"Double je"

Comme…

crédit photo florianspata.com

Je ne savais pas en écrivant  un petit crayon taillé  où ces mots allaient m’entraîner. J’y ai rajouté « comme » pour ouvrir un champ plus large à toutes les possibilités et me voilà devant la page blanche sans but précis que celui de me laisser guider par les mots.
Comme un petit crayon taillé…
En rajoutant « comme » cela est devenu l’histoire d’une vie, cela paraît tout à coup si évident, ce petit crayon taillé devenu symbole, métaphore, transfert.

Je me revois assise en face de vous  à la fin de chaque séance , ce petit pot de billes de couleur argent rempli de stylos, de crayons, ma main hésitante cherchant inconsciemment votre main plutôt qu’un stylo, dans ce bureau que je connaissais bien pour vous avoir guidé et aidé dans vos choix, jusque dans celui de la couleur du tissu qui allait recouvrir le fameux divan sur lequel, je ne le savais pas encore, je viendrai m’allonger pendant plusieurs années.

Vous, assis derrière moi écoutiez mes mots, mots que j’avais tant de mal à formuler.
Je venais tuer le père !
Mes mots étaient ce qu’il y avait de plus caché en moi, ils étaient ma vérité, mon questionnement, mes désirs inavoués qui lentement se formulaient, prenaient force, me submergeaient, me permettaient d’être en accord avec eux.
J’apprenais en sondant les profondeurs de mon âme, en creusant jusqu’aux racines , qui j’étais.
Qui je suis …

« Comme un crayon taillé », vous avez choisi ce titre pour votre premier livre… je viens de m’en souvenir , encore un tour de mon inconscient !

 

crédit photo florianspata.com

 

8 réflexions au sujet de “Comme…”

  1. Il était une fois un grenier que j’avais découvert, il contenait beaucoup de choses anciennes qui ne m’appartenaient pas…
    Bien longtemps après, je me promène dans le mien et retrouve tout ce que j’ai connu, il faut seulement souffler un peu la poussière et balayer les toiles d’araignées…

    Les lieux, les visages, les mots, les textes et toute cette poussière…

    Avant toute installation, en arrivant sur la scène d’un théâtre il fallait donner un coup de balai après avoir aspergé le plancher avec des gouttes d’eau. Quand il y avait un tapis de scène nous avions tout de même un aspirateur.
    Parfois dans certains vieux théâtres peu souvent utilisés, le rideau de scène contenait tant de poussière, à chaque mouvement d’ouverture ou de fermeture, les acteurs et les premiers rangs d’orchestre étaient asphyxiés, au point de déclencher un fou-rire général dans la salle.
    Heureusement la plupart des pièces étaient des comédies, mais pas toujours et tout le monde riait quand même…

    Pour le moment je vais en rester là…
    Tout le reste est bien trop long, il me faudra beaucoup de temps pour l’écrire ou raconter, mais qui voudra le lire ou l’écouter ?

    De quoi écrire tout un livre de souvenirs…

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  2. … Les « Tournées Ch. Baret » avec un seul « r » bien sûr (la mémoire aussi est fragile !), avaient emmené la romancière Colette en actrice de théatre itinérant. A l’époque les comédiens, les décors et les malles de costumes voyageaient en chemin-de-fer à vapeur…
    Je ne suis pas si vieux et n’ai pas connu (hélas !) ni Colette, ni ce mode de transport, de « mon temps » nous utilisions déjà la route.
    La saison durait environ six à huit mois, en hiver avec le temps et l’état des routes, les aléas des horaires étaient là pour nous montrer la fragilité des engagements des représentations. Pourtant le miracle du métier, où il faut tenir coûte que coûte, faisait que nous connaissions très peu d’annulation…

    Charles, je suis allée voir chez mon ami » Google » l’histoire de cette tournée, les pièces jouées, les comédiens…
    il doit vous rester des malles de souvenirs, d’anecdotes…

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  3. …Simple souvenir, – angoissant et récurent- , de ces tailles crayons qui dépouillaient le crayon de ce bois protecteur devenu inutile et gênant, qui affinaient parfaitement la mine…pour la casser au dernier moment , si on ne savait pas se contenter du résultat….!
    Bon vent….pas celui qui déchire la toile si on n’a pas su réduire la voilure et prendre un ris au bon moment…

    Amx,

    Je surligne au crayon et cela m’arrive encore assez souvent de ne pas être satisfaite du résultat, au sens propre et figuré !

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  4. Il y a..

    Les solides, bien trempés comme des pêcheurs de harengs
    Les bien taillés, jolis à regarder qui tintent comme du cristal
    Les simples, résistants à la pluie et au vent, clairs comme une vitre
    Les sophistiqués en cadres dorés, comme à Versailles

    Tous différents, solides mais fragiles en tombant…

    fragiles tout simplement, pour preuve tous ces petits accidents physiques…de la vie !

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  5. « mes mots étaient ce qu’il y avait de plus caché en moi…. » dit élisanne
    « je suis dur je suis tendre »…..dit le poète
    ….. »verre » dit monsieur charles
    …..transparence ….. poli dépoli ….fragments…strates
    saurons nous un jour qui nous sommes
    c’est difficile de vous lire aussi parfois tant cela bouleverse…

    tendre et parfois douloureuse Hélène…
    savoir qui nous sommes vaste sujet, heureusement les épreuves aident à le savoir un peu …

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  6. « Comme un crayon taillé »…. a besoin d’une gomme est ma petite suite naturelle!
    Parce que lu quelque part « Petit crayon mignon Cherche petite gomme mignonne Pour tout effacer et tout recommencer »

    aucune envie de tout effacer et de recommencer, de toute manière je me sens capable de refaire les mêmes (ce qu’on appelle) des bêtises…

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  7. Cela me vient « comme » ça à la suite de Romy et ensuite le billet d’aujourd’hui :
    Je me dis que la solidité ou la fragilité des êtres pourrait se comparer à celle du verre…

    Connaissez-vous cette pièce de théatre : « Le fil rouge », de Henry Denker… mise en scène par Raymond Rouleau. J’ai fait la tournée comme régisseur lumière, le décor était des plus sobres, mais les lumières importantes. L’acteur qui jouait Freud était Jean Servais. C’était une de mes premières tournées Ch.Barret…
    Souvenirs, souvenirs…

    Non je ne connaissais pas cette pièce, du moins je ne m’en souviens pas.
    Je découvre votre appartenance au monde du théâtre, l’un de mes amis un très vieux monsieur aujourd’hui évoluait dans ce monde avec Camus comme metteur en scène…
    Les souvenirs sont notre richesse…

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