poésie

Madrigal d’été…

Presse ta bouche pourpre sur la mienne,
Etoile, la gitane !
Et sous l’or solaire du grand midi
Je mordrai à la pomme.

Par les verts oliviers de la colline,
Il est une tour maure
Qui rappelle le teint de ta peau brune
Fleurant miel et aurore.

Ton corps brûlé au soleil me dispense
Le divin aliment
Qui fait fleurir le cours d’eau apaisé
Et s’étoiler les vents.

Pourquoi t’es-tu livrée, lumière brune ?
Pourquoi m’as-tu donné remplis
D’amour ton sexe de lys
Et la rumeur de tes seins ?

Serait-ce pour mon air si triste ?
(O ma lourde démarche !)
Ou si ma vie t’a fait pitié
Qui à chanter se fane ?

Pourquoi n’as-tu préféré à mes plaintes
Les cuisses en sueur
D’un saint Christophe campagnard, lentes
Dans l’amour et superbes ?

Danaïde des voluptés, tu es
Un Sylvain féminin
Dont les baisers ont le parfum des blés
Grillés par le soleil.

Obscurcis-moi les yeux avec ton chant.
Laisse ta chevelure
S’épandre solennelle comme un voile
D’ombre sur la verdure.

Rougis pour moi de ta bouche sanglante
Tout un ciel d’amour
Où sur un fond de chair luit la violette
Etoile des douleurs.

Mon Pégase andalou est le captif
De tes yeux ouverts.
Il s’envolera dolent et pensif
Lorsqu’il les verra morts.

Quand tu ne m’aimerais pas, moi je t’aime
Pour ton regard sombre
Ainsi que pour sa rosée l’alouette
Aime le jour nouveau.

Presse ta bouche pourpre sur la mienne,
Etoile, la gitane !
Et laisse-moi sous le feu de midi
Mordre à la pomme.

Federico Garcia Lorca , Véga de Zujaira, Aout 1920

Avec l’espoir que l’été et ses chaudes journées seront bientôt présents  !

 

photo trouvée sur la toile auteur : Herb Ritts Gitanes, vers 1989-1990

8 réflexions au sujet de “Madrigal d’été…”

  1. Une poésie torride pour une mousson tropicale …il ne manque que le lent ventilateur de plafond ,…et on s’y croirait …
    Et puis ces photos si ressemblantes ,…à la cigarette et aux boucles d’ oreilles près …;0)

    sourire… c’est vrai la cigarette je ne connais pas !

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  2. …….. le soleil ne brille pas mais cette poesie rechauffe nos coeurs en ces periodes de vacances ou le desir de s evader sous ses rayons sont pourtant si grand…….. et pourtant si absent en ce mois de ma naissance ……. clic ……..

    clic…bon anniversaire…

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  3. « Ne te courbe que pour aimer.
    Si tu meurs,
    Tu aimes encore »

    Char, Lorca… Nous sommes gâtés Elisanne, il ne nous manque que « los rayos calientes y la luz del sol » tant espérés… après la pluie, le beau temps, non ?
    (Cette photo de gitane est magnifique…)

    Christine,

    encore un peu de patience, le beau temps arrive…bises

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  4. caliente élisanne…..et les mots et la belle gitane !
    me manque le soleil pour réchauffer l’atmosphère et ainsi les coeurs ….
    peut être répondra t-il à votre invitation ** ***

    bien espiègle notre Hélène …

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