réflexions

Rien ne se fait par hasard…

Avant d’entrebâiller les volets pour quelques jours,
de laisser la clé sous le paillasson, une réflexion sur la vie d’un blog .

« – Nous croyons que les contes et les jeux, appartiennent à l’enfance, myopes que nous sommes ! Comment pourrions-nous vivre, à n’importe quel âge de la vie, sans contes et sans jeux ! Il est vrai que nous donnons d’autres noms à tout cela et que nous l’envisageons autrement, mais c’est là précisément une preuve que c’est la même chose ! – car l’enfant, lui aussi, considère son jeu comme un travail et le conte comme la vérité. La brièveté de la vie devrait nous garder de la séparation pédante des âges – comme si chaque âge apportait quelque chose de nouveau -, et ce serait l’affaire d’un poète de nous montrer une fois l’homme qui, à deux cents ans d’âge, vivrait véritablement sans contes et sans jeux. » Friedrich Nietzsche

Rien ne se fait par hasard, les évènements se font en fonction de nos désirs, suggérés souvent par des mots, des commentaires mis sur nos blogs, des dialogues s’instaurent, des échanges prennent forme et des rencontres se font.
A y réfléchir drôle de vie que celle d’un blog, tout s’y passe virtuellement et pourtant nous sommes tous devant nos écrans des êtres de chair et de sang , tous à la rencontre de l’autre . Nous avons beau nous cacher derrière nos pseudos, les émotions nous atteignent, tantôt la joie, les rires, mais aussi la tristesse, les larmes.
C’est un monde éphémère aussi, les relations pour beaucoup ne tiennent pas dans la durée, chacun prend ce dont il a besoin à un moment donné, pas beaucoup de place pour de vraies amitiés sincères que le temps n’efface pas et pourtant elles existent ces rencontres qui n’ont rien de magique mais elles sont là, vivantes, épanouissantes, le temps n’a pas de prise sur elles. C’est toujours un plaisir renouvelé de communiquer même si parfois des blancs s’installent.
Peut-être que la durée de vie d’un blog est fonction justement de la sincérité des échanges, de la manière dont la porte est ouverte, du couvert toujours prêt pour l’étranger ?
Au delà des mots, il s’agit bien de fraternité, d’amour.

A bientôt , prenez soin de vous !

voyages...Escapades

Villa Livia…

Roger Mühl, Bord de mer ,1982

Dans quelques jours je vais résider au bord de la Méditerranée dans une maison qui porte le beau nom de Villa Livia…
Ce nom qui évoque pour moi tous mes voyages autour de cette Méditerranée si chère à mon cœur et à laquelle je suis attachée depuis l’enfance.
La maison,quatre murs, un toit, une porte s’ouvrant sur l’extérieur, des fenêtres pour voir, cette peau de pierre se confondant avec la mienne.
Villa Livia, cette maison parle d’Italie, de Grèce, de Sicile, d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, de Turquie, la révélation de l’antiquité, de la campagne toscane, romaine, des temples et ruines d’Agrigente, du Cap Sounion ,d’El Djem, de Volubilis, d’Ephèse, de Tipaza ,de Timgad, d’Ampurias et tant d’autres, d’un coucher de soleil à Carthage, à Syracuse, à Capri.
Toutes ces merveilles se sont imposées à moi, elles forment une image ressemblante à ma quête, plus émouvante à certaines heures.
Un mot, une association, et l’esprit vagabonde entre passé et présent, moment où je me trouve face à moi-même.
“ La maison dans la vie de l’homme  évince des contingences, elle multiplie ses conseils de continuité ” (Bachelard) et me pousse, où que je sois, par ses murs rassurants, à aller toujours plus loin, en moi et hors de moi.

Livres, peinture...photographie...art...

