réflexions

Un petit monde de l’amour…

« Le sac un petit monde de l’amour »
(titre d’un livre de Jean Claude Kaufmann, sociologue)
Trouver le sac parfait comme on cherche l’homme idéal, serait-ce le destin de chaque femme ? »
Les sacs , une de mes passions, ils me fascinent.
Quoi de plus intime que notre sac, ce contenant qui résume souvent toute notre vie, c’est un sacré révélateur, tantôt doudou, complice, tantôt bouclier.
Je les aime relativement grands, souples dans de belles peausseries douces et agréables à caresser. Pourtant cet été je vais me balader avec un de ces sacs en toile et cuir si pratique  dans lequel je peux mettre tout ce qui constitue ma personnalité, mon univers, les marques de mon identité.
Pour les psychanalystes notre sac symbolise notre maison miniature à l’image des nomades. Il est objet transitionnel, un doudou pour adulte qui protège des agressions extérieures. Un contenant qui accueille quelque chose, un objet on ne peut plus intime.
C’est vrai que j’ai horreur que l’on fouille dans mon sac, ne serait-ce que pour y chercher un trousseau de clé ou une pièce de monnaie.
En Afrique les femmes ne posent jamais leur sac par terre. D’après une superstition ancestrale, celles qui posent leur sac au sol auront du mal à enfanter.
Tout est lié, le sac symbolise le contenant, tout comme le ventre. Avez-vous remarqué comme certaines femmes caressent leur sac, le collent contre leur ventre comme pour dresser une barrière?

Pour nos ancêtres les sacs étaient de petites poches qui se cachaient sous les robes et qui s’apparentaient, finalement à un sous-vêtement. Les robes à panier étaient criblées de trous dans lesquels on plaçait ces fameuses poches. Le premier sac n’est apparu qu’à l’Empire. Mais peut-être que le lien qui nous unit à nos sacs vient de là, de cet ancien statut de sous-vêtement ?
Après tout, tout ce qui est caché est intime, non ?
J’achète des sacs régulièrement, mais très souvent ils servent très peu car j’en ai un que je préfère entre tous, son cuir est patiné à force, c’est vrai qu’il est mon doudou et toujours prêt à me suivre dans mes escapades comme l’un de mes sacs de voyage.

Lui, depuis trente ans je le trimbale partout, mes enfants se moquent gentiment de moi quand ils le voient, il est pièce de collection, sa toile siglée, solide, il me protège, la preuve même de son voyage au Guatemala, (attaque à main armée) il est revenu.
Et dire que je ne suis pas superstitieuse !
Savez-vous quel cadeau m’ont offert hier mes enfants ?
Allez, un petit effort, vous brûlez, mais oui, c’est cela, un nouveau doudou, un sac, pour accompagner les jours  d’été à venir.