"Double je"

Passeur…

Il est cinq heures…

Nuit d’insomnie, les questions sont là, insidieuses, besoin de dire, de formuler, de laisser les mots courir sur la page sans censure, dire que le fardeau est devenu trop lourd, manque d’oxygène à l’image de l’alpiniste qui presque au sommet, au bout de sa course, dévisse.
Dans ma tête un vent de tempête.
Retour en arrière, cinq ans déjà, billets en poche pour un voyage que je ne ferai sans doute  jamais. La vie en a décidé autrement, cinq ans à vivre dans l’angoisse de résultats de la maladie de mes proches, j’ai fait ce que j’ai pu, essayer de porter, de donner, là, je m’effondre.
Parfois les appels au secours ne sont pas entendus comme tels, l’angoisse augmente et la révolte me gagne. Ces derniers jours dans l’attente de résultats concernant ma belle-fille, j’ai pris sur moi toute l’angoisse de mon fils, lui aussi avait besoin de dire, d’être écouté.

Passeur… un peu à l’image de ce blog, permettre de passer d’une rive à l’autre en se délestant de ce qui encombre sans tenir compte qu’à force de donner, sans recevoir en retour  il arrive qu’on chavire et se noie. Ce matin dans les larmes, à bout de souffle.

 

 

19 réflexions au sujet de “Passeur…”

  1. J’arrive avec un peu de retard pour exprimer, avec certainement maladresse, toute cette peine que je ressens pour toi. Je pense très fort à toi et je t’embrasse très fort.

    je pense souvent à toi, que deviens-tu ? Bises

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  2. Bonsoir Elisanne, il y a longtemps que je n’étais pas venue chez vous, je m’y sens toujours à ma place. Vous traversez des moments difficiles, oh que je les comprends…ces instants où l’on donne, donne encore, tenir encore et toujours et puis crac… la fissure interne commence à se voir, vous êtes une femme, pas une superwoman… mais je comprends aussi la difficulté de vouloir protéger les autres avant soi. J’ai perdu ma mère l’an dernier, elle était dépressive et elle est partie en pleine nuit se noyer sans rien nous dire. Depuis j’ai nagé à contre-courant, j’ai coulé, refait surface, maintenant je laisse le courant m’emporter, c’est moins fatigant, le courant de la vie ! Toutes mes chaleureuses pensées ! Lisa

    Bonjour Lisa, cela me fait plaisir de vous lire,de toute manière je serais venue chez vous le 17 novembre prochain pour ce que vous savez.
    (la maman de mon ex gendre elle aussi s’est laissée emporter par la rivière un soir d’hiver)La vie est parfois si difficile à supporter que dans un moment de fragilité extrême la solution se trouve dans ce choix.
    Mes chaleureuses pensées en retour…
    A bientôt

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  3. je t’embrasse!

    j aime vos mots mots, Legranch…

    LA VIE NOUS FAIT NOUS PERDRE,
    mais quand on se retrouve, je pense pas trop qu on puisse la perdre encore,

    même si elle nous en fait voir de toutes les couleurs!

    OUI AIMER ETERNELLEMENT SUR LE FIL DU TEMPS,
    et comme c’est parfois difficile d être équilibriste, grimpeur, haut voltigeur,
    mais cela vaut le coup de prouesses pour la garder la vie en soi,
    même si aille de ailleailleaille, comme ce fut douloureux!

    bises tendres!

    on n ‘est pas des superwomen et men, et c’est bien mieux comme cela,
    petits humains d’encaissements leurs tels, c’est déjà assez!

    Bisous Annick, merci pour ta chaleureuse présence.

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  4. Merci encore à vous tous, toutes…

    La tempête se calme,la tristesse est encore bien présente, encore une fois un de ces mauvais rôles où je n’ai pas le choix vient de s’écrire.
    Je suis un roc qui s’effrite à la morsure du temps et chante lorsque le vent croise mon chemin, liberté est ma religion suspendue entre l’existence et le néant,ce chant de l’éternité.

    Bonne journée…

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  5. Courage, Elisanne, tenez bon ! Nous sommes là, avec vous, et vous tenons la main. Cette année est particulièrement difficile, nous sommes derrière nos écrans, certes, mais de chair, de sang, de larmes et de rires aussi. La vie et la mort sont nos compagnes récurrentes. Nous devons en parler, évacuer, le dire et partager. En famille aussi, lorsque nous en avons la force… lorsque cela nous est permis. Lorsque nous sommes traversés par la grâce de la parole. Ne pas avoir honte de s’effondrer lorsque tout est trop lourd à porter. nous ne sommes pas des wonderwomen et des supermen. Nous sommes juste là, les bras ballants, en peine, parce que nous ne pouvons pas vous prendre et prendre votre famille dans les bras, mais toutes nos pensées volent vers vous. Que le souffle et la chaleur de notre amitié vous enveloppent et vous bercent et vous réconfortent, chère Elisanne. Vous le méritez et ceux que vous aimez aussi.
    Je suis là, loin, mais tellement proche …

    Je vous embrasse,

    Nathalie

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  6. la peine fait partie de la vie,

    et quand la plume son doigt d’être,

    c’est d’une évidence, Tellement, de la partager aussi…

    C’est courageux d’écrire sa peine…

    BISES DE RECONFORT.

    un jour à la fois, comme il se donne à *levivre,
    en fouillant parfois longtemps pour trouver un rayon,
    mais un rayon cela sauve,

    alors il faut surtout garder le sens de la vie: RESTER VIVANT, et se donner aux aimés! et se donner à soi vivant!

