"Double je"

Quelques bulles de champagne…

Certaines dates dans notre vie nous marquent, je me souviens avec précision de celle
du 9 octobre 1978.
La journée s’était déroulée de manière plaisante, je venais d’obtenir le contrat d’un gros chantier, celui de l’aménagement du cabinet d’un cardiologue qui venait s’installer dans ma ville. Nous avions passé des heures à établir les plans, choisir le mobilier de la salle d’attente, du bureau, du secrétariat, jusque dans les moindres détails.
Pour fêter l’évènement  en fin de journée quelques bulles de champagne , une conversation animée, quand sur France Inter, j’appris la nouvelle, Jacques Brel  était mort le matin de cette journée d’automne. Je me vois encore ne pouvant retenir mes larmes « chagrin des départs » gentiment moquée par mes collègues du bureau d’études.
Jacques Brel a été pour moi l’un des rares artistes dont j’étais (et suis restée) fan, il m’accompagnait depuis ce premier 45 tours reçu d’une amie pour mes 16 ans. Dans ma discothèque les vinyls conservés, ont été remplacés par les cd .
Ce jour-là, je venais de perdre un ami, « non Jef, t’es pas tout seul »  les bulles de champagne pétillaient dans ma coupe comme un signe, il est dans mon cœur à jamais.

 » Six pieds sous terre, Jojo, tu n’es pas mort,
Six pieds sous terre, Jojo, tu chantes encore
. »

5 réflexions au sujet de “Quelques bulles de champagne…”

  1. A un architecte à qui je demandais quelle était la toute première étape de se fameux « Construire » me fut répondu : — Par écouter celui pour qui je construis.
    C’est si simple… et pourtant l’absence de la conscience de l’autre, serait-elle particulière à notre époque du narcissisme en gloire, génère des vides en création.
    Jacques Brel parlait beaucoup des autres, je pense qu’il les aimait, qu’il les savait en vie.
    C’est si simple et apparemment si peu dans l’air.

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  2. . »…Il me suffit de vivre de tout mon corps et de témoigner de tout mon coeur.
    Vivre Tipasa, témoigner et l’œuvre d’art viendra ensuite. Il y a là une liberté…. »

    A.Camus, Noces à Tipassa

    Le même vent, dans les mêmes voiles , donne souvent les mêmes caps….

    « Le secret que je cherche est enfoui dans une vallée d’oliviers, sous l’herbe et les violettes froides, autour d’une vieille maison qui sent le sarment…
    Parfois à l’heure de la première étoile dans le ciel encore clair, sous une pluie de lumière fine, j’ai cru savoir. Je savais en vérité… »
    (Retour à Tipasa)

    merci pour la dernière phrase…

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  3. Merci Elisanne c’est vrai déjà et j’ai souvent en tête « l’inaccessible étoile  » dans l’homme de la Mancha et l’entendre me donne toujours des frissons
    Pensées dans le vent fou sur Toulon
    Arlette

    moi pareil …en ce qui concerne les frissons d’émotion…
    pensées …

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  4. Elisanne,
    Tes mots (ainsi que ceux de Mr Charles) me font du bien.
    Barbara et Brel sont irremplaçables, banal que de le dire. Et pourtant…
    Une pluie d’étoîles filantes nous est promise pour ce soir (phénomène rarissime qui ne se reproduira que dans 40 ans… nous y serons, rendez-vous pris ! sourire…)

    Barbara et Brel sont des étoîles qui ont filé trop vite
    mais ils sont là toujours avec nous :

    … »Bien sûr il y a les guerres d’Irlande
    Et les peuplades sans musique
    Bien sûr tout ce manque de tendre
    Et il n’y a plus d’Amérique
    Bien sûr l’argent n’a pas d’odeur
    Mais pas d’odeur vous monte au nez
    Bien sûr on marche sur les fleurs
    Mais mais voir un ami pleurer »…

    dans 40 ans je les verrai de là-haut , et puis qui sait je serai moi-même une de ces étoiles !!!

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  5. Il est peu de voix et chansons comme celles de Brel et Barbara, surtout ces deux là, qui m’ont autant accompagné, je dirai même « enchanté », au point de si souvent les fredonner, sans jamais me lasser…
    Elles restent gravées sur nos vinyls, CD et Cie, dans notre coeur et nos mémoires pour toujours, ou alors il faudrait que le ciel nous tombe sur la tête, heureusement ce n’est pas encore pour demain…
    Ce soir les étoiles filantes, déjà un assez beau spectacle, le nez au ciel, les yeux dans les étoiles ou le contraire, si nous arrivons à les voir, en laissant tourner les platines…

    Bonne soirée et bon dimanche en promenade ou au coin du feu…

    le premier feu de bois c’était samedi soir, pour les étoiles filantes le ciel était trop chargé de gris…j’ai racheté une platine pour écouter les vieux vinyls

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