Note sur la mélodie des choses…

 » Si nous voulons être des initiés de la vie, nous devons considérer les choses sur deux plans :
D’abord la grande mélodie, à laquelle coopèrent choses et parfums, sensations et passés, crépuscules et nostalgies, –
et puis : les voix singulières, qui complètent et parachèvent la plénitude de ce chœur.
Et pour une œuvre d’art cela veut dire :
pour créer une image de la vie profonde de l’existence qui n’est pas seulement d’aujourd’hui, mais toujours possible en tous temps, il sera nécessaire de mettre dans un rapport juste et d’équilibrer les deux voix, celle d’une heure marquante et celle d’un groupe de gens qui s’y trouvent.

A cette fin, il faut avoir distingué les deux éléments de la mélodie de la vie dans leur forme primitive ; il faut décortiquer le tumulte grondant de la mer et en extraire le rythme du bruit des vagues, et avoir, de l’embrouillamini de la conversation quotidienne, démêler la ligne vivante qui porte les autres. Il faut disposer côte à côte les couleurs pures pour apprendre à connaître leurs contrastes et leurs affinités.
Man muss das Viele vergessen haben, um des Wichtigen willen.
Il faut avoir oublié le beaucoup, pour l’amour de l’important.  »

 

Rainer Maria Rilke,
1898 Notes sur la mélodie des choses…XXI/XXII

Association d’idée , »le Concert », tableau inachevé de Nicolas de Staël s’est imposé à moi. Peut-être influencée par ma lecture du livre « Rouge majeur » de Denis Labayle,réflexion passionnante sur la création et ses doutes,la solitude de l’artiste qui cherche au-delà de l’horizon. Fiction qui dépeint les dix derniers jours de l’artiste et de la création du « Concert »

"Double je"

Métamorphoses d’un ciel…

 

Comme souvent, hier soir je regardais le ciel,
il y avait quelques nuages et la lumière changeante  souveraine.


J’aime les ciels, tellement changeants,tantôt bleu lavande au plus chaud, tantôt rose au soleil couchant ,tantôt marine quand vient la nuit,la magie opère quand il laisse place aux étoiles.
La chaleur s’estompe, lentement les ombres se mettent en place .
L’air embaume, les fleurs qui doucement se parent de contours flous dans la lumière crépusculaire dégagent des parfums subtils. Romarin, thym, laurier, lavande, olivier, font de mon jardin un petit paradis aux accents du sud, seul manque le chant des cigales.
Les nuits d’été sont sans égales, je suis là à regarder le ciel, à m’évader dans un autre monde, entre rêve et réalité, entre calme et volupté, entre douceur et passion, entre sagesse et folie, moment de grâce où domine la notion d’infini.

"Double je"

Temps retrouvé…

 

Ce matin je savoure le calme revenu après un week-end des plus joyeux sous un soleil généreux et chaud .
Rires, anecdotes, partages, baignades, lectures, étaient au rendez-vous.
Temps retrouvé de ces moments délicieux, ces chaudes journées d’été, des repas partagés sous la tonnelle du jardin, le petit rosé de Château Rouquette bien frais déliant les langues.
Manquaient Noé et Emma qui sont encore en vacances au bord de la grande bleue avec leurs cousins et cousines, aux dernières nouvelles ils ont  reçu tous les neuf une bouée, la mer est à 26 degrés et offre des vaguelettes amusantes !!!

Je me sauve, je vais continuer de profiter des joies de la baignade…

Couverture du catalogue de l’expo » Les Baigneuses » 2010
Bormes les Mimosas

Bonne journée…

"Double je"

Je l’étais encore…

 » J’ai senti que j’avais été heureux, et que je l’étais encore… »
*Albert Camus

Nicolas de Staël, « Ménerbes » 1954

J’ai ouvert le livre de mon histoire, j’ai feuilleté toutes les pages, tout relu, je n’ai rien supprimé, certains chapitres sonnaient faux et les mots ne trouvaient plus la place que je leur avais accordée par un enthousiasme trop impulsif .
En prenant le temps de la lecture des éléments de ma vie j’y ai découvert des choses magnifiques, des mots sensibles qui  nourrissent ma soif d’absolu, des mots simples de tous les jours aux couleurs lumineuses, aux accents de générosité.
C’est avec ces pages que je vais continuer mon histoire, ne reniant rien, le temps s’est chargé de me donner le loisir de faire le tri.

