"Double je"

Il faisait chaud…toi aussi tu as choisi l’été…

C’était un 29 juin…

 

Un coup de téléphone de l’hôpital m’annonce que c’est la fin, j’accours, je suis près de toi, tu n’as plus la force de parler, je te prends la main, je sens tes doigts serrer faiblement les miens, un dernier souffle, tu viens de me quitter.
Tu as été mon premier amour, celui dont je ne me suis jamais tout à fait guérie, tu as guidé mes premiers pas dans la vie, je te croyais invulnérable, tu ne m’as pas aimé comme je l’aurais souhaiter, je ne savais pas encore que l’on aime comme on peut, tu es parti me laissant seule avec mon chagrin, j’attendais de toi des mots douceur ce furent des mots douleur, tu as laissé une énorme cicatrice dans mon cœur, parfois j’ai du mal à te pardonner et pourtant je t’aime encore, toi mon père.

 

 

architecture

Vase de silence…


Chapelle « Notre Dame du haut » Le Corbusier

Une chapelle ? Un vase de silence, de douceur.
Un désir : oui !
Par le langage de l’architecture atteindre aux sentiments ici évoqués.
Oui, de l’architecture seule.
Car l’architecture est la synthèse des arts majeurs.
L’architecture est forme, volumes, couleur, acoustique, musique.
Trois temps de cette aventure;

1
S’intégrer au site ;

2 Naissance « spontanée »(après incubation) de la totalité de l’ouvrage, en une fois,d’un coup ;
3 La lente exécution des dessins, du dessein, des plans et de la construction même ; et

4 L’ouvrage achevé, la vie est impliquée dans l’œuvre, totalement engagée dans une synthèse
des sentiments et des moyens matériels de réalisation.

Il me reste encore une idée pour parachever Ronchamp : c’est que la musique vienne automatique émanent de la chapelle à des heures régulières et s’adressant,au-dedans comme au dehors, à l’auditoire inconnu éventuel.
Pas une minute je n’ai eu l’idée de faire objet d’étonnement.

Ma préparation ?
Une sympathie pour autrui, pour l’inconnu, et une vie qui s’est écoulée dans les brutalités de l’existence, les méchancetés, l’égoïsme, les lâchetés, les trivialités mais autant de gentillesse, de bonté, de courage, d’élan, de sourire, de soleil, de ciel.
Et un choix résultant : le goût, le besoin du vrai.
Ronchamp ?
Contact avec un site, situation dans un lieu, éloquence du lieu, parole adressée au lieu. Aux quatre horizons.

Le Corbusier

« Sur la colline de Ronchamp tel un navire « Notre Dame du haut » regarde fièrement les quatre horizons. Elle commande la plaine de la Saône à l’ouest,
la chaîne des Vosges à l’est,et deux petites vallées au sud et au nord.
Ces paysages sont une présence,ce sont les hôtes. « 

La décision de l’Unesco a lieu en principe aujourd’hui pour l’inscription de  « Notre Dame du haut » « au patrimoine mondial.

Albert Camus

Respiration…

Merveilleuse nuit sur l’Atlantique. Cette heure qui va du soleil disparu à la lune à peine naissante, de l’ouest encore lumineux à l’est déjà sombre.
Oui, j’ai beaucoup aimé la mer – cette immensité calme – ces sillages recouverts – ces routes liquides.
Pour la première fois un horizon à la mesure d’une respiration d’homme, un espace aussi grand que son audace. J’ai toujours été déchiré entre mon appétit des êtres, la vanité de l’agitation et le désir de me rendre égal à ces mers d’oubli, à ces silences démesurés qui sont comme l’enchantement de la mort.
J’ai le goût des vanités du monde, de mes semblables, des visages, mais à côté du siècle, j’ai une règle à moi qui est la mer et tout ce qui dans ce monde lui ressemble.
O douceur des nuits où toutes les étoiles oscillent et glissent au-dessus des mâts, et ce silence en moi, ce silence enfin qui me délivre de tout.

Albert Camus, in « Journaux de voyage »
Gallimard

 

peinture...photographie...art...

