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Eva…

« Une grande toile attire mon attention. Une grande toile de 2 X 1,38m. Je m’approche lentement. Une femme assise devant une toile, une femme peintre. C’est déjà un fait insolite : un peintre qui peint une femme peintre. Un autoportrait, peut-être ?
J’approche un peu plus… la jeune femme est assise sur une chaise en bois, bras nus, manches courtes et bouffantes. Sa robe à la jupe très ample remplit le bas du tableau…
L’auteur du tableau a saisi la beauté de cette jeune femme, les traits délicats de son visage, sa longue chevelure noire, le regard rêveur de ses grands yeux…
L’intention me semble claire : le peintre rend hommage à une jeune artiste encore sous l’emprise de l’inspiration.
Ce tableau semble un chant d’amour. Il proclame, avec une certaine insolence, une passion brûlante entre le peintre et son modèle.
Je lis le titre de l’œuvre : Portrait d’Eva Gonzalès.
Et le nom de l’auteur : Edouard Manet «

 National gallery LondresC’est ainsi que Eduardo Manet découvre le portrait de sa grand-mère dans un musée de Londres peint par  Manet dont il est le petit-fils.

Son roman  » Le Fifre  » fondé sur des faits réels,  met en scène la liaison du peintre Manet et d’Eva Gonzalès. Présentée en 1869, la jeune fille devient une familière de l’atelier, l’amante du peintre et aussi son élève la plus douée. En 1872, elle attend un enfant du peintre et doit disparaître pour taire le scandale. Elle meurt en 1883, six jours après le décès de Manet.
En dehors de l’histoire romanesque de cette liaison entre Manet et Eva,  l’auteur indique que le rideau de fond s’inspire d’un moment privilégié de la culture française. L’époque magnifique de Hugo, de Flaubert, de Zola, de Georges Sand…Des écrivains côtoyaient des artistes et des compositeurs tels Liszt ou Wagner, et des peintres tels Corot, Delacroix, Edouard Manet et toute « sa bande »…

J’ai eu grand plaisir  quelques temps après mon retour de Cuba de rencontrer et dialoguer avec Eduardo Manet, auteur, dramaturge, cinéaste, romancier, qui a quitté
son  » Ile du lézard vert  »  Cuba en 1968 pour s’exiler, il est français depuis 1979.