jeu

Un exercice de plus, juste pour le plaisir d’écrire…

Atelier d’écriture,
le but de l’exercice après lecture du texte en italique est d’imaginer le début de l’histoire, celle des moments heureux …

« C’est alors que tout à vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent.
Il m’a semblé que le ciel s’ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu.
Tout mon être s’est tendu et j’ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et c’est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant que tout a commencé.J’ai secoué la sueur et le soleil.
J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux.
Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût.
Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur… »

Je ne cite pas le nom de l’auteur du texte en italique volontairement…

4 réflexions au sujet de “Un exercice de plus, juste pour le plaisir d’écrire…”

  1. ma version

    Depuis que nous sommes arrivés sur cette île, le soleil brûlant chaque jour nous abîme davantage.
    Nous passons nos journées dans cette pièce sombre,le ventilateur nous donne l’illusion d’une brise rafraîchissante, mais ce n’est qu’illusion.
    Nos nerfs sont à vifs et nos nombreux verres de whisky n’arrangent rien.
    Pourtant ce voyage était la promesse d’une union autant cérébrale que sensuelle.
    Les mots nous avaient touchés, notre rencontre dans cette librairie où je l’ai vu pour la première fois, moi venant me faire dédicacer son dernier essai.
    Ce qui m’avait séduit avant tout, c’est son beau regard grave, des yeux d’un bleu profond,et sa voix…sensuelle ,charmeuse.
    Nous nous sommes revus quelques jours plus tard dans ce café et avons pris l’habitude de nous y retrouver chaque jour.
    Il était en train de rédiger une nouvelle, il avait besoin de soleil, de s’évader pour trouver l’inspiration, la grisaille parisienne lui pesait.
    Moi j’étais prêt à le suivre au bout du monde, sa seule présence me comblait, ses confidences sur les femmes qu’il avait aimées, et puis moi.
    Pour lui j’étais un cadeau, il aimait ma manière d’être, mon corps d’éphèbe, ma jeunesse.
    Nos vingt ans d’écart réunissaient la fougue, l’insouciance à la sagesse et l’équilibre.
    Nos corps s’épousaient à merveille, je me sentais vivre, libre…
    Sur l’île seuls quelques marins attablés au bar que nous fréquentions, nous regardaient avec envie. Le fils de l’un d’eux se rapprochait de plus en plus de moi,  » lui » n’appréciait guère.
    La chaleur excitait nos sens, le soleil nous rendait fous, brûlant nos corps, nos âmes, l’animalité reprenait le dessus.
    Ce jour-là, nous nous sommes disputés violemment comme savent le faire les amants.
    Je ne supportais plus sa jalousie, j’ai couru vers la plage.
    Le soleil était plus puissant que les autres jours, une boule de feu irradiait mon ventre.
    Je m’allongeais sur le sable, brûlant de désir.
    C’est alors que…
    C’est alors que tout à vacillé.La mer a charrié un souffle épais et ardent.
    Il m’a semblé que le ciel s’ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu.
    Tout mon être s’est tendu et j’ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et c’est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant que tout a commencé.J’ai secoué la sueur et le soleil.
    J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux.
    Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût.
    Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur.

    le texte en italique était un extrait de l’Etranger d’Albert Camus

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  2. Extérieur jour, la plage, le soleil brille, Antonio se dirige vers Paméla…

    – Moteur !
    – Ca toune !
    – Le clap !
    – « Soleil de feu »… 7ème !

    « C’est alors que tout à vacillé…..
    …. sur la porte du malheur…  »

    – Coupez !
    – Elle est bonne, les enfants, on la garde !
    – Aller, pliez tout les gars, c’est bon pour aujourd’hui…

    Paméla se relève encore un peu assourdi par le choc des coups de feu.
    Antonio se dirige vers elle, enveloppe ses épaules rondes et douces de son peignoir d’un blanc immaculé, l’attirant fermement contre lui dépose sur ses lèvres un baiser plus que cinématographique…