Invitation au voyage…

 

A défaut de pouvoir voyager en ce moment alors que la grande bleue m’attend,
( m’attendait), je fais le plein d’escapades virtuelles , rêvées ou vécues.
Je viens de recevoir au courrier  la revue  Connaissance des arts , ce mois elle nous invite aux plus belles expos de l’Eté et la couverture représente avec éclat  la toile
d’ Albert Marquet  qui est à elle seule une invitation au voyage…

« La citadelle à Tanger », toile exposée dans « Orientalisme » à Marseille jusqu’au 28 août.
Rien que pour cela j’aimerais prendre la route vers la «  Cité radieuse  »
Quelques minutes plus tard…
J’ai fait un voyage fabuleux, après une traversée au départ d’Algeciras me voilà à Tanger. Ville mythique, entre Europe et Afrique, où sous un ciel sans cesse balayé par le vent du détroit de Gibraltar, la lumière est reine, où le murmure de la ville s’écoute entre lumière et ombre, se lit à travers les textes de Paul Bowles, se regarde avec la troublante sensualité orientale fantasmée des peintres  du XIXè et début du XXème siècle, se hume et se grise aux épices, parfums, cris et couleurs, invite à prendre un thé  sur la falaise, au « café Hafa«  sur la terrasse d’où la vue plonge à la rencontre de deux géants, la Méditerranée et l’Atlantique…

Grâce au tableau de Marquet  je viens de faire un voyage fabuleux dans les souvenirs.

rêves

Rêve en bleu…

Suspendre la musique à la note bleue
Note ultime
Entendre le souffle de la mer
Vertige dans cet espace indéfinissable de l’entre-deux
Se perdre à contempler le ciel, la mer…
S’étourdir dans ce pays de nulle part à observer la ligne d’horizon
Apprivoiser le mouvement perpétuel de la vague
Vibrer sous la lumière, s’enivrer de bleu
Se laisser porter dans un autre monde
Se perdre encore
La mer seule peut nous offrir une île…

 

« J’apprenais qu’il y avait en moi un été invincible »
Albert Camus

 

Ecrire

L’été…


http://www.tripadvisor.fr/LocationPhotos-g316117-w3-Sidi_Bou_Said.html#27219050

Un brin de couleur dans le décor, les bleus du ciel et de la mer, du rouge et du vert dans l’assiette, la fraîcheur d’une fontaine, l’été arrive et avec lui son cortège de plaisirs simples. La chaleur enivrante des soirées à refaire le monde dans le jardin, le chant des grillons en fond sonore, du rosé frais a portée de verre.
Folies douces de l’été.
Le regard  s’ouvre, s’enhardit, prend de l’ampleur  et embrasse le monde alentour, entraînant  notre esprit à vagabonder vers des contrées oubliées, faisant du hors piste, enchaînant les pensées, des plus futiles aux plus profondes, sans but, sans entrave, sans interdit.
L’esprit s’étire, s’aère, se régénère, viennent alors les idées, les envies, l’arrivée tant attendue dans le champs des possibles.

 

« […] je m’emplissais d’une vie odorante et je mordais dans le fruit déjà doré du monde, bouleversé de sentir son jus sucré et fort couler le long de mes lèvres[…]
Albert Camus, in « Noces à Tipasa »

paul Valéry

Goûter de vitamines…

De vos fruits, Jeanne, amande,pêche ou fraise,
on sait la tendre et puissante saveur :
ils sont de ceux gonflés de ta ferveur
qu’on presse, on croque, on suce, on boit, on baise.

Le jus Tendresse et puis le suc Amour
tandis que l’âme avec l’âme roucoule,
des fruits pressés, l’un jaillit, l’autre coule,
et l’autre et l’un, dans ton soyeux séjour.

Paul Valéry ,
22 juin 1938
in Corona et Coronilla
poème à Jean Voilier

"Double je"

18 juin…

 » Le plancher chavirait.
Je n’avais pas le pied marin pour la souffrance.  »
Radiguet, in  Le Diable au corps

Juin a des jours qui sonnent double au grand Scrabble de la vie.
Qui a dit qu’on souffre en juin ?
Les jours de juin sont riches en programmes sollicitant les trois niveaux de conscience chers à Freud: le ça, le moi et le surmoi.
Entre deux rafales de silence une part de moi-même se mêle au vent,il me reste à apprendre à écrire mes blessures dans le sable et à graver mes joies dans la pierre.

Ce petit clin d’œil d’une shootée au paracétamol depuis hier.

18 juin rappel mémorable,
naissance de mon fils qui aujourd’hui change de décennie.

Bon week-end à vous et merci pour votre présence.