poésie

Je ne sais…

Je ne sais quelle géométrie
Du vide
Quelle géologie
De l’austère
Quelle soif de silences
Nous conduisent
Périodiquement
Vers ce lieu dépouillé
Et sans grades
Où l’âme
Se faisant face
Loin des simulations
Loin du rang et des feintes
Se nomme sans détours

Je ne sais quel rejet
Des apparences
Quel refus
Des masques
Quel chant primordial
Nous relient
Fugitivement
À ces plaines d’équilibre
À ce désert sans parures
À ces dunes d’harmonie
À ces sables accordés
Où l’âme
Mise à nu
S’éprend de tout l’espace

Je ne sais quel désir
Quelle passion ou quelle soif
Nous ramènent au monde
Au peuplement des cités
Au fleuve à l’arbre aux hommes
À l’énigme qui nous féconde
À l’angoisse qui nous taraude
À l’écueil qui nous grandit.

Andrée Chedid « Désert ou cités »

crédit photo Alain Sèbe

8 réflexions au sujet de “Je ne sais…”

  1. Le Désert n’est pas un but, mais un passage, pas plus que le décapant n’est une peinture pour la porte à rénover !

    C’est un des moyens espérés pour réaliser le « γνῶθι σεαυτόν », le « Connais toi toi même » de Socrate, dans ce lieu qui lui semble presque familier , quand l’Homme prend conscience du désert qu’il a déjà en lui .

    Le Retour ne signe alors pas toujours une faillite du subterfuge mais une capacité retrouvée de distinguer un sens à son existence.

    Rien de très différent du rôle dégagé par le psychanalyste dans une cure : « …celui d’un élément extérieur mais profondément humain de liaison et de compréhension destiné à réconcilier le sujet avec lui-même et ses objets, à travers une originalité profonde et authentique recouvrée.  »
    Jean Bergeret : La cure psychanalytique sur le divan, Ed.: Tchou, 1980,

    Bon vent ! , …même de sable !

    Amx,

    Que de passages dans une vie, celui d’une cure psychanalytique est
    l’ un des plus révélateurs…
    Quand je vois le mot Tchou cela m’amuse, je recevais des cartes de vœux de feu Claude Tchou adressées au docteur Elisanne A…
    J’accepte tous les vents…

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  2. La voie te conduit
    au Désert admirable
    qui au large et au loin
    déployé sans limite
    hors du lieu – hors du temps –
    se suscite en Lui-même
    parfait de Son seul Être.

    Maitre Eckhart

    « Les gens ne devraient pas toujours tant réfléchir à ce qu’ils doivent faire, ils devraient plutôt penser à ce qu’ils doivent être. S’ils étaient seulement bons et conformes à leur nature, leurs oeuvres pourraient briller d’une vive clarté. »

    Du même Maître

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