brèves

Changement d’adresse de blog…

Bonjour,

C’est avec une certaine tristesse que je me vois dans l’obligation de changer de lieu pour mon blog. J’étais très attachée à celui-ci, j’y ai passé de nombreuses heures, j’ai aimé nos échanges, nos rencontres.
Mes réclamations auprès de mon hébergeur « Le Monde » étant sans effet à ce jour il m’est devenu difficile  de continuer d’écrire mes billets, de mettre un lien, une photo, sans oublier toutes les autres difficultés, comme celle d’exporter mon blog . Je vais m’armer de patience et essayer de remettre tous les anciens billets sur le nouveau site.

Voilà, une page se tourne, un nouveau chapitre va s’écrire ici, chez Typepad,
« Ludecrit » étant synonyme de ludique écriture, « double je » pour la continuité.
La nouvelle adresse:

http://ludecrit.typepad.fr/double_je_entre_ombre_et_/

J’aurai grand plaisir à vous retrouver dans ce nouveau cadre.
A bientôt !

Elisanne

humour

Se faire tirer le portrait…

Comment ne pas  alors que du côté du blog il m’est impossible d’insérer une image dans mon billet, parler de photos.
L’embarras, c’est parfois simple comme une question: vous avez une photo d’identité? Début des soucis.
Qui est particulièrement fier de son portrait sur la carte d’identité ?
Un cliché de soi qu’on aime  ça n’arrive jamais. Ou alors à quelqu’un d’autre.
Pour les portraits ridicules, là pas de problème.
Tout fond de tiroir déborde de vignettes où l’on sourit béatement.
Sûr qu’on ne doit pas s’ennuyer, dans certaines administrations.
Y défilent à longueur de journée, pour nécessité de service, des galeries entières
de mines renfrognées, de minois épatés et de trombines comme prises sur le fait.
Un ethnologue en ferait sans doute son miel, et avec un peu d’encouragement des centaines de pages  sur  » l’angoisse clinique du sujet au moment du déclic ».
Rien sans doute n’est plus redoutable que l’image de soi.
Surtout lorsqu’il faut la donner à autrui.
Avec les années la technique du photomaton a peut-être changé. Pas sa fonction.
Cette boîte à portrait agit toujours comme un révélateur.
A destination des autres, officiellement.
De soi-même aussi.
Tout ça pour quelques euros. A ce prix-là paradoxalement, il n’y a pas tellement photo,
ni de miracle: on n’a droit qu’à un très étriqué début d’identité.

Depuis peu pourtant des cabines de luxe, photomatons signés  » Studio Harcourt  » permettent de se faire tirer le portrait presque comme une star. Il paraît que l’on est presque bluffé par la qualité du cliché en noir et blanc, l’éclairage faisant ressortir les contrastes et la peau paraissant lisse dans ce halo. De plus il semblerait que cela soit très efficace pour les ménagères de 50 ans et +, reste à trouver les bonnes poses de star !
Il paraîtrait que  : « Cela s’inscrit dans une tendance bien contemporaine. L’individu souhaite lui-même être une star et avoir son moment de gloire. En se faisant photographier, pour un prix très abordable, tous peuvent accéder à ce rêve ».

Là, j’angoisse vraiment !

cinéma théâtre, humour

Lysistrata……

La source des femmes…

Je ne vais pas parler du film que je n’ai pas encore vu, mais du thème du film à savoir la grève de l’amour. D’autres femmes ont usé de cette arme redoutable depuis des millénaires.
Aristophane nous parle d’une ces pionnières ,de sa révolte, de son stratagème et de sa réussite face à la guerre, Lysistrata .

(je voulais l’illustrer par un dessin de Picasso, mais impossible d’insérer quoi que ce soit aujourd’hui)

L’histoire :

Lysistrata réunit sur la voie d’accès menant à l’Acropole ses amies athéniennes. Elle confie à la Victoire son dessein de mettre fin à la terrible guerre qui ravage le monde grec grâce à l’intervention des femmes.  Après l’arrivée de la spartiate Dora, Lysistrata dévoile son projet : les femmes barricadées sur l’Acropole feront la grève de l’amour. Les maris, face à une telle situation, ne pourront que déposer les armes. Les femmes acceptent et prêtent serment.

LYSISTRATA. – Eh bien, je vais parler ; je ne dois plus vous en faire un mystère. O femmes ! si nous voulons forcer les hommes à faire la paix, il faut nous abstenir…

MYRRHINE. – Lysistrata, par quel serment vas-tu donc nous engager ?

LYSISTRATA. – Je vais te le dire, si tu veux. Plaçons là une grande coupe noire :
immolons dedans une amphore de vin de Thasos, et jurons de n’y mettre jamais d’eau.
LAMPITO. – Ah ! le beau serment ! je ne saurais dire à quel point je l’approuve.
LYSISTRATA. – Qu’on apporte une coupe et une amphore.
CALONICE. – O chères amies, quelle énorme cruche ! Comme cette coupe va répandre la joie !…
LYSISTRATA. – Pose-la, et mets la main sur la victime. Persuasion souveraine, et toi, coupe de l’amitié, recevez ce sacrifice, et soyez favorables aux vœux des femmes!
MYRRHINE. Quel beau sang ! Que la couleur en est vermeille !
LAMPITO. – Par Castor, il a un bouquet délicieux.