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  7. … en Hi-Fi ou Haute-Fidélité…

    Rien de tel pour se ressourcer, il y a deux jours j’ai moi-même ressorti mes 33 T des cartons, le déménagement étant reporté à une date ultérieure.
    Elisanne, c’est peut-être votre évocation de Jacques Brel qui m’a décidé.
    Les avoir à nouveau sous les yeux et les écouter, une renaissance…

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  8. «  »… Donner sans recevoir en retour … »

    C’est La définition d’une Mère .
    Pas facile , …mais c’est ainsi depuis que le Monde est Monde .

    Tout à votre honneur ( le mot est inadapté mais je n’en vois pas d’autre ) de suivre l’ Éternelle Voie.
    Courage et sérénité .

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  9. Je te comprends fort, si fort, Elisanne,
    je t’entends si fort tes énormes souffrances,

    aloçrs commet te dire, commente te serrer assez fort, pour te soutenir,

    AIME NE CESSE PAS D AIMER A TRAVERS TOUT ET MALGRé TOUT,

    tiens même si il en coûte que coûte de se relever sans cesse,

    C est vivante pour tes aimés, que tu peux leur donner JOIE, RECONFORT!

    mais je suis certaine, que c’est une nuit d’insomnies,
    comme j en ai connues, de paniques, de pleurs, de désespoirs profonds,

    TIENS BON!

    je t’embrasse fort!
    c’est impossible qu une nuit t’enlève ton jour,
    c’est impossible que tu técroules après cinq ans!

    TIENS! regarde le ciel, mange le moindre instant bel, pleure, colère,
    puis ris ris encore,

    LA VIE GARDE LA VIE POUR L OFFRIR ALENTOUR!

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  10. NOUS NE POURRONS PAS SOULAGER VOTRE SOUFFRANCE, MAIS ON PEUT VOUS ENVOYER UN SIMPLE MOT – COURAGE – PORTÉ PAR UNE BRISE TIEDE D´ICI – SINTRA – PORTUGAL – POUR VOTRE PETIT COEUR DE GRANDE FEMME ET POUR VOTRE FILS.

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  11. Pouvoir coucher son angoisse et sa révolte sur la page, c’est déjà se délester un peu.
    Lectrice fidèle et silencieuse de votre blog (je n’ai pas toujours les mots pour écrire), aujourd’hui j’ai forcé mon clavier pour vous soutenir un peu.
    J’ai déjà vécu quelque chose de semblable et j’ai hurlé ma révolte sur une page que je garde pour moi. Ainsi je peux savoir la violence de ce que vous vivez et que rien ne soulage…
    Que ces quelques mots vous réconfortent un peu.
    Amicalement
    Eliane

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  12. Tout ceux qui te connaissent savent bien ce que tu fait, savent bien comment tu aides. Malgré les nouvelles terribles, j’espère que tes larmes se transformeront en pluie féconde, celle que tu affectionnes. Et puis ton souffle va se reprendre Elisanne pour que ta belle respiration que tu sais si bien transmettre, ce vent doux que tu nous donnes si souvent s’offre à toi aussi dans sa beauté intime.

    Je t’embrasse,

    Antoinette

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  13. Je ne vais pas rajouter à la nuit d’insomnie et vos pensées lasses…..il doit y avoir vraiment des influences bonnes autant que néfastes à la pleine lune, mais cette nuit beaucoup semblent en avoir eu les mauvais aspects….

    j’ai compris que consciemment on ne donne pas pour recevoir mais inconsciemment on espère ce troc… j’ai appris aussi que partager ses souffrances ne les amoindrit pas, la compassion est juste un dos qui prend un moment le fardeau pour permettre le repos, la reprise du souffle mais c’est temporaire….si seulement cela était suffisant pour continuer la marche avec énergie !
    Alors…afficher le sourire, les idées légères et aux heures les plus sombres se réfugier dans le silence ou écouter de la musique, écouter, lire des paroles qui ne sont pas soi mais surtout ne plus aller au-delà de soi, ne plus dire, ne plus donner, donner pour s’oublier, oublier… : pas forcément une réussite!
    cette journée grise est propice au silence, au repli, à la couette ? pour s’oublier, oublier dans le sommeil qui a fait défaut à son heure. Et si mes bises allègent votre malaise j’en serai heureuse sans même en attendre en retour….
    ainsi va la vie…

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  14. Elisanne, ce billet est celui d’une mauvaise nuit, ce matin c’est le jour…

    Il y a trois jours une amie de quarante années est passée sur l’autre rive, emportée par la découverte de la maladie à peine un mois avant. Ses enfants, un garçon et une fille que nous avions tenus bébés dans nos bras et vu grandir sont arrivés près d’elle pour ses derniers moments. J’ai pu lui parler quelques jours avant le départ, elle était épuisée mais sereine, triste mais discrète comme tout le long de sa vie…

    Après mon opération, j’ai failli ne pas revenir à cause d’une voiture qui arrivait en face de moi, sans comprendre pourquoi j’ai donné un coup de volant pour l’éviter et un autre pour ne pas partir dans les champs…
    Un jour la vie est là et puis nous restons ou nous partons sans très bien savoir quand, ni comment, ni pourquoi, pour les autres et pour nous la même chanson…

    Tant que vous tiendrez votre blog, je tenterai d’être présent, là je comprends votre lassitude, chagrin, épuissement…
    Je vous imagine faire le mieux que vous pouvez pour les autres, pourvu qu’il en soit de même pour vous…

    Elisanne, je vous embrasse avec tendresse et amitié, prenez soin de vous et faites moi un petit coucou quand vous le souhaiterez

    A bientôt !

    Charles

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