime tant ,à ce jour où sur les traces de Van Gogh à Saint Rémy,
je pensais à cette toile qu’il a peinte en arrivant dans ce lieu.

Iris van gogh

Le ciel se recolore…
On dirait que le paysage est tout éclaboussé de croyance.

On voudrait jardiner ce bleu, puis le recueillir avec des gestes lents dans un tablier de toile ou une corbeille d’osier. Disposer le ciel en bouquets, égrener ses parfums, tenir quelques heures la beauté contre soi et se réconcilier.

On voudrait, on regarde, on sait qu’on ne peut en faire plus et qu’il suffit de rester là, debout dans la lumière dépourvus de gestes et de mots, avec ce désir d’amour un peu bête dont le paysage n’a que faire, mais dont on croit savoir qu’il ne s’enfièvre pas pour rien, puisque l’amour est présicément notre tâche, notre devoir, quand bien même serait-il aussi frêle que ces gouttes d’eau d’après l’averse tombant dans l’herbe du jardin.

Jean- Pierre Maulpoix, in « Une histoire de bleu »
Poésie/ Gallimard

crédit photos :
Chris Golson
Vincent Van Gogh « Les Iris » 1889

Livres

Je m’écris peut-être à moi-même…


 » … Et je ne sais pas bien pourquoi j’écris.
J’ai grand besoin d’une amitié à qui confier les petites choses qui m’arrivent.
Avec qui partager.
Je ne sais plus pourquoi je vous choisis. Vous êtes si étrangère.
Mon papier me renvoie mes phrases…
J’écris une lettre tout doucement, pour réveiller, sans trop y croire.
Je m’écris peut-être à moi-même… »

Antoine de Saint-Exupéry
in « Lettres de jeunesse à l’amie inventée »

crédit photo « Chic Provence »

humour

Passion respectable…

Passion respectable…

Gourmandise

Ces gourmandises qui font signes dans la vitrine
sont une invitation à la tentation
surtout en ces temps de blues.
Alléchante invitation à goûter ce jardin de délices.
Passion respectable, attisant les envies les plus osées.
Croquer à belles dents ces gourmandises vertueuses au goût de fête.
Les savourer comme des câlins gourmands, des baisers fougueux.
Pour le plaisir !

crédit photo « Chic Provence »

Ecrire

Je te dirai les mots bleus…

Je te dirai les mots bleus…

 

Note bleue

Une portée qui ondule au fil du temps.
La mesure est le blues…
Quand ça va, quand ça va pas, quand les images se bousculent, trop de questions, trop de mots, de soupirs, de non-dits.
Trop ou pas assez.
La mesure est le blues….
La musique  ponctue mes matins et mes soirs, mes saisons.
Elle y met le rythme et le temps, elle dit sans rien dire…sans mots, elle est révélation.
La mesure est le blues.Elle est mots de l’âme entre caresse et tristesse, entre chaud et froid, elle est eau et terre, feu et air.
Langue universelle, elle n’a d’autre sujet que le corps traversé par les désirs et les pulsions.
La mesure est le blues….
Tout est musique, un tableau, un livre, un voyage, un paysage, il suffit d’entendre leur musique, elle seule peut aussi parler de la mort, elle a cette force d’accentuer les moments importants de la  vie, elle double la vie.
Note bleue, silence, lien.
La mesure est le blues…

« Je lui dirai les mots bleus
les mots qu’on dit avec les yeux
Je lui dirai tous les mots bleus… »

Livres

Gatsby…

04 avril 2013 théoule 076

[…]Le murmure des arbres aujourd’hui disparus, ceux qu’il avait fallu abattre pour construire la maison de Gatsby, avait alors encouragé le dernier et le plus important de tous les rêves humains. Pendant un instant fugitif et miraculeux, l’homme avait retenu son souffle en découvrant ce continent, envahi par un sentiment de beauté harmonieuse qu’il ne comprenait pas et qu’il n’attendait pas, confronté pour la dernière fois de son histoire à quelque chose qui pouvait être à la mesure de son émerveillement.
Et pendant que j’étais assis là, rêvant à cet ancien monde inconnu, j’ai pensé à Gatsby , à ce qu’il avait dû éprouver en apercevant pour la première fois la petite lumière verte à la pointe de la jetée de Daisy. Il venait de parcourir un long chemin jusqu’à ce jardin enchanté et son rêve avait dû lui sembler si réel qu’il ne pouvait plus manquer de l’atteindre. Il ne savait pas que ce rêve était déjà derrière lui, perdu dans cette obscurité d’au-delà de la ville, où les sombres espaces de notre Nation se perdent à travers la nuit.
Gatsby avait foi en cette lumière verte, en cet avenir orgastique qui chaque année recule devant nous. Pour le moment, il nous échappe. Mais c’est sans importance. Demain, nous courrons plus vite, nous tendrons les bras plus avant… Et, un beau matin…
Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulés sans fin vers notre passé.

F. Scott Fitzgerald , in  » Gatsby le Magnifique »
Poche 900 pages 230/231

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F.Scott Fitzgerald écrivit Gatsby  ainsi que Tendre est la nuit sur la côte d’Azur ,
non loin de là au Cap d’Antibes
Photos:
Villa et jardin Ephrussi -Rothschild,Saint Jean Cap Ferrat

Ecrire

Cinéma…

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Elle vient pour la première fois dans cette ville, c’est un vieux rêve qu’elle est en train de réaliser. Combien de fois a-t-elle fantasmé devant ces créatures divines en feuilletant des magazines.
Ce matin, elle arrive en gare de Cannes, fait quelques pas, éblouie par la luminosité du ciel, et tout naturellement elle se dirige vers l’endroit mythique, les marches du Palais des festivals.

Son premier…
Elle ne veut rien manquer du spectacle, elle sait qu’il faut être patiente, alors elle s’installe contre les barrières, celles qui font barrage entre les badauds et l’élite du cinéma.
Elle se dit qu’en définitive cela ne lui ressemble guère…
Qu’est-elle venue chercher dans ce cirque où les humains déguisés en clowns, le plus souvent tristes, font des sourires, des signes de la main, comme s’ils étaient réellement humains.
Mais en réalité, ils ne sont là que pour se montrer, exhiber des robes de rêve, paillettes, glamour,
bijoux prêtés, tous ces faux-semblants pour quelques milliers d’euros de plus sur leur compte en banque. Sourire béat aux photographes alignés comme des pingouins dans leurs smokings pour la plupart d’entre eux, loués.

Et si son rêve à elle c’était autre chose…
Juste le plaisir de voir la mer, de fouler le sable fin, de se griser du bruit des vagues…
L’heure approche, la foule est de plus en plus dense, de plus en plus bruyante, hystérique.
Et voilà le spectacle commence, la montée des marches.
Alors n’en pouvant plus, comprenant que son amour pour le cinéma c’est autre chose, elle s’enfuit
en se frayant un passage dans la foule et se dirige vers la mer…
crédit photo « Les InRocks »