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La septième vague…

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« Pourquoi est-ce que je t’écris ? Parce que j’en ai envie. Et parce que je ne veux pas atteindre en silence la septième vague.
Oui, ici on raconte l’histoire de l’implacable septième vague. Les six premières sont prévisibles et équilibrées. Elles se suivent, se forment l’une sur l’autre, n’amènent aucune surprise. Elles assurent une continuité. Six départs, si différents qu’ils puissent paraître vus de loin, six départs – et toujours la même arrivée.
Mais attention à la septième vague ! Elle est imprévisible. Elle est longtemps discrète, elle participe au déroulement monotone, elle s’adapte à celles qui l’ont précédées. Mais parfois elle s’échappe. Toujours elle, toujours la septième vague.
Elle est insouciante, innocente, rebelle, elle balaie tout sur son passage, remet tout à neuf.
Pour elle, il n’y a pas d’avant, mais un maintenant. Et après, tout a changé.
En bien ou en mal? Seuls peuvent en juger ceux qui ont été emportés, qui ont eu le courage de se mettre face à elle, de se laisser entraîner. »

Daniel Glattauer, in « La septième vague » éditions Grasset

 

Je n’avais pas lu « Quand souffle le vent du Nord »,qui unissait Léo en esprit à Emmi.
Leur romance épistolaire reposait sur trois principes: pas de rencontre, pas de chair, pas d’avenir. J’ai découvert avec amusement et plaisir cette » septième vague » qui joue avec les codes de l’amour courtois et les pièges de la communication moderne,l’auteur ayant pris à contrepied ce qu’on peut dire d’internet ,un monde virtuel ou circule le plus souvent  le mensonge. Ici pas de masque la relation est bien réelle.
Tout est écrit sous forme de mails,
« et avec les mails, on passe aussi ensemble le temps qui sépare deux messages »
et débute ainsi:
-Bonjour
dix secondes plus tard
Rép:
-Attention. Adresse mail modifiée. Le destinataire ne peut plus regarder cette boîte. Les nouveaux messages seront automatiquement effacés. Le manager du système est à votre disposition pour plus d’informations.

Je ne vous en dirai pas plus de ce roman, petite bulle de lecture plaisir, où l’on a l’impression de vivre avec Léo et Emmi leur histoire. Quelques belles formules, une approche psychologique assez fine, j’ai été emportée par cette septième vague,
cette « illusion d’absolu »

« La mer est calme. Son miroir scintille, le soleil est aveuglant. Je n’attends rien. Tout est là, tout suit son cours. Pas de changement en vue. Calme plat. C’est plus facile à vivre. Du moins cela facilite le sommeil. »
Pour vivre sur une mer tranquille, il faut être fait pour cela. Certains vivent le calme plat comme une paix intérieure, d’autres comme un marasme sans fin. »

crédit photo Philippe Charpentier