Livres

La Maison du Miroir…

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La Reine Alice

J’ai découvert par l’intermédiaire d’une critique d’un ami écrivain ce livre vrai bijou de sensibilité, d’intelligence, d’élégance folle, d’espièglerie, d’humour,
« La reine Alice » de Lydia Flem,
(psychanalyste à qui l’on doit des ouvrages sur Freud, Casanova…)
cette traversée du miroir, ce basculement,ce face à face..

Je vous livre une partie de la critique …

…Un soir à la veille des vacances, elle essayait des robes d’été, quand elle touche une
 » petite boule ». Elle vient de passer  » de l’autre côté « . Du côté de la maladie, du cancer (jamais nommé). Comme Alice, elle pénètre dans la Maison du Miroir,  » hélas il ne s’agissait rien d’un jeu d’enfant. »Rien de merveilleux ici, que du cauchemar, sans rire.
La mort en face.
Elle bascule, donc. Le monde s’écroule, les cheveux tombent, le bonheur vous pose un lapin, Alice tombait elle dans le terrier du Lapin Blanc.
Car voici la botte secrète de Lydia Flem, une arme redoutable : la littérature.
Son allié : Lewis Carroll. Son modèle, Alice, la petite fragile qui sut sortir des situations les plus extravagantes, celles auxquelles personne n’est préparé.
Lydia/Alice va s’égarer dans le Labyrinthe des Agitations vaines, rencontrant quantité de personnages déboussolés et déstabilisants : Le Ver à soie, une Licorne, Balbozar, un Troll, Lady Cobalt, le chimiste évidemment, le Docteur bien sûr…
« Le temps dansait à contretemps » Lydia/Alice est entrée dans le temps de la maladie. Elle cherche les mots pour dire cet univers où l’on vit dans une fiction absolue
(ce qui nous arrive n’est tout bonnement pas possible, ne peut advenir) et pourtant d’une cruelle réalité. Elle s’accompagne d’une phrase de Diderot : « Sensible dans le tout et secret dans chaque point »
Un jour, Alice n’aura plus peur de rien, elle éclatera de rire. Son épreuve, son
 » trésor « , elle en fera un conte, un livre unique, d’une délicatesse, d’une humanité rares.
J.L

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L’extrait…
 » Quelque chose avait basculé ; Un instant plus tôt rien n’était arrivé, un instant plus tard tout était bouleversé. […]
Comment nommer ce qui venait de se passer, de surgir comme la bête dans la jungle, elle ne le savait pas. Peu importait le nom d’ailleurs. Le mot était là, à n’en pas douter, même si elle hésitait à la désigner d’un nom ou d’un autre. Alice s’interrogeait : à quel moment la joie s’était-elle retirée ? Quand le basculement s’était-il produit ? Où était la frontière entre un ici déjà étrange et un là-bas inquiétant mais encore familier ? […] Comment sous le doigt innocent une petite boule éveillait-elle l’attention ?
Dans la partie de cartes contre le Roi et la Reine de cœur, Alice avait perdu ; ils l’avaient condamnée :
-Qu’on lui tranche la tête ! […]
Alice savait qu’elle n’avait pas d’autre choix que de consentir, donner son consentement à ce qui était advenu, à ce qui était. Ne pas se cabrer, ne pas se révolter ; au contraire : épouser le déséquilibre, chercher les forces obliques,
la botte secrète.
Dire oui.
Oui, dans les larmes et dans les rires.
Il naîtrait peut-être des arcs-en -ciel. «   pp.11-13

La Reine Alice, Lydia Flem ,éditions du Seuil  

 

crédit photo Lydia Flem « Contretemps »

 

 

                                

2 réflexions au sujet de “La Maison du Miroir…”

  1. J’ai vécu d’abord avec ma mère, puis ma soeur cette terrible épreuve du cancer qui n’est pas du tout un combat virtuel, et moi je suis allée hier passer une mamographie, je n’ai rien, ouf! A chaque fois c’est l’angoisse ! Mais je ne sais pas si je lirais ce livre et pourtant j’adore le personnage d’Alice… J’attends un peu mais je le note pour plus tard…
    Bon week-end Elisanne
    A bientôt

    Martine,

    Nous sommes nombreux à vivre ou vivre près d’êtres chers qui ont cette maladie, cette épreuve du cancer , cela n’a rien de virtuel je peux en témoigner . Cette Alice au pays du crabe est un récit en forme de conte, livre d’espoir et de joie, une fiction pour dire la réalité…

    « Se battre contre soi même est un combat bien singulier, tellement plus rude à mener que battre le fer contre  l’adversaire.
    Suis-je une ou deux ? La maladie est-elle mon ennemie ou ma part d’ombre, peut-être même mon trésor ? Et si la Reine Rouge avait raison ? J’ai attrapé la Reine des maladies. Et si c’était une chance ?
    J’y gagnerais à devenir une reine…
    La Reine Alice. »

    Bonne journée et bonne lecture

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  2. Bonjour et merci pour tout ce que vous transmettez de votre goût de vivre, de lire, de rêver, de vous émerveiller.
    Belle journée à vous,
    L.F.

    Merci à vous chère Reine Alice pour ce livre…et pour votre passage ici.
    Belle journée à Vous

    J'aime

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