    très imagé, du vrai cinéma, bravo

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  3. C’était pourtant, dès le début de notre rencontre, une histoire simple. Un homme, une femme, deux claviers, deux écrans, deux souris. Elle avait posté une petite annonce, qui aurait pu rester inaperçue, sauf pour quelqu’un comme moi. J’attendais toujours ce genre de courrier. J’étais à l’affût. Aiguisé comme une lame de Tolède. Je me gardais pour ces annonces, pratiquant toutes sortes de sports pour entretenir mon corps. J’étais mince et musclé. Tous les matins, je sortais de mon petit appartement d’Ajaccio et je courais pendant des kilomètres. Quand on court, on ne pense à rien, juste l’air qui effleure les doigts, les coudes, les épaules, les cuisses. Je rentrais toujours en courant, négligeant l’ascenseur, montant les cinq étages d’un jet. Je prenais une douche chaude, puis avalai un café avec de l’amaretto. C’était mon rituel. J’effectuais ensuite une cinquantaine de pompes, puis soulevais quelques poids. Je reprenais une douche, glacée, cette fois. Je m’habillais ensuite. Chemise blanche, pantalon, veste et cravate noire. Je me changeais tous les jours, parfois plusieurs fois par jour. C’était une obsession chez moi. Mes ongles étaient toujours coupés courts, nets. Je me rasais de près, avec un blaireau et un coupe chou, seuls objets qui me restaient de mon passé et de mon père. Cet homme taciturne ne m’avait jamais adressé la parole, sauf pour me demander pourquoi, à la fin de sa vie… Je pouvais ensuite descendre, tranquillement mes cinq étages, j’achetais ensuite le Corse-matin et m’attablai à la terrasse du Bar des pêcheurs, où je commandais tous les matins depuis cinq ans maintenant un double crème sans sucre, avec un croissant. Mon petit déjeuner terminé, je remontais alors tranquillement la rue Pozzo di Borgo, jusqu’à mon appartement. J’allumais alors mon PC et naviguais sur la toile, sur des sites précis, dans l’attente de ma prochaine rencontre. Un petit coup familier à l’intérieur de la poitrine et un frisson agréable, faisant se dresser les poils sur mes avant-bras étaient les signes annonciateurs du plaisir provoqué par la lecture d’un post intéressant. Elle s’appelait Constance. Elle avait 35 ans. Elle habitait sur le continent, près de Menton. S’ensuivaient les mots habituels, blablabla, j’avais l’habitude. Elle était pressée, moi aussi. Je lui répondais immédiatement. J’étais libre comme l’air, je pouvais venir la rejoindre dès le lendemain matin. Je prendrai le bateau jusque Nice le soir même, louerai une voiture et remonterai la Côte d’Azur jusque Menton. Nous pourrions nous retrouver sur la Melija plage vers 10 heures, déjeuner ensuite. Elle aurait un ensemble vert bouteille, je serai en pantalon et veste noirs, chemise blanche, panama blanc et repetto blanches aux pieds. La classe, quoi … Mon sac Pratesi était toujours prêt, dressé dans le dressing de l’entrée.
    Je commandais immédiatement mon billet pour le ferry, et passais le reste de la journée à potasser sur le net les articles touristiques sur Menton et ses environs. J’étais un perfectionniste.
    J’aimais mon métier par-dessus tout.
    Lorsque nous nous retrouvâmes, Constance et moi, une brise légère soulevait les grains de sable et j’appréciais être protégé par mes lunettes Ray ban et mon couvre-chef blanc immaculé. Elle était belle à couper le souffle. Sa voix coulait comme un amaretto dans mes oreilles, amère et douce à la fois. Je l’écoutais me parler pendant des heures. Je savais tout d’elle dès la fin de la première journée. Elle avait parlé sans crainte, sans faux-semblant, sans doute. Tout était clair pour elle et avec elle. Pour la première fois, je tremblais. Pourquoi elle ? Désirait-elle vraiment ce que je pouvais lui apporter ? Etais-je celui qu’elle voulait ? Comment être sûr ? Je la connaissais intimement. Elle m’avait tout livré, son être et son impérieuse envie. Cette urgence, cette nécessité. Elle me voulait. Je ne pouvais que m’incliner, lui obéir en tous points. Je lui étais corps et âme dévoué. Lié à elle par un contrat tacite, ses yeux dans les miens. Je voulais m’assurer qu’elle ne se trompait pas. Nous nous revîmes le lendemain, et le surlendemain. J’avais pris la chambre n°5 au Riva. Avec vue sur la mer, m’avait précisé le groom qui m’avait accompagné dans l’ascenseur. Nous nous rejoignions dans le bar de l’hôtel. Je sentais sa présence avant que de l’apercevoir. N°5 de Chanel la précédait. Chaque jour, elle arborait une couleur différente, selon son humeur, ses pensées. J’étudiais le moindre de ses gestes, la manière dont elle remontait sa frange courte sur son front bombé, sa joue qu’elle mordillait lorsqu’elle m’attendait, tendue, inquiète. Ses jambes, qu’elle croisait et décroisait sans cesse, jusqu’à ce que j’apparaisse dans son champ de vision. Alors elle plissait les yeux, fronçait son nez, plaçait sa main en visière et s’exclamait : Vous êtes déjà là ! Tout en elle me ravissait. Elle comblait mes espérances et au-delà. Nous oubliions la règle du jeu.
    C’est à la fin de la cinquième journée, alors que la plage s’était vidée des corps nus et huilés de la journée qu’elle me ramena à la réalité.
    « Vous n’avez pas oublié ? »
    – Quoi donc Constance ?
    – Le pourquoi de notre rencontre. »
    C’est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent.
    Il m’a semblé que le ciel s’ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu.
    Tout mon être s’est tendu et j’ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et c’est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant que tout a commencé. J’ai secoué la sueur et le soleil.
    J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux.
    Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût.
    Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur… »

    Le lendemain matin, j’étais de retour à Ajaccio. Je revenais de mon jogging matinal et me séchais, enveloppé d’un peignoir de coton blanc. Frictionnant mes cheveux, j’allumais mon ordinateur. Avant d’effacer définitivement le message de Constance, je le relisais une dernière fois.
    « Bonjour, je m’appelle Constance, j’ai 35 ans. Je ne veux plus vivre et n’ai pas le courage de me supprimer. Recherche un tueur à gages. Ne me posez aucune question. 20 000 euros dès l’acceptation du contrat. Code CA5 »
    Suivait une adresse et un n° de téléphone.
    J’appuyais sur la touche « effacé ».

    Bonne nuit, Elisanne, et merci de me permettre de « jouer »

    Bravo Natali, l’inspiration était présente, la chute est géniale.

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