LYSISTRATA.- O femmes, laissez-moi jurer la première !
MYRRHINE. – Non, par Vénus ! il faut tirer au sort .

LYSISTRATA. – Lampito, et vous autres, mettez toutes la main sur la coupe, et qu’une seule répète en votre nom ce que je vais dire ; vous ferez le même serment, et vous vous obligerez à l’observer : Aucun amant ni aucun époux…
MYRRHINE. – « Aucun amant ni aucun époux… »

LYSISTRATA. – Ne pourra m’approcher… Répète.
MYRRHINE. – « Ne pourra m’approcher… »
Ah ! mes genoux fléchissent Lysistrata !

LYSISTRATA. – Je mènerai chez moi une vie chaste…
MYRRHINE. « Je mènerai chez moi une vie chaste… »

LYSISTRATA. – Vêtue de robe légère, et parée…
MYRRHINE. – « Vêtue de robe légère, et parée… »

LYSISTRATA. – Afin d’exciter les désirs de mon époux.
MYRRHINE. – « Afin d’exciter les désirs de mon époux. »

LYSISTRATA. – Jamais je ne m’y prêterai de bon gré.
MYRRHINE.- « Jamais je ne m’y prêterai de bon gré. »

LYSISTRATA. – Et s’il me prend de force…
MYRRHINE. – « Et s’il me prend de force… »

LYSISTRATA. – Je ne ferai rien que de mauvaise grâce et avec froideur.
MYRRHINE. – « Je ne ferai rien que de mauvaise grâce et avec froideur. »

LYSISTRATA. – Je n’élèverai pas mes pieds au plafond.
MYRRHINE. – « Je n’élèverai pas mes pieds au plafond. »

LYSISTRATA. – Je ne m’accroupirai pas comme la figure de lionne qu’on met sur les manches de couteau.
MYRRHINE. – « Je ne m’accroupirai pas comme la figure de lionne qu’on met sur les manches de couteau. »

LYSISTRATA. – Puissé-je boire de ce vin, si je reste fidèle à mon serment !
MYRRHINE. – « Puissé-je boire de ce vin, si je reste fidèle à mon serment ! »

LYSISTRATA. – Si je l’enfreins, que cette coupe se remplisse d’eau !
MYRRHINE. – « Si je l’enfreins, que cette coupe se remplisse d’eau ! »

LYSISTRATA. – Le jurez-vous toutes ?

CALONICE. – Oui, nous le jurons.

LYSISTRATA. – Je vais donc sacrifier la victime.

Elle boit.

(dès que je peux je vous mets le lien vers la pièce)

 

 

 

Livres, réflexions

Plénitude…

 […]Une fois de plus, j’ai côtoyé une vérité que je n’ai pas comprise.
Je me suis cru perdu, j’ai cru toucher le fond du désespoir et,
une fois le renoncement accepté, j’ai connu la paix.
Il semble à ces heures-là que l’on se découvre soi-même
et que l’on devienne son propre ami.
Plus rien ne saurait prévaloir contre un sentiment de plénitude qui satisfait en nous
je ne sais quel besoin essentiel que nous ne connaissions pas[…]

[…]L’essentiel, nous ne savons pas le prévoir[…]

[…]Que savons-nous, sinon qu’il est des conditions inconnues qui nous fertilisent ?
Où loge la vérité de l’homme ?
La vérité, ce n’est point ce qui se démontre. Si dans ce terrain, et non dans un autre,
les orangers développent de solides racines, et se chargent de fruits,
ce terrain-là c’est la vérité des orangers.
Si cette religion, si cette culture, si cette échelle des valeurs,
si cette forme d’activité et non telles autres, favorisent chez l’homme cette plénitude, délivrent en lui un grand seigneur qui s’ignorait, c’est que cette échelle des valeurs,
cette culture, cette forme d’activité, sont la vérité de l’homme.
La logique ?
Qu’elle se débrouille pour rendre compte de la vie[…]

Antoine de Saint-Exupéry , in Terre des hommes
p, 158/159 folio 21

peinture...photographie...art...

Couleurs de novembre…

Gauguin « La sieste » 1891/1892

Inversons la tendance, décrétons que Novembre est un beau mois.
Aimons le gris, habillons de couleurs ces jours qui se font courts.
A nous de savoir saisir la lumière qui se dégage de ce gris qui en réalité
est une somme de couleurs subtiles et riches.
A l’image de ce tableau lumineux de Gauguin,
j’aime à imaginer en ce jour de Toussaint, mes chers disparus,
savourant une longue sieste au paradis.