Pourquoi vouloir plus que la stupéfiante lumière des jours sans histoire…

 

*citation : Albert Camus in, L’Etranger

peinture...photographie...art...

Marthe toujours cachant Marie…

Pierre Bonnard, La fenêtre 1925

Il y a une  fenêtre dans l’œuvre de Bonnard  qui se distingue de toutes les autres, de celles qu’il a peintes et qu’il peindra encore. Une fenêtre qui laisse entendre que le mensonge de Marthe l’a touché profondément. Ce tableau date de l’année de leur mariage.

A première vue, rien que de banal : une fenêtre fermée, de biais dans son cadre de bois brun, et qui coupe la toile en diagonale. D’un côté l’extérieur, le paysage du Cannet, façades blanches et toits rouges parmi les arbres sous un ciel qui menace l’Estérel.
Penchée à son balcon de bois vert pomme, la tête de moitié et les avant-bras nus : Marthe.
De l’autre côté, l’intérieur : une table poussée contre la fenêtre, avec, sur la toile cirée à carreaux, le nécessaire pour écrire, la bouteille d’encre noire, le porte-plume, un feuillet vierge, et sur un épais dossier à couverture de cuir, un livre rose dont le titre en capitales bien lisibles se détache : MARIE.
Le nom de l’auteur est effacé. Il importe peu. Sans doute est-ce Peter Nansen, cet écrivain danois, dont Pierre, en 1887, avait illustré le roman Marie en prenant Marthe pour modèle. L’histoire d’une midinette abandonnée par son riche amant qui lui revient quand elle tombe malade. Rien de bien original.
Ce qui l’est davantage, c’est la position du livre par rapport à celle de Marthe dans le champ du tableau. Le montant de la fenêtre les sépare et les oppose. Au dehors, dans la familiarité, Marthe. Au-dedans, dans l’intimité Marie. Marthe pour tous, Marie pour lui seul, Marthe révélée, Marie refermée.
Il n’y a pas de fenêtre innocente.

Guy Goffette in,  « Elle, par bonheur et toujours nue »  Folio 3671

 

Le 13 août  1925 Pierre Bonnard épouse Maria Boursin après trente-deux ans de vie commune. C’est en s’occupant des formalités qu’il découvre que celle qui jusqu’ici s’était fait passer pour Marthe de Méligny s’appelle en vérité Maria Boursin…

 

jeu

Un exercice de plus, juste pour le plaisir d’écrire…

Atelier d’écriture,
le but de l’exercice après lecture du texte en italique est d’imaginer le début de l’histoire, celle des moments heureux …

« C’est alors que tout à vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent.
Il m’a semblé que le ciel s’ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu.
Tout mon être s’est tendu et j’ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j’ai touché le ventre poli de la crosse et c’est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant que tout a commencé.J’ai secoué la sueur et le soleil.
J’ai compris que j’avais détruit l’équilibre du jour, le silence exceptionnel d’une plage où j’avais été heureux.
Alors, j’ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s’enfonçaient sans qu’il y parût.
Et c’était comme quatre coups brefs que je frappais sur la porte du malheur… »

Je ne cite pas le nom de l’auteur du texte en italique volontairement…

jeu

Proposition de jeu d’écriture…

Un de mes exercices en atelier d’écriture…

Partir de cette phrase, et écrire l’histoire
Je suis celui à qui nous devons tous d’être immortels, et voici l’histoire qui le prouve irréfutablement,
et insérer :
On n’y va pas pour l’anisette ni parce qu’il faut y aller. Vous l’avez deviné .

15 minutes pour le rédiger…

Pour ne pas vous influencer je mettrai mon texte après les vôtres…