"Double je"

Je suis debout…

Acte d’écrire…
Je parlais  de cet acte d’écrire dans mon premier billet sur ce blog un jour de juillet 2005, mon ancien hébergeur  fermait ses portes définitivement.
Je parlais de ce vertige, de cette frénésie, des instants de doute, de ces mille façons d’écrire qui se résument en une seule, suivre le mouvement de sa pensée. Syntaxe simple ou complexe, vocabulaire élémentaire ou prodigue, sécheresse ou ébullition, lignes droites ou arborescentes, phrases calmes ou effervescentes, c’est selon ce que j’ai à dire qui invente la langue. Aller au plus bref, là où brûle un feu clair, où le souffle anime les mots, invitation à la virevolte légère, aux passages de l’air, aux épiphanies.
« Je »
Ce mot par lequel j’exprime mes désirs, mes déceptions, mes projets, mes espérances,mes actes les plus divers, mes sensations physiques, mes jouissances, mes plans, mon ressenti, ma tendresse,mes goûts. Avec ce mot si bref j’ai lié depuis très longtemps la multitude de mes états d’âme, intimement imbriqué à mes sentiments, mes souvenirs. Rien ne lui échappe, pas la moindre décision, la moindre rumination.
Et pourtant curieusement tout le monde se sert du même mot.
Un pronom de la langue. Ce « je » singulier et pourtant semblable aux autres.
Je suis debout …
Je vais laisser mon regard s’ouvrir, s’enhardir, vagabonder vers des contrées oubliées, enchaîner mes pensées des plus futiles aux plus profondes, sans but, sans entraves, sans interdits.Laisser mon regard prendre de l’ampleur et embrasser le monde alentour. Laisser venir les idées, les envies, le champ de tous les possibles.
Le rythme sera celui d’un temps d’été, ce temps de vacance où l’esprit s’étire, s’aère, se régénère.

Merci pour votre présence, vos mots déposés, vos échanges, nos rencontres par cet acte d’écrire.

Giacometti, Fondation Beyeler Bâle/Riehnen
Photo Adrian Lienhard